Soie – Alessandro Baricco (1996)

Et si nous partions au Japon ?

En quelques lignes, Alessandro Baricco façonne un récit marquant mêlant amours et aventures tumultueuses au coeur du Japon.

Vers 1860, Hervé Joncour mène une vie paisible en France. Niché au coeur des monts du Vivarais, il est spécialisé dans la fabrication et le commerce de la soie.

Lorsque les vers de soie, ravagés par une épidémie, viennent à manquer il doit s’embarquer dans un périlleux voyage jusqu’au Japon. Ce pays lointain et méconnu lui promet d’acquérir des oeufs remarquables et lui donne accès à une soie d’une qualité unique. Au-delà de ce commerce, ces voyages successifs au Japon vont permettre à Hervé de découvrir une toute nouvelle culture. Il va rencontrer le regard énigmatique et mystérieux d’une jeune fille qui va profondément le perturber. Jusqu’où ces voyages exotiques le conduiront-ils ?

Avec une maîtrise narrative et stylistique indéniable, Alessandro Baricco parvient à créer un court récit intense et énigmatique. Avec beaucoup de subtilité, il nous emporte dans un Japon évanescent et érotique. Un très beau moment de littérature que je ne peux que vous recommander.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Il racontait avec douceur, regardant dans l’air des choses que les autres ne voyaient pas ».

« Parfois, les jours de vent, Hervé Joncour descendait jusqu’au lac et passait des heures à regarder, parce qu’il lui semblait voir, dessiné sur l’eau, le spectacle léger, et inexplicable, qu’avait été sa vie »

« Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille »

Le Sagouin – François Mauriac (1947)

Et si nous parlions d’un roman imprégné d’humanité ?

Le petit Guillou est un fils rejeté par sa mère, Paule. Elle le perçoit comme un être dégénéré incapable de la moindre vivacité d’esprit. Cet enfant incompris est le terrible reflet de son père, un être insignifiant que sa femme juge imbécile. Ce mari erre et s’occupe d’un cimetière sans donner de sens à sa vie. Pourtant, Paule s’est mariée avec Galéas de Cernès il y a treize ans afin d’obtenir le titre honorifique de baronne. Ce statut elle ne l’obtiendra pas car il n’existe qu’une seule baronne, sa belle-mère. Les relations entre les deux femmes sont électriques et Madame la Baronne voue une haine farouche à sa belle-fille. S’agissant de son fils même si elle ne dit mot, elle perçoit toute sa médiocrité.

Lorsqu’un nouveau professeur s’installe dans le village, Paule voit l’opportunité de lui confier son fils. L’instituteur a la réputation d’être un fervent communiste. Madame la Baronne est outrée par ce rapprochement qui jette le discrédit sur toute la famille. Jusqu’où l’humiliation perpétuelle d’un fils et de son père les conduiront-ils ?

Avec justesse, François Mauriac explore le désamour maternel. Il nous dresse un portrait criant d’humanité d’un être sensible à l’écart du monde et soumis au regard intraitable de sa mère. En quelques pages, il parvient avec brio à explorer ce drame familial et à donner un véritable relief à ses personnages.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citations :

« Ce que Paule voyait, quand elle pensait à son fils, c’étaient des genoux cagneux, des cuisses étiques, des chaussettes rabattues sur les souliers. À ce petit être sorti d’elle, la mère ne tenait aucun compte de ses larges yeux couleur de mûres, mais en revanche elle haïssait cette bouche toujours ouverte d’enfant qui respire mal, cette lèvre inférieure un peu pendante, beaucoup moins que ne l’était celle de son père, mais il suffisait à Paule qu’elle lui rappelât une bouche détestée »

« Comme on dit «faire l’amour», il faudrait pouvoir dire «faire la haine». C’est bon de faire la haine, ça repose, ça détend ».

Moins que zéro – Bret Easton Ellis (1985)

Et si nous contemplions une décadence californienne ?

Issu d’une famille aisée, Clay revient à Los Angeles auprès de ses proches pour les fêtes de fin d’année. Il est parti depuis quelques mois pour faire ses études supérieures dans le New-Hampshire. La distance avec sa famille ne semble pas l’affecter tant Clay est désabusé.

De retour dans sa ville natale, il revoit sa petite amie Blair et sa bande de copains. Pourtant ces retrouvailles ne semblent pas l’émouvoir et il essaye de noyer sa solitude dans l’alcool, la drogue ou les fêtes. Ses parents accaparés par leurs carrières sont bien inexistants et le laisse dans un luxe peuplé des pires excès. Malgré ces abus il n’arrive pas à combler le vide de son existence. Jusqu’où cette décadence le conduira-t-il ?

