Le temps où nous chantions – Richard Powers (2002)

Et si nous nous autorisions une parenthèse musicale ?

Avec cet imposant roman, Richard Powers mêle la musique et la question épineuse de la discrimination raciale dans nos sociétés.

A propos du racisme en Amérique, James Baldwin déclarait :

« C’est un très grand choc pour vous de découvrir que le pays où vous êtes né, auquel vous devez la vie et votre identité, n’a pas créé, dans tout son système de fonctionnement réel, la moindre place pour vous »

Absolument tout semble éloigner Daley et David. Daley est une jeune femme noire rêvant d’une carrière de chanteuse tandis que David est un brillant physicien allemand, seul rescapé d’une famille décimée par le nazisme. En 1939, ces deux êtres vont se rencontrer lors d’un concert de Marian Anderson, célèbre cantatrice noire.

Si tout les sépare, ils vont tenter l’impossible et créer leur propre univers, loin des conventions. De ce mariage mixte naît trois enfants : deux garçons, Jonah et Joseph, et une fille Ruth.

C’est autour de la musique que Daley et David construisent leur propre monde. Un idéal où la couleur de peau n’a plus aucune importance et où la vie s’articule au rythme de la musique. Ainsi, ils font le choix de vivre hors du monde et du temps.

Le talent musical de Jonah devient si incontournable que ses parents décident de l’inscrire dans une prestigieuse école. Accompagné de son frère Joseph, la musique deviendra leur seul univers. Mais peut-on vivre hors du monde ?

L’implacable réalité n’aura de cesse de venir les frapper au fil des années…

Ce livre s’accompagne d’un très bel hommage musical et questionne profondément les fractures raciales de la société américaine. Si j’ai trouvé que ce roman imposant présente des longueurs, je ne peux que saluer l’ambition de ce livre.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Des enfants d’un nouvel âge. Les conquérants d’une nouvelle terre, au-delà des races, des deux races, d’aucune race, de l’espèce humaine simplement : un métissage uni, comme les notes qui se joignent pour former un accord »

« Il chanta comme quelqu’un au-delà de la tombe, qui aurait réussi à revenir un dernier instant, afin de revêtir encore une fois l’enveloppe de la chair »

Des frelons dans le coeur – Suzanne Rault-Balet (2020)

Et si vous accompagniez votre café d’un poème ?

Accoudés avec Suzanne Rault-Balet dans un café, elle offre à nos yeux envoutés la lecture de ses carnets poétiques.

Suzanne Rault-Balet raconte son parcours, celui de la « louve citadine » Elle s’érige en infirmière et explique comment elle distribue à coeur perdu des vagues d’amour autour d’elle.

Prête à panser les blessures de chacun, Suzanne Rault-Balet nous parle de dépendance affective mais également de son rapport au monde, à ses parents ou à son quotidien. Adepte de l’errance, elle noircit des carnets et nous y expose ses désirs, sa quête d’amour mais également d’indépendance.

Une prose féminine et libre qui, avec justesse et modernité, nous parle de la femme dans toute sa complexité. J’ai trouvé certains passages d’une pure beauté. Diamant brut emprunt d’érotisme, il convient de s’approprier ce recueil accompagné de photos en argentique pleines de poésie.

Un texte dans lequel on aime se plonger, plusieurs fois, avec un café à l’image de Suzanne Rault-Balet.

Merci à la collection @icono.pop et aux @ed_iconoclaste pour cet envoi

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Englobe mes histoires

Suce bien mes grimoires

J’ai besoin qu’on me vide

de mon essence amère »

« je suis libre

je peux décider de ma trajectoire

je peux disposer de mon corps

je peux façonner mes discours

tailler dans les mots que j’emploie

je suis libre

je ne suis sous aucune autre gouverne que la mienne

je n’ai aucun autre maître que moi

aucune autre barrière que celles que je me dresse

toute seule

je suis libre »

« lève-toi à cinq heures

poste-toi à la hauteur de la ville

juste en dessous du ciel

juste au-dessus des Hommes

laisse les minutes passer et vois

les lumières s’allumer chacune leur tour

sur ces toutes petites vies

vois les gens se lever

des unes après les autres pour se coucher le soir

sans avoir rien appris sinon que leur jeunesse leur échappe »

Ohio – Stephen Markley (2020)

Et si nous évoquions un roman noir envoûtant ?

