Moon Palace – Paul Auster (1989)

Et si nous plongions dans un roman américain dense et ambitieux ?

L’univers de Paul Auster est riche tant par ses personnages hors normes que par la densité de ses intrigues.

À la mort de son oncle, Marco Stanley Fogg hérite d’une quantité indescriptible de livres. Ces objets, reflets d’un homme qu’il a profondément aimé, lui font découvrir l’ampleur de la littérature. Apathique et renfermé, il dédie tout son temps à la lecture et en oublie même de travailler. Il use de ses derniers dollars et se retrouve à la rue dans le dénuement le plus total.

Au coeur de cette misère, il fait la connaissance de Kitty Wu avec qui il entretient une histoire d’amour passionnelle et évidente. Dans son errance, il se met au service de Monsieur Effing et lui fait quotidiennement la lecture. Effing, homme taciturne et aigri lui ouvrira, sans le savoir, la porte de son passé et marquera profondément sa destinée.

Paul Auster use d’une histoire invraisemblable et fantasque pour disséquer ses personnages et nous plonger dans une quête identitaire remarquablement menée.

Sous la lueur de la lune, qu’il est réconfortant et jubilatoire de se plonger dans l’oeuvre de Paul Auster…

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« N’aie pas peur, disait ma voix. Personne n’est autorisé à mourir plus d’une fois. La comédie sera bientôt terminée, et plus jamais tu n’auras à repasser par là »

« J’avais sauté de la falaise, et puis au tout dernier moment, quelque chose s’est interposé et m’a rattrapé en plein vol. Quelque chose que je définis comme l’amour. C’est la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute, la seule qui soit assez puissante pour nier les lois de la gravité »

« Les bibliothèques ne sont pas le monde réel, après tout. Ce sont des lieux à part, des sanctuaires de la pensée pure. Comme ça je pourrai continuer à vivre dans la lune pour le restant de mes jours »

Les vestiges du jour – Kazuo Ishiguro (1989)

Et si nous faisions la connaissance d’un majordome anglais ?

Majordorme, Stevens a dédié sa vie aux autres. Comme son père avant lui, il exerce ses fonctions, tout en pudeur, dans une haute demeure anglaise.

Longtemps au service de Lord Darlington, il s’est senti témoin discret des grandes décisions du monde. En effet, à l’aube de la seconde guerre mondiale, Lord Darlington est une figure de la diplomatie anglaise et rencontre des hommes influents. Malgré l’ombre qui plane autour de Lord Darlington, Stevens lui demeure fidèle et orchestre avec finesse et fierté le séjour des invités de marque au sein du manoir anglais.

Des années plus tard un riche américain a acquis le château. Stevens va connaître alors une transformation de son service. Il entreprend, pour la première fois, un voyage à la rencontre de Miss Kenton, l’ancienne gouvernante. Ce séjour sera l’occasion d’une immersion dans ses souvenirs et dans cette histoire d’amour manquée. Malgré les renoncements qui ont émaillé sa vie en raison de ses fonctions, Stevens conserve un souvenir ému et fier de son métier.

Ce roman où se mêle dignité et dévotion révèle avec émotion le poids d’une vocation sur une destinée.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« En vérité, pourquoi le nierais-je ? Malgré les tristes souvenirs qui s’y associent, lorsqu’il m’arrive aujourd’hui de me remémorer cette soirée, je m’aperçois que j’éprouve, à y repenser, un sentiment de triomphe ».

« Mais à ce qu’il me semble, lorsqu’on commence à examiner le passé en y cherchant de tels « tournants », on a tendance, avec le recul, à trouver partout ce que l’on cherche »

Le dîner – Herman Koch (2009)

Et si nous évoquions un dîner dérangeant ?

Entre l’apéritif et l’addition, ce dîner tout d’abord anodin révélera des drames familiaux glaçants.

Paul et Serge, deux frères, se donnent rendez-vous avec leurs épouses, Claire et Babette, dans un restaurant distingué d’Amsterdam. Un restaurant chic où la liste d’attente est de trois mois pour obtenir une table. Mais Serge, politicien en pleine campagne électorale, arrive sans difficulté à les faire accéder à la meilleure table.

Paul, le narrateur, est directement agacé par le retard de son frère et par tous les regards braqués sur le futur premier ministre du pays. Durant l’hors d’oeuvre, la discussion semble bien anodine et tourne autour des films à l’affiche et de leurs dernières vacances en Dordogne.