Sous les traits de Clay, c’est toute une jeunesse américaine dorée et désabusée que nous contemplons. Si j’ai aimé la plume acérée et cynique de Bret Easton Ellis, je n’ai pas retrouvé le génie d’un Bukowski ou d’un Fante. J’ai globalement apprécié cette lecture malgré une légère lassitude.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« La piste de danse est couverte de gens, presque tous sont jeunes, presque tous s’ennuient, presque tous essaient de montrer qu’ils s’amusent ».

« On peut disparaitre ici sans même s’en apercevoir ».

La chute – Albert Camus (1956)

Et si nous partagions un monologue avec Albert Camus ?

Dans une logorrhée entrainante, le narrateur nous emporte dans ses réflexions sur son rapport aux autres.

Jean Baptiste Clamence est un avocat parisien renommé. Il a connu une véritable reconnaissance de ses pairs et a trouvé sa place dans un milieu bourgeois. Son déménagement précipité à Amsterdam et son changement de carrière questionne. Il semble avoir pris une voie bien différente suite au suicide d’une femme qu’il n’a pas tenté de sauver.

Nous découvrons un homme rongé par la culpabilité. Le cri de cette femme reste encore assourdissant en lui et l’empêche de vivre.

Devenu « Juge pénitent », il a élu domicile dans un bar miteux d’Amsterdam, le « Mexico City ». Attablé, il confesse chaque soir ses fautes pour tenter de révéler la part sombre de l’être humain et se libérer de sa propre culpabilité. Parviendra-t-il à trouver la rédemption ?

Un monologue fort où on retrouve le ton acerbe et vif d’Albert Camus. Si le discours est décousu, il est ponctué de passages d’un style remarquable. Je suis restée désarmée par ce court monologue mais il mériterai sans doute une relecture pour appréhender pleinement la force d’écriture et les réflexions d’Albert Camus.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Ne croyez pas surtout que vos amis vous téléphoneront tous les soirs, comme ils le devraient, pour savoir si ce n’est pas justement le soir où vous décidez de vous suicider, ou plus simplement si vous n’avez pas besoin de compagnie, si vous n’êtes pas en disposition de sortir. Mais non, s’ils téléphonent, soyez tranquille, ce sera le soir où vous n’êtes pas seul, et où la vie est belle. Le suicide, ils vous y pousseraient plutôt, en vertu de ce que vous vous devez à vous-même, selon eux ».

Vous savez ce qu’est le charme: une manière de s’entendre répondre oui sans avoir posé aucune question claire.

Passion simple – Annie Ernaux (1991)

Et si nous évoquions le feu brûlant d’une passion amoureuse ?

Avec ses mots éminemment personnels, Annie Ernaux raconte une fulgurante et obsessionnelle passion amoureuse.

Lorsqu’elle rencontre un homme marié, la vie d’Annie Ernaux bascule : « Je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi ». L’omniprésence de la passion vient bouleverser toute sa vie de professeur et mère de famille. Elle raconte comment l’attente rythme chacune de ses journées. Si les rencontres avec cet homme sont fugaces, son obsession fanatique ravage toutes ses pensées.

Roland Barthès disait : « Suis-je amoureux ? – Oui, puisque j’attends, l’identité fatale de l’amoureux n’est rien d’autre que : je suis celui qui attend. » Au delà de l’autre, c’est le désir et cet état qui pousse Annie Ernaux a perpétué une histoire d’amour aussi passionnelle que vaine.

Avec une grande justesse, elle parvient à mettre des mots sur une expérience intime qui ne peut que faire écho à notre propre rapport avec la passion.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« J’ai découvert de quoi on peut être capable, autant dire de tout. Désirs sublimes ou mortels, absences de dignité, croyances et conduites que je trouvais insensées chez les autres tant que je n’y avais pas moi-même recours. À son insu, il m’a reliée davantage au monde ».

« J’avais le privilège de vivre depuis le début, constamment, en toute conscience, ce qu’on finit toujours par découvrir dans la stupeur et le désarroi : l’homme qu’on aime est un étranger »

Ma cousine Rachel – Daphné du Maurier (1951)

Et si nous plongions dans une atmosphère mystérieuse ?

Depuis son enfance, Philip nourrit un lien fort et paternel avec son cousin Ambroise Ashley. Véritable père de substitution, il l’a recueilli au décès de ses parents. D’une santé fragile, Ambroise part en Italie afin de s’éloigner du temps aride et hivernal de l’Angleterre. Lors de son séjour à Florence, il rencontre une comtesse italienne, Rachel.

Durant son voyage, Ambroise écrit régulièrement à Philip et lui apprend son mariage soudain et imminent avec Rachel. Quand Philip reçoit de nouvelles lettres alarmantes où Ambroise soupçonne sa femme des pires manoeuvres, Philip décide sur le champ de partir pour l’Italie. Ce séjour va confirmer ses pires craintes. Philip parviendra-t-il à lever le voile sur les mystères qui entourent la femme d’Ambroise ?