Stephen Markley avec « Ohio » signe un premier roman haletant sur la jeunesse américaine.

Trois amis d’enfance, Rick, Bill et Ben vivent dans l’espoir de quitter New Canaan, ville qui les a vu grandir et grand symbole de l’Amérique profonde.

Le 11 septembre 2001 marque un tournant dans l’histoire américaine mais également dans la destinée de cette bande d’amis. La chute des tours du World Trade Center est la première fracture de leur amitié et fait s’évanouir leur candeur adolescente. Rick s’engage dans l’armée et devient militaire en Irak alors que Bill se tourne vers un antimilitariste fervent. Quant à Ben, porté par ses ambitions musicales, son destin n’en demeure pas moins tragique…

Des années plus tard, sous une douce nuit d’été, plusieurs membres du lycée de New Canaan se retrouvent et font ressurgir avec eux les fantômes d’un passé qui ne les a jamais véritablement quitté.

À travers le portrait de ces protagonistes, cette fresque sociale nous plonge, sans concession, à la rencontre de cette jeunesse marquée par une mémoire traumatique. Ils ont choisi l’alcool, la drogue ou la violence comme remèdes. Un roman noir envoûtant qui dresse le parcours meurtri de ces jeunes désabusés aux rêves déchus.

Porté par les voix dissonantes de ces jeunes patriotes, militants, toxicomanes, vétérans, homosexuels ou intellectuels, Stephen Markley dresse un panorama américain brillant !

Je suis restée fascinée par ce livre qui transporte son lecteur mais qui donne aussi à réfléchir profondément sur la société américaine. Conquise !

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Il ressentait un bonheur sans cause, sans justification, aussi blanc que la neige. Sa peau chauffait et picotait, il jouissait par tous les pores en même temps. Toutes les amours de sa vie s’inscrivaient étincelantes sur la rivière mystique du ciel, qui charriait des étoiles, des satellites et de la poussière datant du commencement de la Création ».

« Il bascula dans ses rêves, pleurant les rivières et les champs de son pays natal. Il le vit brûler d’un feu bleu et il pria pour avoir la force de le défendre, de se battre pour lui, de lui rendre la vie »

« Nous aurons beau courir le monde et assister à des couchers de soleil, des aurores et des tempêtes plus spectaculaires, lorsque nous apercevons ces champs, ces forêts, ces buttes et ces rivières ancrés dans notre mémoire, notre mâchoire se serre ».

Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse – Mathias Malzieu et Daria Nelson (2020)

Et si nous nous autorisions quelques mots d’amour enchanteurs ?

Conteur et poète, Mathias Malzieu, n’a eu de cesse de nous plonger dans un univers artistique suspendu où le rêve s’entremêle avec la réalité.

Dans ce court recueil « le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse », Mathias Malzieu déclame sa rencontre amoureuse avec une fée. Il l’aperçoit louvoyant entre les tables du café des Deux Magots, puis il dépeint son corps, son coeur et ses mots. De leur coup de foudre à leurs premiers échanges ardents, il nous conte cet amour confiné entre fantômes du passé et rêves d’avenir.

Véritable déclaration d’amour à Daria Nelson, ce recueil à quatre mains mêle avec délicatesse et osmose ses poèmes à lui et son art à elle. Ainsi pour illustrer les mots de Mathias Malzieu nous découvrons la créativité artistique de Daria Nelson, photographe plasticienne.

Cette parenthèse poétique nous transporte au coeur d’un amour incandescent.

Entre sourire, émotion et désir, nous plongeons avec délice dans ce livre, véritable objet artistique.

Merci à la collection Inconopop et aux éditions iconoclaste pour cet envoi

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse a commencé au moment exact où je t’aie vue apparaître telle une panthère des neiges louvoyant entre les tables du café des Deux Magots ».

« Quand la beauté d’une phrase vous saute au coeur avec tant de férocité, il faut développer tout un courage pour accepter le silence qui va suivre ».

Térébenthine – Carole Fives (2020)

Et si nous intégrions les Beaux-Arts ?

Au début des années 2000, la narratrice prend une voie singulière en s’inscrivant à l’école des Beaux-Arts bien décidée à étudier la peinture.

Pourtant aux Beaux-Arts, la peinture est déjà dépassée, les élèves sont ainsi guidés vers des projets modernes, alternatifs et conceptuels. Les artistes peintres, démodés et tournés en ridicule par leurs camarades et professeurs, sont reclus au sous-sol de l’école.

