Pastorale Américaine – Philip Roth (1999)

C’est avec émotion que j’évoque aujourd’hui, Philip Roth, un très grand écrivain disparu le 22 mai dernier.

Le jour de sa disparition, coïncidence perturbante, je lisais pour la première fois, un de ses romans « Le Théâtre de Sabbath ». Depuis, je me suis plongée avec délice dans l’œuvre de cet auteur qui a bouleversé mes mémoires de livres.

Philip Roth, auteur controversé, a révolutionné l’Amérique puritaine en abordant des thèmes polémiques tels que le sexe, les juifs et la démystification du rêve américain.

Je ne peux que vous inciter à vous plonger dans l’oeuvre de Philip Roth, partie intégrante de la littérature américaine. Pourquoi ne pas commencer par ce volume composé de quatre romans sur l’histoire américaine ?

L’Amérique, colonne vertébrale de l’oeuvre de Philip Roth, traverse l’intégralité de ses romans.

Ainsi, il a redonné une nouvelle couleur à l’histoire américaine de l’avant-guerre aux années 1980 en parcourant l’Amérique en lutte contre la guerre du Vietnam dans « Pastorale Américaine », en décrivant la croisade anticommuniste des années 1950 dans « J’ai épousé un communiste », en créant une nouvelle version de l’histoire du monde dans « Le complot contre l’Amérique » ou encore dans « La tâche » en exposant le monde politique des années 1970 à 1980.

Dans Pastorale Américaine, Philip Roth nous livre une Amérique sclérosée par la guerre du Vietnam.

Au travers de la vision de Zuckerman, écrivain et alter ego de Philip Roth dans plusieurs de ses romans, nous découvrons Seymour Levov dit « Le Suédois », célèbre joueur de baseball de son lycée de Newark. L’écrivain voue un véritable culte à cet athlète qui a traversé sa jeunesse. Le Suédois, petit fils d’un immigré juif, est devenu un américain accompli.

Symbole de la réussite industrielle, il est devenu, dans les traces de son père, un chef d’entreprise prospère de la ganterie et a épousé Miss New Jersey, une irlandaise qui avait failli devenir Miss Amérique. « Le Suédois » a créé une vie digne de l’Amérique adulée par son père.

Mais sous ce tableau idyllique se cache une Amérique meurtrie, celle de la guerre du Vietnam, sa fille dans un acte de rebellion extrême deviendra une militante anti-guerre puis une terroriste.

Ainsi, au-delà du rêve américain, Philip Roth nous livre avec toute sa force une Amérique démystifiée, scandalisée et mortifiée par la guerre du Vietnam.

Philip Roth nous décrit avec une extrême justesse le portrait d’une famille américaine avec un roman d’une très grande profondeur. Je n’ai pu que m’attacher à des personnages, remplis de controverses, leur psychologie est admirablement bien traitée par Roth. Les interactions entre leurs rêves, leurs religions, leurs aspirations, leurs idéologies nous transportent.

Mais au-delà, l’auteur nous retrace avec précision un panorama de la société américaine.

Un roman bouleversant et incontournable de l’œuvre de Philip Roth…

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citations :

« On ne traverse pas la vie sans être marqué par la mélancolie, la douleur, le désarroi, le deuil. Même ceux qui ont eu une enfance comblée finissent par avoir leur part de malheur obligé, voire davantage » 

« Voilà sa fille qui l’exile de sa pastorale américaine tant désirée pour le précipiter dans un univers hostile qui en est le parfait contraire, dans la fureur, la violence, le désespoir d’un chaos infernal qui n’appartient qu’à l’Amérique » 

« C’était des usines où les gens avaient perdu des doigts, des bras, où ils s’étaient fait écraser les pieds, brûler le visage, où les enfants avaient trimé jadis dans la chaleur et dans le froid, des usines du dix-neuvième siècle qui broyaient les hommes pour produire des marchandises, et qui n’étaient plus que des tombes impénétrables, étanches » 

Demande à la poussière – John Fante (1939)

Aujourd’hui, je reviens vers vous pour vous présenter une des oeuvres d’un de mes auteurs américains préférés, j’ai nommé John Fante.

