Les raisins de la colère – John Steinbeck (1939)

Et si nous parlions d’un chef-oeuvre humaniste ?

Avec les raisons de la colère, John Steinbeck nous transporte dans une épopée familiale émouvante et criante d’humanité.

Tout juste sorti de prison, Joah rejoint sa famille sur les modestes terres de l’Oklahoma. A son arrivée, il découvre que ses proches s’apprêtent à partir. Face à l’industrialisation croissante de l’Amérique, ils doivent quitter leurs terres agricoles pour l’ouest des Etats-Unis. Ils rêvent de la Californie, de terres libres et ensoleillées où l’ensemble de la famille pourra cultiver des fruits, trouver du travail et de la nourriture.

Pourtant cette traversée américaine sera rude et semée d’embuches. Si la Californie a un parfum d’Eldorado, la route est longue et les promesses de l’ouest incertaines. De route en route, la famille Joad rencontre d’autres fermiers contraints également à l’exil. Face à des conditions atroces, les gestes d’entraide et l’espoir demeurent. Cependant confrontés à l’injustice de leurs conditions la colère gronde. Jusqu’où les conduira ce périple ?

Monument de la littérature américaine, ce roman retraçant la Grande Dépression qui a frappé les Etats-Unis est à mettre entre toutes les mains. Dans un style brut et réaliste, John Steinbeck parvient à nous plonger totalement au coeur de cette famille. J’ai partagé leur voyage et je suis profondément marquée par ce témoignage social bouleversant. Un coup de coeur que je ne peux que vous recommander.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« En route pour la Californie, ou ailleurs… Chacun de nous, tambour-major à la tête d’un régiment de peines, de douleurs, marchant le coeur plein d’amertume. Et un jour, toutes les armées des coeurs amers marcheront toutes dans le même sens. Et elles iront toutes ensemble et répandront une terreur mortelle ».

« Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en « Je » et vous sépare toujours du « Nous » »

Nana – Emile Zola (1880)

Et si nous nous rapprochions d’un mythe féminin ?

Personnage emblématique de l’oeuvre de Zola, Nana la fille de Gervaise est l’une des courtisanes les plus célèbres de la littérature.

La jeune Nana peine à élever son fils Louis et doit user de son corps pour subvenir à ses besoins. Peu à peu, sa beauté et sa sensualité lui permettent d’accéder à la réussite. Les portes du théâtre s’ouvrent face à son charisme, elle devient Vénus et se mue en actrice.

Ses charmes indéniables lui donnent accès à une ascension tant convoitée. Elle utilise son pouvoir implacable sur les hommes pour asseoir sa domination. Pourtant, comme une ombre le déclin rode autour d’elle, un élan amoureux inéluctable va précipiter sa perte. Nana cédera-t-elle à la passion alors que son goût du luxe ne cesse de croitre ?

Emile Zola nous offre un portrait de femme fascinant. Récit d’une émancipation féminine d’une grande modernité, j’ai aimé suivre le parcours flamboyant de Nana jusqu’à la dernière ligne. Une des oeuvres les plus marquantes de la série des Rougon-Macquart que je vous recommande les yeux fermés.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Alors, Nana devint une femme chic, rentière de la bêtise et de l’ordure des mâles, marquise des hauts trottoirs »

« C’était comme la cuisson d’une blessure ancienne, non plus ce désir aveugle et immédiat, s’accommodant de tout, mais une passion jalouse de cette femme, un besoin d’elle seule, de ses cheveux, de sa bouche, de son corps qui le hantaient. Lorsqu’il se rappelait le son de sa voix, un frisson courait ses membres. Il la désirait avec des exigences d’avare et d’infinies délicatesses »

« C’étaient des souplesses de couleuvre, un déshabillé savant, comme involontaire, exquis d’élégance, une distinction nerveuse de chatte de race, une aristocratie du vice, superbe, révoltée, mettant le pied sur Paris, en maîtresse toute-puissante »

Les Hauts de Hurle-vent – Emily Brontë (1847)

Et si nous abordions le classique de la littérature anglaise ?

Le domaine des Hauts de Hurle-vent est niché au coeur de l’Angleterre. Dans ce décor fantomatique, un drame familial passionnel noue les membres de la famille Earnshaw depuis de nombreuses années.

