Et si nous évoquions la place de la femme ?
Dans ce récit personnel, Camille Laurens évoque la destinée des femmes sur plusieurs générations.
Née à Rouen dans une famille bourgeoise, les stéréotypes de genre ont imprégné son éducation. Dès sa naissance, le poids du mot « fille » jaillit avec fracas. La déception de son père est palpable, lui qui avait toujours voulu un garçon. Même si « Une fille, c’est bien aussi », sa condition féminine va profondément ébranler son enfance.
Elle sait qu’il aurait sans doute été plus facile de naître garçon, mais elle apprend à composer avec l’image qu’elle doit renvoyer d’elle-même. Quand elle devient mère à son tour, elle va devoir poser un nouveau regard sur son identité. Que va-t-elle transmettre à sa propre fille ?
Avec une mise à nu émouvante, Camille Laurens explore les étapes de la vie d’une femme et révèle toutes les injonctions insidieuses et les renoncements qui ont jalonné son parcours.
Ma note
Citations
« Vous avez des enfants ? demande le monsieur.
— Non, dit mon père. J’ai deux filles »
« Garce. Le mot revient et la hante. C’est une injure. Mais n’est-ce pas d’abord le féminin de garçon ? Tout ce qui est féminin déçoit, déchoit, elle le sait désormais. Garçon, c’est un constat. Garce, c’est un jugement. Le mot, en changeant de genre, devient mauvais. Mais il a des pouvoirs. »
« Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ». Louise Labé