Avec délice, j’ai aimé me plonger dans l’univers de ses personnages tiraillés par les pires soupçons et tous envoûtés par la machiavélique et séductrice Rachel. Un roman qui nous fait délicieusement naviguer à travers le tumulte de nos sentiments et de nos projections vis à vis de la captivante Rachel.

Si vous avez aimé « Rebecca », je ne peux que vous conseiller de découvrir « Rachel »

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« J’essayais de trouver encore quelque chose à donner. Elle avait le domaine, l’argent, les bijoux. Elle avait ma pensée, mon corps, mon coeur. Il ne restait que mon nom et elle le portait déjà. Il n’y avait plus rien. Plus rien que la peur ».

« Elle était jeune, elle n’avait guère plus de dix-neuf ans, mais l’expression de son visage était sans âge et saisissante comme si son corps léger eût enfermé une âme ancienne qui ne pouvait pas mourir ; des siècles regardaient à travers ses yeux et l’ont eût dit qu’elle contemplait depuis si longtemps l’existence qu’elle y était devenue indifférente »

Mémoires d’Hadrien – Marguerite Yourcenar (1951)

Et si nous parlions d’une oeuvre exigeante ?

Dans cette biographie romancée, Marguerite Yourcenar retrace la vie d’un grand empereur romain : Hadrien.

Dans une longue lettre à destination de Marc Aurèle qu’il plébiscite comme successeur, l’empereur Hadrien révèle ses doutes et les secrets de son règne. Malade, il sent le poids des âges et perçoit le spectre de la mort.

Hadrien relate ses voyages et son expérience de la guerre. Il dévoile aussi sa lente et combative ascension vers le pouvoir et révèle un positionnement humaniste. Influencé et fasciné par la Grèce, il devient un personnage tout puissant de l’empire Romain. Derrière ce demi-dieu se cache un homme touché par une passion tragique pour le jeune Antinoüs.

Ce roman historique nous propose de nous replonger des siècles en arrière au coeur de l’empire Romain. Ce récit n’est qu’un prétexte pour dévoiler les propres réflexions philosophiques de Marguerite Yourcenar. Elle partage sa conception du temps, des mécanismes qui façonnent le pouvoir, de son rapport à la vieillesse et à la maladie. Une oeuvre complexe d’une grande sagesse portée par une plume ciselée. Si cet écrit m’a paru parfois nébuleux, je ne peux que saluer l’érudition et le travail de Marguerite Yourcenar.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Notre grande erreur est d’essayer d’obtenir de chacun en particulier des vertus qu’il n’a pas et de négliger de cultiver celles qu’il possède »

« Les poètes nous transportent dans un monde plus vaste ou plus beau, plus ardent ou plus doux que celui qui nous est donné, différent par là même, et en pratique presque inhabitable »

« Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la première fois un coup d’œil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres »

Divorce à Buda – Sándor Márai (1935)

Et si nous assistions à un duel ?

Maître du huis clos, Sándor Márai nous propose une rencontre nocturne entre deux hommes. Le premier Kristof Kömives est juge, il évolue dans une vie millimétrée et étriquée. L’autre, Imre Greiner est médecin et il semble bien plus fantasque.

Kristof Kömives est installé avec sa famille à Buda. Il a pour habitude de respecter les règles en essayant d’inculquer à ses enfants des valeurs où émanent une grande rigidité. Lorsqu’il doit instruire une demande en divorce où le nom du médecin apparaît, il voit ressurgir brusquement des souvenirs enfouis de leur jeunesse commune. Il a notamment connu sa femme, une certaine Anna Fazekas. Si l’image de la jeune femme s’est effacée avec le temps, elle ne demande qu’à ressurgir.

Cette affaire de divorce qui le confronte à son passé va ébranler son implacable sévérité. Quand en pleine nuit, Imre Greiner réapparait dans sa vie et lui révèle de terribles secrets, le juge vacille complètement.

Un récit fort qui questionne l’ambivalence du sentiment amoureux et révèle toute la nostalgie des amours enfouis. J’ai trouvé que l’intrigue met du temps à se mettre en place. Malgré ce bémol, je reste toujours admirative de la plume de Sándor Márai qui parvient à construire une atmosphère mystérieuse et unique autour de ses personnages.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Aimer, c’est peut-être vivre au même rythme. Un hasard extraordinaire, comme la rencontre, dans l’univers, de deux planètes composées de la même matière, évoluant sur la même orbite, possédant la même atmosphère. Un hasard sur lequel on ne peut pas compter. Peut-être n’existe-t-il même pas… Ai-je jamais vu quelque chose de semblable ? Oui, peut-être… très rarement… et je n’en suis pas sûr. Vivre, aimer au même rythme, aimer les mêmes plats, la même musique, marcher d’un même pas dans la rue, se chercher au même rythme dans un lit… oui, c’est cela… peut-être… Comme cela doit être rare ! Un vrai phénomène… Il y a, je crois, quelque chose de mystique dans de telles rencontres »

« Mais qu’est-ce que ça veut dire au juste : « aimer quelqu’un » ? J’ai cru longtemps que c’était connaitre l’autre « pleinement », connaitre chacun des réflexes de son corps, toutes les vibrations de son âme… voilà, connaitre, c’est peut-être aimer ».