Lorsque le nouveau locataire de Thurshcross Grange, propriété située à quelques kilomètres du domaine des Hauts de Hurle-vent, rencontre Heathcliff celui-ci ne lui inspire qu’une profonde animosité. En effet, le caractère froid et acerbe de Heathcliff ne suscite aucune confiance. Le locataire est néanmoins fasciné par les mystères qui planent autour de cet odieux personnage. Il va obtenir les confessions de Mrs Dean, la femme de chambre de la famille. Au fil de son récit, elle lève le voile sur les sombres secrets familiaux.

Heathcliff a été recueilli depuis sa jeunesse par Mr Earnshaw. Cet enfant adopté a noué une relation fusionnelle avec Catherine, la fille de Mr Earnshaw. Catherine se rapproche d’Edgar Linton, un jeune homme issu d’une excellente famille qui lui promet un mariage stable et apaisé. Heathcliff ne supporte pas de ne plus être le seul objet des attentions de la jeune femme. Jusqu’où le lien unique qui lie Catherine et Heathcliff les conduira-t-il ?

Un roman fascinant qui nous emporte à la rencontre de personnages sombres et envoûtants. La passion destructrice et obscure qui relie Catherine et Heathcliff ébranle viscéralement et ne peut laisser indifférent. Un roman sauvage qui explore la damnation de deux êtres et s’enrichit des profondeurs de l’âme humaine. J’ai eu un coup de coeur pour ce roman inclassable qui s’éloigne des codes de son époque !

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« J’aime le sol qu’il foule, l’air qu’il respire, et tout ce qu’il touche, et tout ce qu’il dit. J’aime tous ses regards, et tous ses gestes, je l’aime entièrement et complètement ». 

« Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d’exister; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l’univers me deviendrait complètement étranger, je n’aurais plus l’air d’en faire partie »

Orgueil et préjugés – Jane Austen (1813)


Et si nous parlions d‘un monument de la littérature anglaise ?

Dans « Orgueil et préjugés » , Jane Austen dresse le portrait d’Elizabeth, une jeune anglaise vive, indépendante et spirituelle.

Madame Bennet, la mère d’Elizabeth n’a qu’un seul but marier ses cinq filles avec les meilleurs partis de la région. Elle recherche assidûment des prétendants issus de familles aisées pour assurer un avenir à ses filles.

Lorsqu’un gentleman, Monsieur Bingley s’installe à proximité de leur domaine, une véritable effervescence transporte toute la famille Bennet.

Si l’attirance entre Monsieur Bingley et Jane l’ainée des soeurs semble évidente, les rapports entre Elizabeth et Monsieur Darcy l’ami intime de Monsieur Bingley sont emprunts de froideur. La posture abrupte et méprisante de Monsieur Darcy jette une certaine animosité sur leurs relations.

L’arrivée d’un jeune militaire charismatique, Wickham, suscite aussi beaucoup d’émois auprès des jeunes filles Bennet.

Ces trois apparitions masculines successives laissent entrevoir la promesse de mariages réussis. Pourtant quand Monsieur Bingley retourne vivre à Londres, l’incertitude plane sur l’avenir de ses intrigues sentimentales.

Œuvre mythique de la littérature anglaise, Jane Austen parvient à traverser le temps et nous emporter gracieusement aux côtés des soeurs Bennet. Elle réussit à maintenir le lecteur dans l’effervescence de relations amoureuses tout en dressant un portrait caustique de la société anglaise. Une vraie réussite que je ne peux que vous recommander.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Je lui aurais volontiers pardonné son orgueil s’il n’avait tant mortifié le mien »

« Vous êtes trop généreuse pour vous jouer de moi ; si vos sentiments sont encore ce qu’ils étaient au mois d’avril dernier, dites-le-moi franchement ; mes désirs, mes affections n’ont point changé, mais un mot de vous les forcera pour jamais au silence »

« La vanité et l’orgueil sont deux choses bien distinctes, bien que les mots soient souvent utilisés l’un pour l’autre. On peut être orgueilleux sans être vain. L’orgueil a trait davantage à l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes, la vanité à ce que nous voudrions que les autres pussent penser de nous »

Brothers – Yu Hua (2005)

Et si nous parlions d’une fresque éblouissante de la littérature chinoise ?

