Rien ne s’oppose à la nuit – Delphine de Vigan (2011)

Et si nous choisissions un récit intime ?

Dans ce texte, teinté d’émotions, Delphine de Vigan revient sur la figure énigmatique et tortueuse de sa mère.

Elle choisit de remonter le fil de la vie de Lucile. Comme une enquête, pas à pas, à travers les témoignages de ses proches, elle tente de déceler d’autres aspects de cette mère insaisissable, aussi fragile que forte. Elle dissèque les bribes de l’enfance et de la jeunesse de Lucile avant d’explorer ses propres souvenirs.

En grandissant, Lucile s’est construite dans l’ombre de la mort. Après le décès tragique de son frère, la famille demeure meurtrie par ce fantôme et rongée par les secrets. Delphine parvient à percevoir les silences de Lucile, sa manière de capter la lumière dans le tumulte familial. Jusqu’où la conduira le mutisme de sa mère ?

Delphine de Vigan évoque son rapport avec cette mère funambule pour qui elle craignait sans cesse la chute. À travers les mots, elle se libère d’un héritage familial douloureux. Elle évoque aussi avec une justesse saisissante les obstacles dans son processus d’écriture. Immense récit autobiographique, ce texte explore les douleurs de l’enfance et nous tord le cœur.

Ma note

Note : 5 sur 5.

Citations :

« J’écris ce livre parce que j’ai la force de m’arrêter aujourd’hui sur ce qui me traverse et parfois m’envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l’emprise d’une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l’ombre ».

« L’écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire ».

« Je veux mourir vivante »

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