Ethan Frome – Edith Wharton (1911)

Et si nous voyagions au coeur du Massachusetts ?

Dans une ferme reculée, au coeur des montagnes du Massachusetts, Ethan Frome vit avec le poids de son héritage. Propriétaire d’une ferme et d’une scierie appartenant à ses ancêtres, il est contraint de demeurer dans cette ville calme et reculée où le temps reste comme suspendu.

Malgré ses rêves de voyages et d’études supérieures, il a dû s’occuper de la propriété à la mort de ses parents. Marié par nécessité à sa cousine Zeena, il a noué avec elle une union sans amour et doit supporter quotidiennement une femme taciturne, plaintive et hypocondriaque.

Dans ce paysage sombre et déserté, Ethan Frome va découvrir pour la première fois l’amour sous les traits purs et lumineux de Mattie. Cet amour passionné parviendra-t-il à faire face à une destinée implacable et désespérante ?

Ce roman, porté par une très belle écriture mêle la pureté des paysages et de ce premier amour. J’ai été littéralement subjuguée par ce récit qui arrive en quelques lignes à nous glisser dans la complexité de ses personnages aussi fascinants qu’envoûtants.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citations :

« Au milieu de la pente, elle butta sur quelque obstacle qu’elle n’avait pas vu, et se retint au bras d’Ethan pour rétablir son équilibre. La chaleur qui pénétra le jeune homme lui sembla comme le prolongement de son rêve. Pour la première fois, il mit son bras autour de la taille de Mattie, et elle ne se déroba point. Ils continuèrent à marcher, s’abandonnant au courant qui les emportait »

« Je sentais simplement qu’il vivait dans un isolement moral trop profond pour qu’on y eût accès fortuitement, et j’avais l’impression que cette solitude n’était pas seulement le fruit de son sort, quelque tragique qu’il pût être, mais qu’elle recélait le froid, accumulé couche après couche, de maints hivers à Starkfield »

Un dernier verre avant la guerre – Dennis Lehane (1994)

Et si nous parlions d’un polar ?

Dans ce roman policier, nous rencontrons pour la première fois Patrick Kenzie accompagné de son acolyte Angela Gennaro. Tous deux sont détectives privés et aspirent à une certaine forme de justice. Ils entretiennent une relation professionnelle depuis plusieurs années mêlant respect et attirance mutuelle.

Patrick Kenzie se voit confier une nouvelle mission par un sénateur : retrouver la trace de Jenna Angeline, une femme de ménage disparue avec entre les mains des documents confidentiels.

A travers son enquête Patrick Kenzie voit ressurgir ses propres failles et les blessures de son enfance. Anti-héros écorché vif, Patrick Kenzie touche le lecteur et le plonge facilement avec lui au coeur de cette enquête policière.

Leurs recherches vont les mener vers une sombre guerre des gangs mêlant politique et crimes. Avec cynisme, Dennis Lehane nous confronte à un milieu politique impitoyable, au racisme et à la violence.

Porté par une plume crue et tranchante et un ton irrévérencieux, ce roman noir immerge le lecteur en plein coeur de Boston. Je ne sais pas si cet ouvrage restera indélébile dans mes mémoires mais j’ai aimé cette première découverte avec la plume de Dennis Lehane !

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« le feu couve en attendant le jet d’essence qui arrosera les braises, et nous écoutons des politiciens qui alimentent notre haine et notre étroitesse d’esprit, qui nous disent qu’il s’agit simplement de revenir aux vraies valeurs, alors qu’eux sont assis dans leurs propriétaires de bord de mer à écouter les vagues pour ne pas avoir à entendre les cris des noyés »

« La violence des gangs avait fini par atteindre nos portes et il fallait faire quelque chose, à tout prix. C’est toujours quand elle atteint « nos portes » que nous finissons par considérer que c’est un problème. Quand elle se confine à nos arrières-cours pendant des décennies, il n’y a personne pour la remarquer »

J’ai un nom – Chanel Miller (2021)

Et si nous écoutions le cri d’une femme ?

