Et si nous découvrions un roman glaçant ?
Dans cette œuvre aussi saisissante que superbe, Virginie Ollagnier revient sur les mécanismes implacables de déshumanisation.
Réfugié en Bretagne depuis de nombreuses années, Horatio s’est coupé de sa vie passée. Devenu muet, il s’est peu à peu réadapté au quotidien et a fait la rencontre d’une famille débordante d’humanité. En décembre 1989, lorsqu’il apprend la chute de Nicolae Ceaușescu, il prend subitement sa voiture pour la Roumanie.
À mesure qu’il se rapproche de son pays natal, les souvenirs affluent. En décembre 1950, il a tenté de fuir la Roumanie avec son frère, mais ils ont tous les deux été arrêtés. Emprisonné, Horatio a essayé de survivre durant une longue captivité. Les élans de solidarité lui ont permis de rester connecté à la vie, mais les tortures physiques et psychologiques n’ont cessé de s’intensifier au fil des mois et de broyer son âme. Durant son trajet, les images terribles de cette détention le submergent, mais ce voyage sur les traces de son frère lui permet de renouer avec un passé traumatique. Que reste-t-il de la fraternité ?
J’ai été profondément secouée par ce récit sur la tyrannie qui décrit avec un réalisme asphyxiant des mois de captivité et de torture. Virginie Ollagnier parvient à faire jaillir des souffles d’humanité dans un roman d’une brutalité saisissante.
Ma note
Citation
« Obéissant et courbé sur mon ombre d’été, j’ai écrasé l’herbe qu’elle avait à peine couchée, j’ai écrasé ses pas des miens, j’ai écrasé la terre injuste et douloureuse ».