Dans cette cave sombre et froide, la narratrice fait la rencontre de Luc et Lucie. Tous les trois partagent le même rêve et veulent continuer à explorer cet art suranné. Durant les trois années de formation, ce trio va évoluer dans un apprentissage périlleux et exigeant.

La narratrice sera également confrontée à la place de la femme dans un milieu gouverné par les hommes. Elle porte une voix féminine dans un lieu où les artistes mis en exergue sont principalement masculins.

Sa force féminine et artistique vient se confronter à un milieu où l’avenir reste incertain. Au-delà de la découverte des coulisses des Beaux-Arts, Carole Fives questionne sur la place des artistes femmes dans notre société et sur la férocité du milieu artistique contemporain.

Véritable roman d’apprentissage, l’auteur nous plonge avec une écriture nette et percutante dans un milieu méconnu.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Merci à Babelio et aux éditions Gallimard pour l’envoi de ce livre.

Térébenthine par Carole Fives

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Citations :

« Et toi, qu’as-tu envie de peindre ? Qu’as-tu envie de raconter ? Tu ne sais pas où commencer, tu as dix-huit ans et les sujets se bousculent : le désir, le corps, la souffrance d’être née femme dans un monde bâti pour les hommes, où les femmes, que ce soit dans les arts plastiques ou le cinéma, la littérature ou le musique, se perçoivent encore et toujours comme des objets du désir, jamais des sujets. L’urgence de devenir sujet ».

« Je vois la peinture comme un acte de résistance. Oui, la peinture crée des images qui résistent au flux d’images existant. Le temps de la peinture est différent de celui de la photographie, de la télévision. La peinture n’est pas un simplement enregistrement du réel… Elle a plus à voir avec la mémoire, la durée, l’émotion, elle donne des images plus persistantes ».

Kyôto – Yasunari Kawabata (1962)

Et si nous nous plongions, à nouveau, au cœur du Japon ?

Porté par la douce plume de Yasunari Kawabata, ce court ouvrage nous ouvre la porte d’un Japon traditionnel.

À travers les différentes fêtes rythmant les saisons, Yasunari Kawabata nous plonge dans un Japon entouré de cerisiers en fleurs et de cryptomères à la rencontre de Chieko.

Jeune fille abandonnée, elle a été élevée depuis sa tendre enfance par des parents aimants. Son père, Takichirô, tient un modeste magasin d’étoffes lui offrant une relative aisance matérielle. Il voue une véritable passion pour le dessin. Takichirô va réaliser une esquisse moderne inspirée des peintures de Paul Klee et se rapproche d’un atelier de tissage pour la confection d’une ceinture, futur présent pour sa fille.

Ainsi, Chieko grandit entre le froissement des étoffes, la beauté des kimonos, les couleurs des ceintures et de la nature mais ne cesse de s’interroger sur ses origines. Elle va découvrir, au coeur de la montagne Japonaise, sa soeur jumelle. Cette rencontre va bouleverser son existence paisible.

Dans ce court texte, Yasunari Kawabata met face à face un Japon traditionnel et moderne.

Toujours aussi poétique, Yasunari Kawabata, parvient en quelques pages à nous transporter au coeur du Japon. J’ai aimé la poésie des différents tableaux japonais qu’il nous esquisse et l’histoire attachante de Chieko.

Un livre suspendu dont je regrette la brièveté.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citation :

« C’était une journée de printemps tout en douceur, où le ciel s’embrume comme arbre en fleur »

Le liseur du 6h27 – Jean-Paul Didierlaurent (2014)

Et si nous nous autorisions un instant de tendresse ?

Guylain Vignolle, victime de la contrepèterie « Vilain Guignol » en raison de son malheureux patronyme, est un être invisible. Comme beaucoup, il partage son existence entre un travail harassant à l’usine, des soirées solitaires dans un logement exigu et ses longs trajets dans les transports en commun.

Guylain Vignolle participe à la destruction massive et mécanique de livres dans une usine sans âme. Responsable du bon fonctionnement de la Zerstor 500, monstrueuse machine ayant pour fonction de détruire les livres, il déteste son emploi. Face à ce travail sinistre, Guylain recherche un peu de lumière et parvient à créer un espace de tendresse et de respiration dans le RER de 6h27. Ainsi, il déclame à haute voix quelques pages de livres rescapés de la Zerstor 500. Ces voyages lui permettent de continuer à faire vivre, l’espace de quelques instants, des livres oubliés voués à l’anéantissement.

