La cause des femmes – Gisèle Halimi (1973)

Et si nous choisissions une œuvre emblématique ?

Monument féministe, ce livre indispensable retrace avec toute la vivacité et l’intelligence de Gisèle Halimi ses combats pour les droits des femmes.

De son enfance tunisienne à son parcours d’avocate, Gisèle Halimi aborde dans ce court récit ses luttes. Elle retrace notamment le procès de Bobigny, devenu une véritable affaire politique. Marie-Claire Chevalier, mineure, tombe enceinte à la suite d’un viol et se fait avorter clandestinement. Elle est poursuivie avec sa mère et d’autres proches, qui lui sont venus en aide. Lors du procès en 1972, elles encourent des peines de prison en raison de la pénalisation de l’avortement. Gisèle Halimi fait de ce procès un levier politique et médiatique pour faire évoluer la législation sur l’interruption volontaire de grossesse.

Avec sa force de conviction inébranlable, Gisèle Halimi retrace ses combats et la création de « Choisir », une association qui promeut un projet de loi sur l’avortement, l’éducation sexuelle et l’accès à la contraception. Face au recul des droits des femmes dans de nombreux pays, ce livre militant est encore aujourd’hui d’une grande actualité. Il permet aussi de comprendre comment ces victoires restent fragiles. Un texte qui nous invite à lire et (re)lire les mots de Gisèle Halimi, dont le parcours suscite tant d’admiration.

Ma note

Note : 5 sur 5.

Citations

« La conception traditionnelle de la sexualité a toujours nié le droit au plaisir de la femme. On reconnaît à l’homme le droit de faire l’amour pour le plaisir. Cela fait même partie d’une imagerie d’Épinal : un homme coureur n’est jamais très mal vu, il est viril, et, comme disait ma mère : « C’est un homme, ma fille, il peut tout faire. »
Mais une femme qui revendiquerait le plaisir, quel scandale ! »

« Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et le droit qui affranchit ».

« Nous voulons avoir le droit de le faire lorsque nous l’avons décidé, sans culpabilité, sans peur, sans honte, sans complexes. Comme des femmes libres et responsables qui décident d’elles-mêmes, sans être acculées, pour le faire, à une infâme comédie »

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