Et si nous étions happés par un roman d’épouvante ?
Dans ce vibrant hommage à Stephen King, Jean-Baptiste Del Amo dépeint une jeunesse désabusée aux prises avec ses démons.
Dans la petite ville de Saint-Auch, en périphérie de Toulouse, un groupe d’adolescents tente de dissiper l’ennui en visionnant des films horrifiques ou en se complaisant dans les effluves des joints pour mettre à distance la réalité. Dans cette atmosphère indolente, la maison abandonnée de l’impasse des Ormes a toujours suscité chez eux une forme d’attraction mêlée à une certaine répulsion.
Entre violence, drames, alcoolisme et désirs enfouis, ils aimeraient fuir ce quotidien défiguré par les traumatismes. Lorsqu’ils apprennent que le suicide d’un jeune homme de leur lycée serait lié à cette maison qui les a si longtemps fascinés, ils vont se décider ensemble à en franchir la porte. Jusqu’où seront-ils rattrapés par leur peur et leur désir ?
Jean-Baptiste Del Amo, avec sa plume percutante, signe un roman addictif. Si la dimension fantastique de la dernière partie m’a moins conquise, j’ai aimé l’analyse sociale et psychologique des personnages. Ce roman propose une plongée hallucinée dans les peurs de toute une génération.
Ma note
Citation
« Il y avait eu, dans des temps immémoriaux, des tourbières et des forêts primitives qui avaient été patiemment rongées par l’agriculture, cédant la place à de mornes terres ponctuées de corps de ferme, de petits villages de brique rouge – une campagne où n’advenait jamais que la vie et la mort des hommes ».