Et si nous embarquions pour la Terre de Feu ?
Dans ce court roman, Luis Sepúlveda entremêle récit d’aventures et quête écologique.
Fasciné par Moby Dick, le narrateur s’embarque dans une aventure émancipatrice à la rencontre des baleiniers. Alors qu’il n’a que seize ans, ce voyage au Chili le marque profondément et il en garde, des années plus tard, un souvenir particulièrement vivace.
Devenu un journaliste engagé basé à Hambourg, travaillant régulièrement avec Greenpeace, il est alerté par l’organisation écologique de la présence d’un navire-usine japonais à proximité d’une espèce de baleines protégée. Il entame un nouveau voyage, bien différent de son aventure de jeunesse, où il tente de faire la lumière sur cette chasse illégale. Parviendra-t-il à freiner cette pêche industrielle dévastatrice ?
Ce récit écologiste témoigne de la violence qui frappe les espèces et défend la préservation de la nature. S’il a manqué, pour ma part, parfois de consistance et ne laissera pas nécessairement une trace indélébile dans mes lectures, je ne peux que saluer la dimension militante de ce livre.
Ma note
Citations
« Le langage ne suffit pas pour parler de la mer ».
« Nous avons vu un bateau-usine de plus de cent mètres de long, avec plusieurs ponts, arrêté, mais ses machines tournant à plein régime. Nous nous sommes approché pour reconnaître le pavillon japonais qui pendait à la poupe. A un quart de mille, nous avons reçu un tir d’avertissement et l’ordre de nous éloigner. Et nous avons vu ce que faisait ce bateau. « Ils aspiraient la mer avec des tuyaux d’environ deux mètres de diamètre. Ils sortaient tout, en provoquant un courant qu’on a senti sous notre quille, et après le passage de la suceuse la mer n’était plus qu’une espèce de soupe noirâtre et morte. Ils sortaient tout, sans s’arrêter à penser aux espèces interdites ou sous protection. La respiration presque paralysée par l’horreur, nous avons vu plusieurs bébés dauphins se faire aspirer et disparaître. « Et le plus horrible, ç’a été de constater que par un trop-plein fixé à l’arrière ils rejetaient à l’eau les déchets de la boucherie. « Ils travaillaient vite. Ces bateaux-usines sont l’une des plus grandes saloperies inventées par l’homme. Ils ne vont pas sur les bancs. La pêche, ça n’est pas leur affaire. Ils cherchent la graisse ou l’huile animales pour l’industrie des pays riches et, pour arriver à leurs fins, ils n’hésitent pas à assassiner les océans ».