John Fante, le tumultueux, auteur imminent dont la reconnaissance me paraît parfois sous estimée son talent magistral ! Sa plume brutale, puissante et sans concession est à découvrir de toute urgence !

Si vous ne le connaissez pas, commencez à le découvrir au travers de son roman « Demande à la poussière » publié en 1939. Cette oeuvre largement autobiographique raconte le destin d’Arturo Bandini, fils d’immigré italien, il quitte le Colorado pour Los Angeles où il rêve de devenir un écrivain reconnu.

Sans expérience, il survit dans une chambre d’hôtel miteuse avec pour seule compagne, cette soif de vivre et de devenir un auteur célèbre. Il fera alors la connaissance de Camilla Lopez, une serveuse au tempérament fougueux…

Ce roman admirable sur le rêve américain nous fait découvrir le personnage clé de l’oeuvre de John Fante que vous pouvez retrouver dans quatre de ses romans, Arturo Bandini, ce jeune écrivain tourmenté, impulsif, orgueilleux, menteur, en quête du succès littéraire.

John Fante, l’auteur qui a inspiré Charles Bukowski, nous parle de cafés miteux, de chambres d’hôtels minables, de débâcle littéraire mais aussi il nous conte une incroyable histoire d’amour…

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citation : 

« A coté d’elle j’étais un étranger. Elle était toutes ces nuits calmes, ces grands eucalyptus, elle était les étoiles du désert, terre et ciel et brouillard dehors, et moi je n’étais venu ici que pour écrire, pour gagner de l’argent, pour me faire un nom et toutes ces singeries »

Le monde selon Garp – John Irving (1978)

Choisir le premier livre pour la première chronique n’est pas une chose aisée.

Aujourd’hui, j’ai décidé pour notre premier rendez-vous littéraire, de vous conter mon ressenti par rapport à un des romans cultes des années 80, le Monde selon Garp…

Adapté au cinéma par George Roy Hill en 1982, il m’est apparu comme « un des romans incontournables » de la littérature américaine. L’occasion est encore plus vive que ce chef d’oeuvre fête ses 40 ans cette année !

Il s’agit d’une première pierre à l’édifice de nos mémoires de livres car cet ouvrage demeurera, toute ma vie, dans ma mémoire littéraire.

Le Monde selon Garp, c’est un roman féministe, une oeuvre qui dérange par son caractère cru mais surtout par ses trésors d’imagination.

Une infirmière, désireuse d’avoir un enfant seule, sans se lier à la vie d’un homme, profite de l’érection d’un soldat mourant pour concevoir un enfant. De cette union née S.T GARP.

Devenu écrivain en quête du roman qui bouleversa sa carrière, S.T GARP est un personnage complexe, protecteur envers sa famille, désireux de connaître la gloire dont fera l’objet sa mère devenue, au travers de son propre roman, une figure de proue du féministe.

Il s’agit d’une histoire qui ne ressemble à aucune autre, la destinée tragique, émouvante et drôle d’un homme paralysé par ses rôles de père protecteur, de fils, d’époux, d’amant…

Se mêlent dans ce roman, des prouesses d’imagination ancrées dans le réel tragique des hommes et de leurs vices.

Les personnages sont beaux et complexes, John Irving dans un interview récent accordé au magazine « América, Ladies First n°6 » confiait qu’il venait d’achever l’écriture d’une série télévisée consacrée à Roberta, un personnage secondaire qui est pourtant une des clés du roman.

Je ne peux que vous inciter à découvrir ou (re)découvrir ce petit trésor de la littérature américaine qui n’a pas pris une ride !

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Les écrivains sont de simples observateurs, de fidèles et implacables imitateurs de la nature humaine »

« Une partie de l’adolescence, écrivit-il à Helen, réside dans ce sentiment qu’il n’existe nulle part personne qui vous ressemble assez pour pouvoir vous comprendre »

« Puis je voulus un enfant, sans être, pour autant, obligée de partager mon corps ni ma vie, écrivit l’infirmière Jenny. Cela aussi me rendit, sexuellement parlant, suspecte. »