Dans ce roman dense, nous suivons avec émotion et promiscuité le destin de deux demi-frères dans une Chine en pleine mutation. 

Li Guangtou et Song Gang sont liés l’un à l’autre depuis leur enfance. Le mariage de leurs parents a créé entre eux une véritable fratrie. Face aux tragédies familiales, ils sont restés unis. A l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong, leur père malgré son métier de professeur est rapidement perçu, en raison de sa famille, comme un propriétaire terrien. La nouvelle condition de leur père transforme le quotidien de cette famille modeste. 

Confrontés aux brimades et aux humiliations, leurs parents, modèles de courage et de droiture, gardent toute leur dignité et parviennent à guider leurs enfants.  

L’arrivée des deux frères dans l’âge adulte marque leurs premières divergences. Les bouleversements qui traversent le pays vont les conduire vers des chemins opposés. Parviendront-ils à rester unis ?  

Entre révolution culturelle et modernité, Yu Hua décrit avec intensité les changements profonds de la Chine durant ses quarante dernières années. A travers le regard de ses deux frères, les mutations de la Chine sont parfaitement retranscrites. Portée par un ton truculent mêlant humour et émotion, j’ai été emportée par cette fresque familiale qui offre un très beau panorama de la Chine. 

Ma note : 

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations : 

« Sois tranquille Maman : s’il ne me reste qu’un bol de riz, il sera pour Li Guantou, et s’il ne me reste qu’une chemise, elle sera pour lui aussi ».  

« ….les rires fusèrent: des gros rires, des rires discrets, des rires pointus, des rires perfides, des rires bêtes, des rires secs, des rires mouillés et des rires contraints. Quand la forêt est grande, on y trouve toutes sortes d’oiseaux: quand la foule est nombreuse, on y entend toutes sortes de rires ». 

L’assommoir – Emile Zola (1877)

Et si nous évoquions une des oeuvres les plus intenses de la série des Rougon-Macquart ?

Oeuvre emblématique du cycle des Rougon-Macquart, l’assommoir évoque la déchéance progressive et inéluctable de Gervaise.

Dans une chambre exiguë, Gervaise Macquart vit avec ses deux enfants Etienne et Claude nés de son union avec Lantier, un homme manipulateur et malhonnête. Lorsque Lantier la quitte brutalement en lui laissant la charge de leurs enfants, Gervaise trouve le courage de subvenir à ses besoins et devient blanchisseuse. Cet emploi modeste lui offre, à force de travail, un semblant de stabilité.

Dans sa nouvelle vie indépendante, Gervaise rencontre Copeau, un ouvrier travailleur et sobre qui lui propose de partager une vie modeste. Gervaise se laisse convaincre et décide de fonder une famille avec cet homme compréhensif qui accepte ses deux enfants. Elle bâtit une vie paisible avec Copeau et accède à la réussite mais l’implacable déterminisme de son milieu la rattrape.

Avec géni, Emile Zola expose le poids héréditaire et social qui engloutit Gervaise. Entre misère, alcoolisme et violence, nous assistons à sa chute progressive et inexorable.

Lors de ma relecture de ce roman, j’ai été à nouveau bouleversée par l’inévitable effondrement d’une femme face à son milieu. Je ne peux que vous inciter à découvrir ce récit profond, sombre, d’une force incroyable porté par la plume magistrale d’Emile Zola.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Pendant un printemps, leurs amours emplirent ainsi la forge d’un grondement d’orage. Ce fut une idylle dans une besogne de géant, au milieu du flamboiement de la houille, de l’ébranlement du hangar, dont la carcasse noire de suie craquait. Tout ce fer écrasé, pétri comme de la cire rouge, gardait les marques rudes de leurs tendresses »

« Son rêve était de vivre dans une société honnête, parce que la mauvaise société, disait-elle, c’était comme un coup d’assommoir, ça vous causait le crâne, ça vous aplatissait une femme en moins de rien »

Le Maître et Marguerite – Mikhaïl Boulgakov (1967)

Et si nous parlions d’un classique inégalable ?

Critique du régime soviétique, ce roman puissant aux multiples facettes nous transporte dans un univers aussi fantastique que poétique.