Le 17 janvier 2015, Chanel Miller assiste avec sa soeur à une soirée étudiante sur le campus de Stanford. Elle se réveille à l’hôpital, quelques heures plus tard, et ne se souvient de rien. Les examens médicaux lui révèlent l’impensable, elle a été victime d’un viol.

Le mis en cause serait un athlète au parcours irréprochable, il soutient qu’il s’agissait d’un rapport consenti. Etape par étape, Chanel tente de reconstruire les événements de la soirée dans les moindres détails pour faire éclater sa vérité. Des examens médicaux aux auditions par la police ou lors du procès, Chanel nous livre son éprouvant parcours et celui de ses proches. Elle fait face, avec beaucoup de courage, aux institutions et à un système judiciaire implacable.

Au-delà des faits, Chanel dévoile le récit de son parcours de reconstruction et nous interroge sur le fonctionnement de la procédure judiciaire aux Etats-Unis. Un récit personnel d’une grande force où Chanel Miller livre son lent et douloureux combat. Je salue ce témoignage bouleversant et criant de sincérité.

Merci aux éditions « cherche midi » pour cet envoi !

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Accordez-moi cette valse – Zelda Fitzgerald (1932)

Et si nous faisions la connaissance de Zelda Fitzgerald ?

Dans ce roman puissant, aux tonalités autobiographiques, nous rencontrons Zelda Fitzgerald sous le nom de son héroïne Alabama Beggs.

Élevée au sud des Etats-Unis, Alabama a grandi dans une famille aimante et conventionnelle. Sa mère n’a jamais cessé de la choyer et son père, juge, lui a inculqué des valeurs traditionnelles. Ses parents notamment son père se sont hissés comme de véritables repères dans sa vie. Peu à peu, Alabama voit ses soeurs ainées, Dixie et Joan, quitter la maison pour construire une famille.

À l’image de ses soeurs, elle rencontre David Knight et décide à son tour de fonder sa vie avec lui. Elle quitte sa maison d’enfance et voyage dans le cadre idyllique et ensoleillé de la Côté d’Azur. David Knight est un artiste et Alabama s’habitue à une vie fortunée et dispendieuse. Avec lui, elle construit un tout nouveau mode de vie bien loin de son éducation. Pourtant leur mariage connaît des failles et Alabama décide de se vouer à corps perdu dans la danse pour maîtriser ses émotions.

Écrit durant son internement en psychiatrie, Zelda Fitzgerald sous couvert de son héroïne raconte sa propre vie et son union fantasque avec Scott Fitzgerald. Entre gloire et décadence, leur couple fascine et Zelda Fitzgerald puise dans son expérience personnelle pour construire son roman.

J’ai été déroutée par ses mots aux connotations envoûtantes. À la fois décousue et pourtant fascinante, une plume étrange qui interpelle par sa force créatrice et autobiographique.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Mais je vous préviens, dit-elle, je ne suis vraiment moi-même que lorsque je suis quelqu’un d’autre que j’ai doté de toutes ces merveilleuses qualités puisées dans mon imagination »

« Il semblait à Alabama que si elle atteignait son but, elle pourrait maîtriser les démons qui l’avaient jusqu’alors dominée – qu’en s’affirmant, elle trouverait la paix qu’elle s’imaginait être l’apanage de la maîtrise de soi – qu’elle serait capable, grâce au truchement de la danse, de commander ses émotions, d’évoquer l’amour, la pitié ou le bonheur, selon son désir, leur ayant ainsi frayé une voie de passage nouvelle par laquelle ils pourraient affluer ».

Moon Palace – Paul Auster (1989)

Et si nous plongions dans un roman américain dense et ambitieux ?

L’univers de Paul Auster est riche tant par ses personnages hors normes que par la densité de ses intrigues.

À la mort de son oncle, Marco Stanley Fogg hérite d’une quantité indescriptible de livres. Ces objets, reflets d’un homme qu’il a profondément aimé, lui font découvrir l’ampleur de la littérature. Apathique et renfermé, il dédie tout son temps à la lecture et en oublie même de travailler. Il use de ses derniers dollars et se retrouve à la rue dans le dénuement le plus total.