Ces lectures lui permettent de rencontrer des personnes, plus tendres les unes que les autres, et vont lui apporter un nouveau souffle dans son existence morose.

Porté par une écriture fluide, ce court roman de Jean-Paul Didierlaurent offre un joli moment de simplicité et de tendresse. Je ne peux que vous le conseiller pour s’échapper quelques instants du quotidien !

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Yvon pouvait rester de longues minutes sans dire un mot, tout entier accaparé par ses lectures. Ses silences étaient pleins. Guylain pouvait s’y glisser comme dans un bain tiède »

Chez soi – Une odyssée de l’espace domestique – Mona Chollet (2015)

Et si nous restions chez nous ?

Sénèque écrivait :

« Personne ne revendique le droit d’être à soi-même. On est parcimonieux s’il s’agit de garder intact son patrimoine ; mais quand il s’agit de perdre son temps, on est prodigue dans le seul domaine où l’avarice serait honorable »

L’épidémie qui marque notre époque nous donne également à réfléchir sur notre lieu de vie. La période de confinement nous a contraint à rester chez nous dans des conditions au combien inégalitaires.

L’essai de Mona Chollet, Chez soi, publié en 2015, avait déjà entamé une réflexion sur la place du foyer dans nos sociétés. Le logement construit comme un lieu de repli proposant sécurité et sérénité se confronte à la dure réalité. Les conditions et l’accès au logement ne permettent pas toujours de s’adonner pleinement à ce recul domestique bénéfique. Mona Chollet, nous parle du casanier, cet être perçu comme étrange, qui trouve une véritable quiétude en restant chez lui.

Elle prend comme prisme l’espace domestique pour poser de multiples questions : Comment trouver du temps pour soi ? Comment accéder à des conditions de logement égalitaires ? Comment doit se construire notre logement aujourd’hui ? Quelle est la place de la femme et de l’homme dans le foyer ? Le bonheur familial est-il un leurre ?

Portée par des références multiples, Mona Chollet pose des réflexions pertinentes sur la société de consommation et sur nos conditions d’existence. Avec justesse, elle donne à réfléchir sur le féminisme et sur la sphère de l’intime. Mona Chollet pose les bonnes interrogations pour permettre une réflexion constructive afin de mieux appréhender nos modes de vie.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Or, dans une époque aussi dure et désorientée, il me semble au contraire qu’il peut y avoir du sens à repartir de nos conditions concrètes d’existence ; à repartir de ces actions – à peine des actions, en réalité – et de ces plaisirs élémentaires qui nous maintiennent en contact avec notre énergie vitale : traîner, dormir, rêvasser, lire, réfléchir, créer, jouer, jouir de sa solitude ou de la compagnie de ses proches, jouir tout court, préparer et manger des plats que l’on aime »

« Aimer rester chez soi, c’est se singulariser, faire défection. C’est s’affranchir du regard et du contrôle social. Cette dérobade continue de susciter, y compris chez des gens plutôt ouverts d’esprit, une inquiétude obscure, une contrariété instinctive. Prendre plaisir à se calfeutrer pour plonger son nez dans un livre expose à une réprobation particulière »

La fortune des Rougon – Emile Zola (1871)

Et si nous évoquions les origines des Rougon-Macquart ?

Zola écrivait dans une note préparatoire à la série des Rougon-Macquart :

« Je veux peindre, au début d’un siècle de liberté et de vérité, une famille qui s’élance vers les biens prochains, et qui roule détraquée par son élan lui-même, justement à cause des lueurs troubles du moment, des convulsions fatales de l’enfantement d’un monde ».

Avec la fortune des Rougon, Emile Zola pose la première pierre fondatrice de son oeuvre. Ainsi, il met en scène, pour la première fois, les personnages clés qui viendront donner toute son ampleur aux vingt romans composant la série des Rougon-Macquart.

A Plassans, petite ville paisible du Sud de la France, Adelaïde a donné naissance à trois enfants opposés : Pierre, issu de sa brève relation avec Rougon, puis Antoine et Ursule, nés d’une union illégitime et passionnée avec un dénommé Macquart. Pierre n’aura de cesse de renier sa famille pour accéder à ses ambitions et s’enrichir.