Pourtant dès le début du repas, Paul parvient difficilement à cacher la haine cordiale qu’il voue à son frère et multiplie les remarques acerbes. La tension monte peu à peu et le plat révélera le véritable enjeu de ce diner : parler de leurs trois enfants. Un acte de violence indescriptible relie leurs fils et révélera toute la force dramatique de cette soirée…

Si le début du roman témoigne d’un humour grinçant et acerbe, le dîner fait surgir au fil des pages un sentiment de malaise grandissant. Il révèle aussi une interrogation sur le poids de l’éducation dans la construction personnelle.

Je suis restée désarçonnée et viscéralement dérangée par ce roman. Entre racisme, violence et noirceur ce livre semble vouloir nous heurter profondément.

Ma note :

Note : 2 sur 5.

Citations :

« Le bonheur se satisfait de lui-même, il n’a pas besoin de témoin ».

« Cela arrive plus souvent qu’on ne le souhaite, dans ces restaurants prétendument haut de gamme, on perd le fil de la conversation à force d’être confronté à ces innombrables interruptions comme les explications bien trop détaillées sur le moindre pignon de pin dans son assiette, le débouchage interminable des bouteilles de vin et le remplissage opportun ou non de nos verres sans que personne n’ait rien demandé »

Beauté fatale – Mona Chollet (2012)

Quelle est votre image de la femme ?

Dans cet essai, Mona Chollet tente de déconstruire un modèle féminin stéréotypé. Elle dépeint une femme cloisonnée entre le pouvoir marketing de la publicité et une société de consommation propageant un idéal de minceur et de beauté. Même dans la plus anodine des séries télévisées, la femme est assaillie par cette image d’une beauté blonde, placide et fine.

Mona Chollet use de toutes les illustrations : série-télévisées, stars d’Hollywood, publicités, défilés de mode, enquêtes sociologiques pour démontrer la force de ce modèle féminin.

Elle révèle également comment ces mécanismes aboutissent parfois à une dévalorisation grandissante de l’image de soi.

Mona Chollet, avec un certain mordant, questionne le lecteur sur les dérives d’une société capitaliste et patriarcale.

Entre révoltes et questionnements féministes, cet essai documenté ouvre de belles pistes de réflexion !

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

« Il n’y a pas seulement l’existence pure et simple – positive, objective – mais une existence qui se montre, se donne à voir, qui se dédouble pour ainsi dire en « être » et « paraître », ou en « existence » et « apparence ».

« Elles forceraient les hommes à les prendre au sérieux, et inventeraient avec eux des relations entre les sexes plus riches, plus satisfaisantes, en abattant la prison des rôles appris. Et quand l’industrie de la mode et de la beauté prétendrait leur faire gober que leur bien-être coïncidence avec le niveau de son chiffre d’affaires, elles lui riraient au nez ».

Marie-Antoinette – Stefan Zweig (1932)

Et si nous parlions d’une biographie ?

Stefan Zweig dans cette biographique nous offre une rencontre éblouissante avec Marie-Antoinette.

D’une nature ordinaire, Marie Antoinette a vécu à l’image de tant d’autres reines et princesses de son temps. Frivole, inconsistance et enjouée, Marie-Antoinette n’a rien de remarquable et évolue à la cour dans toute l’opulence que lui offre son titre. Et pourtant, le poids de l’histoire en marche a fait de Marie-Antoinette une figure inoubliable.

Jeune reine, elle fait face à l’impuissance de Louis XVI et va combler sa frustration dans les fêtes et les distractions diverses. Faisant du petit Trianon son nouveau royaume, elle vit couper du monde entre ses bijoux, ses tenues d’exception et un luxe indescriptible.

Au fil du temps, elle doit faire face à des ennemis de plus en plus nombreux. Soumise à des critiques acerbes, Marie-Antoinette devient pourtant au fil de son règne une mère et une femme forte.

Nous découvrons également, à travers les correspondances cachées, la passion amoureuse qu’elle entretenait avec le comte Axel de Fersen. Dans les pires moments de son règne face à la révolution qui gronde, le comte Axel de Fersen restera à ses côtés. Malgré l’étau qui se resserre autour d’elle, Marie-Antoinette déploie toute sa dignité et son courage jusqu’à son dernier souffle…

Dans cette biographie travaillée à l’extrême, Stefan Zweig dépeint Marie-Antoinette dans toutes ses facettes. De la jeune princesse innocente à sa dignité sur l’échafaud, nous découvrons un destin hors du commun. Une analyse tant historique et psychologique qui m’a complètement transportée.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Car l’idée de Révolution est très large et comporte toute une gamme de nuances, allant du plus haut idéalisme à la véritable brutalité, de la grandeur à la cruauté, du spiritualisme le plus subtil à la violence la plus grossière ; elle change et se transforme, parce qu’elle tient toujours sa couleur des hommes et des circonstances ».