Le démon du bien – Henry de Montherlant (1937)

Et si nous poursuivions la lecture du cycle des « Jeunes filles » ?

Dans ce troisième volume, Henry de Montherlant poursuit son analyse des rapports amoureux, il se concentre cette fois sur le spectre du mariage.

Nous retrouvons Pierre Costals, écrivain érudit et odieux. Le cynique Costals prolonge sa relation avec Solange. Quand le mot mariage est prononcé entre eux, il perçoit cette alliance sous la forme de chaînes indissolubles. Si Solange commence à rêver d’une union officialisant leur liaison, la crainte de Costals est de plus en plus palpable.

Pourtant son attachement pour Solange le pousse à envisager ce mariage. Il débute une véritable négociation avec la mère de Solange sur les conditions de cette officialisation. Pierre Costals va torturer les deux femmes avec ses tergiversations. Jusqu’où ces hésitations maritales vont-elles conduire l’écrivain ?

Sous la plume d’Henry de Montherlant, Pierre Costals reste toujours aussi abjecte. Il suscite une profonde antipathie et pourtant il parvient toujours à nous décontenancer. Je ne peux que vous inviter à vous faire votre propos avis sur ce cycle.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Épouser un individu, passe encore. Mais il faut épouser un troupeau d’inconnus, l’obscène tribu des pères et mères, frères et sœurs, oncles et tantes et cousins, qui ont des droits sur vous eux aussi, ne serait-ce, en mettant les choses au mieux, que celui de vous faire perdre votre temps »

« On prétend que les querelles entre amants ressoudent l’amour. En réalité, elles créent des fêlures que rien ne ressoude. Quand on cherche dans son passé, on trouve que les êtres qu’on a profondément aimés, ce sont ceux avec qui l’on n’a jamais eu un accrochage. Et il y en a : ce miracle existe »

L’Amant de lady Chatterley – D. H. Lawrence (1928)

Et si nous parlions d’un classique sulfureux ?

Censuré en Angleterre à sa parution, ce roman mêlant érotisme et fresque sociale avait fait scandale.

Quand Constance épouse Sir Clifford Chatterley, héritier d’une famille aristocratique, elle espère dans ce mariage trouver l’harmonie conjugale.

Peu de temps après leur union, Clifford revient des tranchées émasculé et paralysé. Il trouve refuge dans son domaine de Wragby. Constance reste à ses côtés et devient rapidement pour lui une infirmière dévouée mettant de côté ses désirs. Ecrivain érudit, Clifford partage avec Constance de longues conversations intellectuelles. Cette vie recluse loin des plaisirs charnelles, laisse un sentiment d’insatisfaction et de frustration chez la belle et voluptueuse Constance.

Malgré les visites d’aristocrates venus de tout horizon, Constance s’ennuie au côté de Clifford et ne parvient pas à trouver un sens à sa vie. Lorsqu’elle rencontre le garde-chasse du domaine, Olivier Mellors issu de la classe ouvrière, l’attraction est immédiate. Avec cette rencontre, Constance connaîtra un véritable éveil sensuel et amoureux.

Au-delà d’un roman indécent, cette oeuvre dresse aussi le portrait d’une Angleterre fracturée par la lutte des classes. Sous cette liaison sensuelle se cache la collusion entre deux mondes l’un aristocratique l’autre issu de la classe ouvrière. Si j’ai trouvé quelques longueurs durant ma lecture, je ne peux que saluer ce roman transgressif qui a su provoquer une émancipation sexuelle et sociale.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Ce fut une étonnante nuit de passion sensuelle ; elle fut un peu effrayée et entraînée presque malgré elle, et pourtant transpercée encore de perçants frissons de sensualité, différents, plus aigus, plus terribles que les frissons de tendresse, mais, au moment même, plus désirables. Quoiqu’un peu effrayée, elle ne s’opposa à rien, et une sensualité sans frein et sans honte la secoua jusqu’au fond d’elle-même, la dépouilla de ses derniers voiles, en fit une femme nouvelle »

« La vie était toujours un rêve, ou une folie, enfermée dans un endroit clos »