Et si nous étions transformés par le pouvoir ?
Dans ce récit intense, Karine Tuil dissèque le rapport au pouvoir pour explorer la complexité de l’être humain.
Dan Lehman, ancien président de la République, voit sa carrière politique anéantie lorsqu’il quitte ses fonctions. Enivré par le pouvoir, il avait choisi de quitter sa femme, une écrivaine reconnue, pour Hilda Müller, une actrice allemande beaucoup plus jeune. De cette union est née Anna, atteinte de surdité, elle lui redonne un sens à sa vie, mais lui fait aussi entrevoir son propre vieillissement et toute sa fragilité.
Rongé par la solitude et par la perte de son influence, il se noie dans l’alcool et remet en cause ses choix, tandis que sa femme accède à une nouvelle lumière en décrochant un premier rôle. Comment cet animal politique parviendra-t-il à se reconstruire ?
Karine Tuil explore toutes les sphères du pouvoir, entre le monde du cinéma et celui de la politique. Derrière une façade pleine de maîtrise, elle cherche les failles et les fragilités. Si la variété des thématiques abordées m’a parfois désarçonnée, j’ai beaucoup aimé la construction de ses personnages, emportés par des contradictions profondément humaines.
Ma note
Citations
« Si vous voulez un ami à l’Élysée, prenez un chien ».
« J’ai cherché à rendre la vie supportable – la politique, la littérature et l’alcool ne sont que des moyens de répondre à une seule question : comment vivre ? »
« Le pouvoir est dangereux, impur ; plus on l’exerce, plus on occulte la violence et la domination qu’il suppose : il isole, altère les relations et jusqu’à la perception que l’on a de soi. C’est une jouissance peut-être, mais une jouissance qui abîme ».