« Séparées par des centaines de lieues, invisibles et inaccessibles l’une à l’autre, leurs âmes au même moment communient dans un même désir ; dans l’espace insaisissable, au-delà du temps, leurs pensées se rencontrent comme les lèvres dans le baiser ».

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage – Maya Angelou (1969)

Et si nous parlions d’une histoire de vie poignante ?

Dans ce récit autobiographique, Maya Angelou nous parle de son enfance et de son adolescence dans le sud des Etats-Unis. Ses parents la confient avec son jeune frère à sa grand-mère, Momma. Aussi dure que protectrice, Momma va leur donner une éducation religieuse rigide. Son enfance est rythmée par l’école, l’église et les corvées au sein du magasin alimentaire où travaille sa grand-mère.

À l’âge de sept ans, Maya et son frère partent retrouver leur mère, une femme belle et indépendante. Lors de ce séjour, Maya connaîtra la fin définitive de son enfance et retournera vivre brutalement chez sa grand-mère.

Malgré les nombreux drames qui jalonnent sa vie, Maya arrive à puiser sa force dans la littérature. Elle côtoie Poe, Shakespeare ou encore les soeurs Brontë et apprend à lire à voix haute. Son caractère fort et indomptable prend aussi racine dans les femmes qui accompagnent son enfance notamment sa grand-mère. À travers sa propre histoire, Maya Angelou dessine à chaque page le poids du racisme qui a impacté toute sa vie et celle de sa famille.

Figure du mouvement américain pour les droits civiques, Maya Angelou est à la fois poétesse, écrivaine, actrice et militante, ce livre nous permet d’en savoir bien plus sur l’enfance d’une femme hors du commun.

Maya Angelou construit ses mémoires sous forme de brides et mélange les petits instants insignifiants de son quotidien et les grands événements qui ont marqué son enfance.

À la fois tendre et cynique, ce récit dévoile au lecteur toute l’intimité et les combats de Maya Angelou.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Pour la bonne raison qu’en réalité j’étais blanche et qu’une cruelle fée Carabosse, bien naturellement jalouse de ma beauté, m’avait changée en un échalas de négresse, avec des cheveux noirs crépus, des pieds plats et, entre les dents, un espace où on aurait pu glisser un crayon ».

« Laissez donc aux Blancs leur argent et leur pouvoir, leur ségrégation et leurs sarcasmes, leurs grandes maisons et leurs écoles, et leurs pelouses comme des tapis et leurs livres et surtout – surtout – laissez-leur donc leur blancheur. Il valait mieux être humble et modeste, insulté et maltraité pour un petit bout de temps que de passer l’éternité à rôtir en enfer »

Maison-tanière – Pauline Delabroy-Allard (2021)

Et si nous restions dans notre tanière ?

En ce jour férié, je vous propose un repli sur soi avec la poésie de Pauline Delabroy-Allard.

Et si nous choisissions la retraite loin du bruit, loin du monde, dans une maison vide entourée d’un jardin, d’un chat et de livres…

Lors de son premier séjour dans sa tanière, Pauline Delabroy-Allard écoute de la musique et laisse voler sa plume au rythme de son inspiration. Puis, l’été suivant la publication de son premier roman, ses pas la guident à nouveau vers ce refuge. Elle s’étend alors sans bouger à même le sol pour retrouver calme et sérénité.

Ces pauses successives dans une vie tulmultueuse permettent de laisser libre court à ses pensées mais aussi à sa créativité.

Le coeur allanguit par cette plume délicate et sensible j’ai aimé m’absenter du monde en compagnie de Pauline Delabroy-Allard !

Merci à la collection @icono.pop et aux @ed_iconoclaste pour cet envoi.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Oh que oui tu aimes ça
pas besoin de demander
si tu veux encore
oh que oui tu veux encore
en fa mineur le feu dans ton ventre »

« les bras grands ouverts 

les yeux remplis

le cœur plein

tu fais salle comble dans mon corps »

La séparation – Dan Franck (1991)

Et si nous parlions du délitement d’un couple ?

Dans ce court roman auréolé du prix Renaudot en 1991, Dan Franck évoque une rupture amoureuse lente et douloureuse.

Elle l’aime mais elle le quitte. Cette femme avec qui il avait tout construit, cette femme avec qui il a eu deux fils commence peu à peu à s’éloigner. Tout d’abord, c’est une main qui s’enfuit, une tendresse qui se délite puis un sourire qui s’évanouit.

Ces gestes disparus laissent place à l’indifférence. Sa femme lui avoue soudain qu’il en existe un autre. Elle l’aime encore mais elle aime aussi, passionnément, l’autre. Elle veut partir mais elle ne sait plus, elle tergiverse et reste malgré tout.