Il épouse Félicité, une jeune femme arriviste portée par ses rêves d’argent. De cette union naît cinq enfants : Eugène, Pascal, Aristide, Sidonie et Marthe. Futurs personnages emblématiques de son oeuvre, ses enfants oscilleront sans cesse entre les différents traits de caractères de leurs parents.

Descendant de la branche illégitime des Macquart, Silvère, porté par des rêves de justice et de liberté, voue un véritable culte envers la République. Il a grandi à Plassans et a été élevé par sa grand-mère, Adélaïde. Un amour angélique le lie à Miette et ils décident ensemble de se rallier aux Républicains.

En effet, à l’aube du coup d’état de 1851, la ville de Plassans est au coeur du conflit opposant les bonapartistes et les républicains. Pierre et Félicité ainsi que leur fils ainé Eugène, intriguent ensemble en faveur de l’Empire pour faire fortune. Tandis qu’Antoine, le frère de Pierre, soutient la République bien décidé à s’enrichir et à se venger de son frère. Ce duel politique devient une lutte fratricide, celle d’Antoine et de Pierre. Deux frères, portés par les mêmes vices héréditaires, seront capables de faire couler le sang par ambition.

Zola, avec une écriture magistrale et un travail d’une minutie à couper le souffle, nous plonge dans une analyse profonde d’une famille sous le Second Empire et explore le poids de l’hérédité dans la psychologie de ses personnages. Zola, le peintre naturaliste de son temps, a su comme nul autre retranscrire une époque mais surtout dépeindre le genre humain.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Tandis que les choses du passé leur remontaient au coeur avec une saveur douce, ils crurent pénétrer l’inconnu de l’avenir, se voir au bras l’un de l’autre, ayant réalisé leur rêve et se promenant dans la vie comme ils venaient de le faire sur la grande route, chaudement couverts d’une même pelisse ».

« Leur idylle traversa les pluies glacées de décembre et les brûlantes sollicitations de juillet, sans glisser à la honte des amours communes ; elle garda son charme exquis de conte grec, son ardente pureté, tous ses balbutiements naïfs de la chair qui désire et qui ignore ».

« Il crut entrevoir un instant, comme au milieu d’un éclair, l’avenir des Rougon-Macquart, une meute d’appétits lâchés et assouvis, dans un flamboiement d’or et de sang »

Là d’où je viens a disparu – Guillaume Poix (2020)

Et si nous évoquions un roman choral ?

Guillaume Poix nous interroge sur le monde en parcourant de multiples continents à la rencontre de familles plus uniques les unes que les autres. Pour autant, sont-elles si différentes ?

Litzy, salvadorienne clandestine, reconnaît chaque jour, la chance donnée à son fils, Zach, d’être né sur le sol américain. En France, Pascal et Hélène, ont choyé leur enfant en lui transmettant leurs valeurs et en l’aidant à construire son avenir. Pourtant, Jérémy va choisir une route impensable en s’associant à un mouvement identitaire.

À Salvador, Marta, a élevé ses deux fils, Luis et Fabio. Désormais, ils n’ont plus qu’une seule idée en tête : fuir. Fabio a déjà pris la route vers les Etats-Unis, c’est au tour de Luis, jeune père de famille, de tenter l’impossible pour construire un avenir à ses proches. Portée par une force inouïe, Angie, elle aussi, tente de partir. Son parcours d’exil sera semé d’embuches de la Somalie à la France…

Le roman tisse sa toile à travers ces familles disséminées d’un continent à l’autre et nous pose finalement une question centrale : Qu’est-ce-que les parents transmettent à leurs enfants ? La force et l’importance de ce lien unique semblent tout bouleverser. Pourtant si la transmission existe, elle se confronte à la dureté de la vie.

Au-delà de révéler la force des rapports filiaux, Guillaume Poix nous dresse un témoignage fort du parcours d’exil des réfugiés.

Un roman puissant avec une écriture presque viscérale qui plonge le lecteur dans une émotion brute et intense. Guillaume Poix, pour cette rentrée littéraire, porte une voix forte dans l’éveil des consciences !

Merci à Babelio et aux éditions Gallimard pour l’envoi de ce livre

Là d’où je viens a disparu par Guillaume Poix

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Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citation :

« Je trouve indécent d’exister encore, d’éprouver de la faim ou du désir, je suis dégoûté par la vie qui continue de couler en moi comme le fleuve continue là-bas de charrier d’autres corps coupables d’espérer »