L’oeuvre s’ouvre au bord des étangs du Patriarche en plein coeur de Moscou. Berlioz, éditeur et Ivan, écrivain se font face. Ils sont en désaccord sur un poème antéchrist commandé à Ivan par Berlioz. Un homme mystérieux et inquiétant se mêle à leur conversation et révèle à Berlioz sa mort accidentelle imminente.

Profondément bouleversé par cette rencontre divinatoire, Ivan est confronté à la réalité de cet homme impénétrable nommé Woland qui représente Satan en personne. Incompris, il est enfermé dans un hôpital psychiatrique. Cet asile semble être le dernier rempart pour un sain d’esprit dans un monde broyé par le régime soviétique.

Le mystérieux W. et sa clique diabolique viennent alors semer le désordre dans tout Moscou. Dans leur périple, il libère la flamboyante Marguerite, une femme puissante et dévouée aux autres qui n’a qu’une seule volonté retrouver son grand amour, le Maître…

Ce récit flamboyant et transgressif mêle des ressorts comiques et une profonde poésie. J’ai été profondément marquée par cette oeuvre complexe aux références multiples qui nous plonge dans l’intimité de la vie de son auteur, Mikhaïl Boulgakov.

J’ai lu ce livre dans le cadre de la lecture commune organisée par @antastasialit . Je ne peux que vous recommander son travail qui nous permet d’éclairer profondément cette oeuvre.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citations :

« L’amour a surgi devant nous comme un assassin peut surgir de sous la terre dans une ruelle et il nous a frappés tous les deux. Comme on peut être frappé par la foudre, comme on peut être frappé par un poignard ! Après, cela dit, elle m’a affirmé que ce n’était pas comme ça, que ça faisait longtemps que nous nous aimions, sans nous connaître, sans nous être jamais vus, et qu’elle vivait avec un autre homme… ».

« Celui qui a erré dans ces brouillards, qui a beaucoup souffert avant de mourir, qui a volé au-dessus de la terre, portant un poids insupportable, il ne le sait que trop. Il le sait, l’homme qui est épuisé. C’est sans regret qu’il quitte les brouillards de la terre, ses petits marécages et ses rivières, et qu’il se livre, le coeur léger, dans les bras de la mort, sachant qu’elle est la seule qui… »

L’Education sentimentale – Gustave Flaubert (1869)

Et si nous évoquions la plume flamboyante de Gustave Flaubert ?

Dans ce volume, Gustave Flaubert revient sur le parcours sentimental de Frédéric. Ce jeune homme porte un amour démesuré et intense pour Madame Arnoux. Véritable madone, cette femme mariée inaccessible et mystérieuse ne cesse de le fasciner.

Lorsque Frédéric l’aperçoit pour la première fois sur le ponton d’un navire, il est foudroyé par cette rencontre. Installé à Paris pour ses études, il cherche désespérément à la revoir et finit par devenir ami avec son mari, Monsieur Arnoux. Ce marchand d’art incarne les vicissitudes de la petite bourgeoisie entre affaires douteuses et infidélités.

Grâce à cette relation avec son époux, il se lit durablement à la famille. Pourtant, l’impossibilité de sa relation avec Madame Arnoux vient essouffler cet amour de jeunesse. De nouvelles rencontres féminines arriveront-elles à briser une relation fantasmée ?

Double masculin de Madame Bovary, Frédéric par sa candeur romantique nous transporte dans sa relation avec la figure angélique et vertueuse de Madame Arnoux. Porté par une plume aussi éblouissante que moderne, ce roman nous expose, à travers le regard de Frédéric, un amour romantique mais aussi les basculements politiques de toute une époque.

Je vous invite à dévorer ce grand classique de la littérature d’une beauté incandescente.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Jamais il n’avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elles avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites »

« Elle ressemblait aux femmes des livres romantiques. Il n’aurait voulu rien ajouter, rien retrancher à sa personne. L’univers venait tout à coup de s’élargir. Elle était le point lumineux où l’ensemble des choses convergeait ; – et, bercé par le mouvement de la voiture, les paupières à demi closes, le regard dans les nuages, il s’abandonnait à une joie rêveuse et infinie »

Jane Eyre – Charlotte Brontë (1847)

Et si nous parlions d’un classique incontournable ?

Dans ce roman initiatique, Charlotte Brontë nous raconte la vie de Jane Eyre, une femme aussi docile qu’indomptable.