Lui puise dans des forces insoupçonnées pour la retenir. Mais sa colère, sa patience ou sa tendresse ne fonctionnent plus. L’ainé de ses fils prononcera alors l’implacable : « c’est la divorciation ? »

Avec un style pudique, simple et réaliste, Dan Franck plonge le lecteur au coeur de ce couple déchiré par le quotidien. Il dresse aussi un portrait implacable d’une femme manipulatrice et égoïste.

Intentionnellement subjectif, le point de vue de la narration est exclusivement masculin. J’aurai aimé entendre la voix de cette femme, mais la douleur de cet homme prend toute la place et ne peut qu’insuffler de l’empathie chez le lecteur. Un récit personnel qui ne laisse pas indifférent.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citation :

« L’échec ne réside pas dans la rupture, mais dans l’échec de la rupture. La séparation est le dernier acte de la vie commune »

Le Journal d’une femme de chambre – Octave Mirbeau (1900)

Et si nous parcourions le journal d’une femme de chambre ?

Avec ce roman devenu classique de la littérature française, Octave Mirbeau donne la parole à Célestine, une modeste femme de chambre.

Dans son journal Célestine retrace les différentes places qu’elle a occupé au sein des maisons de la haute bourgeoisie parisienne. Désormais Célestine a quitté Paris et a trouvé un emploi comme femme de chambre au Mesnil-Roy, en Normandie. Loin de la bourgeoisie opulente, la famille Lanlaire a néanmoins une certaine renommée dans cette petite ville de province.

Dès son arrivée, Célestine est confrontée au regard libidineux du mari mais surtout à la dureté et la rigidité de sa femme. La maîtresse de maison, intraitable, l’accable de tâches.

Célestine fera aussi la connaissance de Joseph, le jardinier de la maison. Antisémite et froid, Célestine craint cet homme énigmatique puis noue une relation curieuse et forte avec lui.

Dissimulée derrière ses fonctions, Célestine est un être transparent à disposition de ses maîtres. Et pourtant, derrière cette condition servile la femme de chambre a accès aux plus lourds secrets et aux fétichismes de ces grands bourgeois. Dans son journal Célestine met à nu la haute bourgeoisie et nous offre des portraits savoureux.

Octave Mirbeau utilise le prisme de cette domestique pour dresser un portrait acerbe et sans concession des moeurs et des vices de son époque.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Ce n’est pas de ma faute si les âmes, dont on arrache les voiles et qu’on montre à nu, exhalent une si forte odeur de pourriture ».

« Naturellement, ce sont toujours ceux qui n’ont rien qui sont le plus volés et volés par ceux qui ont tout… »

Pour aller plus loin :

https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/actualite-doctave-mirbeau

Adrienne Mesurat – Julien Green (1927)

Et si nous parlions d’une femme méconnue et emblématique de la littérature ?

Adrienne Mesurat vit dans une maison reculée au coeur d’un village de province avec sa famille. A la fois délicate et réservée, cette jeune femme semble bien énigmatique.

Son père est emmuré dans ses habitudes. Sa soeur, quant à elle, avec sa santé fragile est comme transparente. Entre ce père colérique et cette soeur taciturne, Adrienne Mesurat a des difficultés à trouver sa place. Emprisonnée dans ce carcan familial, elle s’étiole doucement. Les jours s’écoulent tristement sans qu’aucune véritable joie ne traverse son existence calme et presque monacale.

Un jour ses yeux rencontrent ceux d’un homme. Ce bref instant suspendu va bouleverser son existence. Tout à coup, toute sa vie sera dédiée à cet inconnu. Mais jusqu’où cet amour fantasmé va-t-il la conduire ?

Ce classique méconnu offre une description flamboyante de l’ennui au coeur d’une vie étriquée. La psychanalyse des personnages est précise, acérée et magistrale. J’ai été plongée dans ce roman et j’ai été littéralement conquise par les personnages, la beauté des descriptions et par l’émotion inconditionnelle que ce livre suscite.

Si vous aimez Eugénie Grandet et Emma Bovary, partez à la rencontre d’Adrienne Mesurat !

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« C’était peut-être moins affreux d’être plongée ainsi dans un ennui sans trêve que de passer fiévreusement d’un instant de joie inquiète au plus cruel des chagrins ».

« Elle ne se débattait pas, elle laissait le souvenir des espoirs d’autrefois revenir en elle et la déchirer. il lui semblait bien qu’ainsi elle allait jusqu’au fond de sa douleur comme on va vers un refuge. Là, plus rien ne l’atteindrait ».