Au coeur de cette misère, il fait la connaissance de Kitty Wu avec qui il entretient une histoire d’amour passionnelle et évidente. Dans son errance, il se met au service de Monsieur Effing et lui fait quotidiennement la lecture. Effing, homme taciturne et aigri lui ouvrira, sans le savoir, la porte de son passé et marquera profondément sa destinée.

Paul Auster use d’une histoire invraisemblable et fantasque pour disséquer ses personnages et nous plonger dans une quête identitaire remarquablement menée.

Sous la lueur de la lune, qu’il est réconfortant et jubilatoire de se plonger dans l’oeuvre de Paul Auster…

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« N’aie pas peur, disait ma voix. Personne n’est autorisé à mourir plus d’une fois. La comédie sera bientôt terminée, et plus jamais tu n’auras à repasser par là »

« J’avais sauté de la falaise, et puis au tout dernier moment, quelque chose s’est interposé et m’a rattrapé en plein vol. Quelque chose que je définis comme l’amour. C’est la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute, la seule qui soit assez puissante pour nier les lois de la gravité »

« Les bibliothèques ne sont pas le monde réel, après tout. Ce sont des lieux à part, des sanctuaires de la pensée pure. Comme ça je pourrai continuer à vivre dans la lune pour le restant de mes jours »

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage – Maya Angelou (1969)

Et si nous parlions d’une histoire de vie poignante ?

Dans ce récit autobiographique, Maya Angelou nous parle de son enfance et de son adolescence dans le sud des Etats-Unis. Ses parents la confient avec son jeune frère à sa grand-mère, Momma. Aussi dure que protectrice, Momma va leur donner une éducation religieuse rigide. Son enfance est rythmée par l’école, l’église et les corvées au sein du magasin alimentaire où travaille sa grand-mère.

À l’âge de sept ans, Maya et son frère partent retrouver leur mère, une femme belle et indépendante. Lors de ce séjour, Maya connaîtra la fin définitive de son enfance et retournera vivre brutalement chez sa grand-mère.

Malgré les nombreux drames qui jalonnent sa vie, Maya arrive à puiser sa force dans la littérature. Elle côtoie Poe, Shakespeare ou encore les soeurs Brontë et apprend à lire à voix haute. Son caractère fort et indomptable prend aussi racine dans les femmes qui accompagnent son enfance notamment sa grand-mère. À travers sa propre histoire, Maya Angelou dessine à chaque page le poids du racisme qui a impacté toute sa vie et celle de sa famille.

Figure du mouvement américain pour les droits civiques, Maya Angelou est à la fois poétesse, écrivaine, actrice et militante, ce livre nous permet d’en savoir bien plus sur l’enfance d’une femme hors du commun.

Maya Angelou construit ses mémoires sous forme de brides et mélange les petits instants insignifiants de son quotidien et les grands événements qui ont marqué son enfance.

À la fois tendre et cynique, ce récit dévoile au lecteur toute l’intimité et les combats de Maya Angelou.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Pour la bonne raison qu’en réalité j’étais blanche et qu’une cruelle fée Carabosse, bien naturellement jalouse de ma beauté, m’avait changée en un échalas de négresse, avec des cheveux noirs crépus, des pieds plats et, entre les dents, un espace où on aurait pu glisser un crayon ».

« Laissez donc aux Blancs leur argent et leur pouvoir, leur ségrégation et leurs sarcasmes, leurs grandes maisons et leurs écoles, et leurs pelouses comme des tapis et leurs livres et surtout – surtout – laissez-leur donc leur blancheur. Il valait mieux être humble et modeste, insulté et maltraité pour un petit bout de temps que de passer l’éternité à rôtir en enfer »

Petit déjeuner chez Tiffany – Truman Capote (1958)

Et si nous faisions la connaissance d’une femme mythique ?

Ce recueil de nouvelles débute par l’incontournable « Petit déjeuner chez Tiffany ».

Accoudés au comptoir d’un bar New-Yorkais, Buster et Joe se souviennent de leur unique point commun : une femme belle, excentrique et insaisissable prénommée Holly.