Enfant recueillie par sa tante, Jane a depuis toujours été maltraitée. Méprisée, elle n’a jamais réussi à trouver auprès d’elle l’affection maternelle. Brutalisée par ses cousins, Jane n’a qu’une seule idée en tête : fuir cette famille qui l’a rejetée.

Envoyée dans le pensionnat de Lowood, elle connaît entourée d’autres orphelines une vie rude faite de privations. Malgré cette éducation rigide et religieuse, elle éprouve les premiers élans de l’amitié. A la fin de ses études, Jane intègre le manoir de Thornfiled où elle devient préceptrice auprès d’Adèle, une jeune fille gaie et affectueuse. Edouard Rochester, le propriétaire de ce domaine bourgeois est un homme sombre, charismatique et magnétique. Leur rencontre viendra bouleverser la vie de Jane.

Pour construire son récit, Charlotte Brontë a puisé dans des aspects personnels de sa vie. Cette intimité donne d’autant plus de force au personnage de Jane, une femme pleine de paradoxes. La force de caractère, l’intelligence et la douceur de Jane Eyre font d’elle un des personnages les plus emblématiques de ma vie de lectrice. Grâce à la plume magnifique de Charlotte Brontë, j’ai partagé à l’unisson les sentiments de Jane ainsi que son attirance pour l’indécelable et fascinant Edouard Rochester. La passion qui les unit transcende tout le roman.

J’ai été complètement transportée par ce classique aux connotations lyriques dont on se délecte à chaque page.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Je puis vivre seule, si le respect de moi-même et les circonstances m’y obligent; je ne veux pas vendre mon âme pour acheter le bonheur ».

« Je ne suis pas un oiseau, je ne suis prise en aucun filet ; je suis un être humain, libre, avec une volonté indépendante, qui se manifeste dans ma décision de vous quitter »

« Il me semble avoir là, à gauche, quelque part sous les côtes, un lien étroitement et inextricablement noué à un lien identique qui part d’un même point de votre petite personne ».

Graziella – Alphonse de Lamartine (1849)

Et si nous abordions un étincelant joyaux poétique ?

Avec Graziella, Alphonse de Lamartine choisit de mettre en lumière l’éclosion d’un sentiment amoureux dans un décor italien envoûtant.

Le narrateur, un jeune homme de vingt-ans est envoyé par sa famille en Italie. Ce voyage initiatique et culturel débute à Florence et se poursuit jusqu’à Naples. Accompagné de son ami et acolyte, Aymon de Virieu, le jeune homme rencontre un modeste pêcheur, Andrea, et son petit fils. Envoûtés par leur mode de vie au plus proche de la nature, ils décident d’embarquer avec eux et de s’imprégner du métier de pêcheur.

A la suite d’une terrible tempête, ils dérivent jusqu’à l’île de Procida et rencontrent pour la première fois, la bouleversante et majestueuse, Graziella. D’une beauté à la fois sauvage et pure, elle éveille chez le narrateur un profond attachement…

Dans ce court récit aux accents mélancoliques, Alphonse de Lamartine nous propose de contempler avec lui l’Italie. J’ai été ensorcelée par ce roman d’une grande poésie porté par une plume de toute beauté.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« La preuve que la liberté est l’idéal divin de l’homme, c’est qu’elle est le premier rêve de la jeunesse, et qu’elle ne s’évanouit dans notre âme que quand le coeur se flétrit et que l’esprit s’avilit ou se décourage ».

« C’était la côte dentelée et à pic de la charmante île d’Ischia, que je devais tant habiter et tant aimer plus tard. Elle m’apparaissait, pour la première fois, nageant dans la lumière, sortant de la mer, se perdant dans le bleu du ciel, et éclose comme d’un rêve de poète le léger sommeil d’une nuit d’été… »

« L’amour vrai est le fruit mûr de la vie. À dix-huit ans, on ne le connaît pas, on l’imagine. Dans la nature végétale, quand le fruit vient, les feuilles tombent ; il en est peut-être ainsi dans la nature humaine. Je l’ai souvent pensé depuis que j’ai compté des cheveux blanchissants sur ma tête. Je me suis reproché de n’avoir pas connu alors le prix de cette fleur d’amour. Je n’étais que vanité. La vanité est le plus sot et le plus cruel des vices, car elle fait rougir du bonheur ! »