Holly était la voisine de Joe, elle a commencé à tisser avec lui une relation amicale ambiguë. Sous le charme, Joe n’avait qu’une seule idée en tête se rapprocher d’elle et percer son mystère. Buster, lui aussi, partageait la même fascination pour la jeune femme.

Au coeur de New-York, Holly vivait avec une frivolité renversante et organisait des réceptions charmantes et excentriques. Pourtant, derrière ce personnage mondain entouré d’hommes se cache une femme, d’une grande sensibilité, à la poursuite de ses rêves.

Des années plus tard, Joe et Buster se souviennent de cette femme inoubliable qui a quitté depuis longtemps leur vie mais qui restera pour toujours dans leur mémoire.

Je n’ai pas été complètement transportée par cet ouvrage. La psychologie des personnages a manqué pour moi de profondeur. Je pense que j’avais eu un tel coup de coeur pour l’ouvrage « De sang froid » de Truman Capote que j’ai été légèrement déçue par cette brève nouvelle.

Ce recueil est également complété par trois autres nouvelles : La maison des fleurs, La guitare de diamants et Un souvenir de Noël. Même si je n’ai pas été complètement conquise, j’ai aimé la tendresse qui se dégageait de ses courts écrits de Truman Capote.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citation :

« Et comme les jours passaient je commençai à éprouver, à son égard un certain laborieux ressentiment comme si j’étais abandonné par le meilleur de mes amis. Un malaise de solitude pénétra dans ma vie. Mais sans me faire languir pour des amitiés plus anciennes, qui désormais me semblaient insipides »

Tais-toi, je t’en prie – Raymond Carver (1976)

Et si nous nous immergions dans la réalité du quotidien ?

Avec ce recueil de vingt-deux nouvelles, Raymond Carver nous plonge au coeur du quotidien. Un ordinaire, ni éclatant ni lumineux, mais bien construit autour d’une vérité crue.

Ouvriers, magasiniers, caissiers, facteurs, commerciaux ou chômeurs, tous portent les mêmes interrogations sur le monde ou sur leur vie de couple. Dans des pavillons américains, des familles sont confrontées aux aléas du quotidien entre le règlement des factures, l’éducation des enfants ou la médisance des voisins…

Face aux ravages de l’alcool ou de la pauvreté, Raymond Carver dresse le tableau de ces familles américaines. Ces nouvelles, d’une profonde sincérité, mettent de côté tous les faux semblants.

A travers ces scènes d’un quotidien ordinaire, Raymond Carver dessine des portraits violents, cruels ou tragiques. Sous le prisme de la banalité, ces écrits vont nous en dire bien plus sur la solitude grandissante des êtres.

Portées par une belle écriture, ces nouvelles content des instants ordinaires parfois emprunts d’une désespérance sans limite.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« C’est vrai que la campagne était paisible ; il s’en dégageait un certain charme aussi, et l’idée de se trouver propriétaire de quelque chose de vraiment durable, de vraiment permanent, ne manquait pas d’attrait non plus. Il éprouva un subit élan de tendresse envers le modeste verger ».

« Papa ? Tu vas penser que je suis dingue, mais j’aurai voulu te connaître quand tu étais petit. Quand tu avais à peu près l’âge que j’ai maintenant, tu vois. Je ne sais pas comment t’expliquer ça, mais ça me manque. Quand j’y pense, ça me fait comme un trou. Comme si une partie de toi n’était déjà plus là ».

Le temps où nous chantions – Richard Powers (2002)

Et si nous nous autorisions une parenthèse musicale ?

Avec cet imposant roman, Richard Powers mêle la musique et la question épineuse de la discrimination raciale dans nos sociétés.

A propos du racisme en Amérique, James Baldwin déclarait :

« C’est un très grand choc pour vous de découvrir que le pays où vous êtes né, auquel vous devez la vie et votre identité, n’a pas créé, dans tout son système de fonctionnement réel, la moindre place pour vous »

Absolument tout semble éloigner Daley et David. Daley est une jeune femme noire rêvant d’une carrière de chanteuse tandis que David est un brillant physicien allemand, seul rescapé d’une famille décimée par le nazisme. En 1939, ces deux êtres vont se rencontrer lors d’un concert de Marian Anderson, célèbre cantatrice noire.

Si tout les sépare, ils vont tenter l’impossible et créer leur propre univers, loin des conventions. De ce mariage mixte naît trois enfants : deux garçons, Jonah et Joseph, et une fille Ruth.

C’est autour de la musique que Daley et David construisent leur propre monde. Un idéal où la couleur de peau n’a plus aucune importance et où la vie s’articule au rythme de la musique. Ainsi, ils font le choix de vivre hors du monde et du temps.

Le talent musical de Jonah devient si incontournable que ses parents décident de l’inscrire dans une prestigieuse école. Accompagné de son frère Joseph, la musique deviendra leur seul univers. Mais peut-on vivre hors du monde ?

L’implacable réalité n’aura de cesse de venir les frapper au fil des années…

Ce livre s’accompagne d’un très bel hommage musical et questionne profondément les fractures raciales de la société américaine. Si j’ai trouvé que ce roman imposant présente des longueurs, je ne peux que saluer l’ambition de ce livre.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Des enfants d’un nouvel âge. Les conquérants d’une nouvelle terre, au-delà des races, des deux races, d’aucune race, de l’espèce humaine simplement : un métissage uni, comme les notes qui se joignent pour former un accord »

« Il chanta comme quelqu’un au-delà de la tombe, qui aurait réussi à revenir un dernier instant, afin de revêtir encore une fois l’enveloppe de la chair »

Ohio – Stephen Markley (2020)

Et si nous évoquions un roman noir envoûtant ?

Stephen Markley avec « Ohio » signe un premier roman haletant sur la jeunesse américaine.

Trois amis d’enfance, Rick, Bill et Ben vivent dans l’espoir de quitter New Canaan, ville qui les a vu grandir et grand symbole de l’Amérique profonde.

Le 11 septembre 2001 marque un tournant dans l’histoire américaine mais également dans la destinée de cette bande d’amis. La chute des tours du World Trade Center est la première fracture de leur amitié et fait s’évanouir leur candeur adolescente. Rick s’engage dans l’armée et devient militaire en Irak alors que Bill se tourne vers un antimilitariste fervent. Quant à Ben, porté par ses ambitions musicales, son destin n’en demeure pas moins tragique…

Des années plus tard, sous une douce nuit d’été, plusieurs membres du lycée de New Canaan se retrouvent et font ressurgir avec eux les fantômes d’un passé qui ne les a jamais véritablement quitté.

À travers le portrait de ces protagonistes, cette fresque sociale nous plonge, sans concession, à la rencontre de cette jeunesse marquée par une mémoire traumatique. Ils ont choisi l’alcool, la drogue ou la violence comme remèdes. Un roman noir envoûtant qui dresse le parcours meurtri de ces jeunes désabusés aux rêves déchus.

Porté par les voix dissonantes de ces jeunes patriotes, militants, toxicomanes, vétérans, homosexuels ou intellectuels, Stephen Markley dresse un panorama américain brillant !

Je suis restée fascinée par ce livre qui transporte son lecteur mais qui donne aussi à réfléchir profondément sur la société américaine. Conquise !

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Il ressentait un bonheur sans cause, sans justification, aussi blanc que la neige. Sa peau chauffait et picotait, il jouissait par tous les pores en même temps. Toutes les amours de sa vie s’inscrivaient étincelantes sur la rivière mystique du ciel, qui charriait des étoiles, des satellites et de la poussière datant du commencement de la Création ».

« Il bascula dans ses rêves, pleurant les rivières et les champs de son pays natal. Il le vit brûler d’un feu bleu et il pria pour avoir la force de le défendre, de se battre pour lui, de lui rendre la vie »

« Nous aurons beau courir le monde et assister à des couchers de soleil, des aurores et des tempêtes plus spectaculaires, lorsque nous apercevons ces champs, ces forêts, ces buttes et ces rivières ancrés dans notre mémoire, notre mâchoire se serre ».