Le premier amour – Sándor Márai (1928)

Et si nous parlions d’un huis clos mélancolique ?

Un professeur asocial choisit comme destination de vacances une station thermale triste et dépeuplée. Depuis plusieurs années, il n’a pas quitté son appartement niché dans une petite ville hongroise.

Afin de sortir de son quotidien et surtout de lui-même, il décide de séjourner dans cette station qu’il avait connu dans sa jeunesse et qui n’a fait que péricliter avec le temps. Ce séjour brise ses habitudes et lui permet de rencontrer Àgoston Timár, un secrétaire bien mystérieux venu de Budapest. S’il juge tout d’abord l’homme grossier, il finit par voir en lui un confident.

Transformé inconsciemment par cette rencontre, il débute une nouvelle année scolaire et retrouve sa vie étriquée de Province. Pourtant, le taciturne professeur de latin s’enlise en proie à de profonds bouleversements intérieurs…

Sous forme d’un journal intime, Sándor Márai dresse le portrait d’un personnage au mal-être abyssal. Rongé par la solitude, il est passé à côté de sa vie. La prise de conscience de son existence ratée le fait vaciller jusqu’à lui faire perdre complètement pied.

Premier roman de Sándor Márai, ce récit fort évoque avec justesse le poids de la solitude et de la vieillesse. J’ai beaucoup aimé ce texte qui présente déjà la quintessence de la plume de cet écrivain hongrois énigmatique.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Ce qui m’intéresse c’est l’autre solitude : celle qui est comme la gale, qui se lit dans le regard, se trahit dans la démarche et les mouvements, qui marque la peau ».

« Je ne crois pas à la fatalité. L’homme fabrique lui-même sa vie »

« Je suis triste. Pourquoi ? Pour qui ? Je suis incapable de le dire. C’est une tristesse tellement paisible, tellement calme. Il y a quelque chose en elle qui fait du bien. Elle envahit tout. Je dors tristement. Je mange tristement. C’est comique mais c’est ainsi. Que faire ? Je suis triste quand je suis au milieu des gens. Et triste quand je rentre chez moi. Pas « désespéré », pas « indifférent », pas « las de vivre ». Non. Triste. Que m’arrive t-il ? (…) Cette tristesse est un sentiment étrange et paisible. Elle contient comme une attente sceptique. Ma journée tout entière en est remplie. Quand on me demande « comment allez-vous ? », impossible de répondre : « Je suis triste. » Ce n’est pas une réponse. Mais c’est la vérité. C’est pourquoi je l’écris ici ».

Le Maître et Marguerite – Mikhaïl Boulgakov (1967)

Et si nous parlions d’un classique inégalable ?

Critique du régime soviétique, ce roman puissant aux multiples facettes nous transporte dans un univers aussi fantastique que poétique.

L’oeuvre s’ouvre au bord des étangs du Patriarche en plein coeur de Moscou. Berlioz, éditeur et Ivan, écrivain se font face. Ils sont en désaccord sur un poème antéchrist commandé à Ivan par Berlioz. Un homme mystérieux et inquiétant se mêle à leur conversation et révèle à Berlioz sa mort accidentelle imminente.

Profondément bouleversé par cette rencontre divinatoire, Ivan est confronté à la réalité de cet homme impénétrable nommé Woland qui représente Satan en personne. Incompris, il est enfermé dans un hôpital psychiatrique. Cet asile semble être le dernier rempart pour un sain d’esprit dans un monde broyé par le régime soviétique.

Le mystérieux W. et sa clique diabolique viennent alors semer le désordre dans tout Moscou. Dans leur périple, il libère la flamboyante Marguerite, une femme puissante et dévouée aux autres qui n’a qu’une seule volonté retrouver son grand amour, le Maître…

Ce récit flamboyant et transgressif mêle des ressorts comiques et une profonde poésie. J’ai été profondément marquée par cette oeuvre complexe aux références multiples qui nous plonge dans l’intimité de la vie de son auteur, Mikhaïl Boulgakov.

J’ai lu ce livre dans le cadre de la lecture commune organisée par @antastasialit . Je ne peux que vous recommander son travail qui nous permet d’éclairer profondément cette oeuvre.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citations :

« L’amour a surgi devant nous comme un assassin peut surgir de sous la terre dans une ruelle et il nous a frappés tous les deux. Comme on peut être frappé par la foudre, comme on peut être frappé par un poignard ! Après, cela dit, elle m’a affirmé que ce n’était pas comme ça, que ça faisait longtemps que nous nous aimions, sans nous connaître, sans nous être jamais vus, et qu’elle vivait avec un autre homme… ».

« Celui qui a erré dans ces brouillards, qui a beaucoup souffert avant de mourir, qui a volé au-dessus de la terre, portant un poids insupportable, il ne le sait que trop. Il le sait, l’homme qui est épuisé. C’est sans regret qu’il quitte les brouillards de la terre, ses petits marécages et ses rivières, et qu’il se livre, le coeur léger, dans les bras de la mort, sachant qu’elle est la seule qui… »

Réinventer l’amour – Mona Chollet (2021)

Et si nous placions nos réflexions féministes dans la sphère du couple ?

« Le bonheur amoureux est la preuve que le temps peut accueillir l’éternité », Alain Badiou

A nouveau, avec une plume précise, documentée et efficace, Mona Chollet interroge le couple sous le poids de la société patriarcale.

Mona Chollet revient sur la conception de l’amour véhiculée par les oeuvres littéraires, cinématographiques ou artistiques dans nos sociétés pour appuyer son propos. Elle met en avant que l’infériorité des femmes est la base de notre idéal romantique. Cette femme parfois mutique, pourvoyeuse de soins, soumise à la domination masculine reste un modèle autour de nous. Mona Chollet multiple les exemples comme l’attrait et les stéréotypes récurrents autour de la femme asiatique. Elle interroge aussi les violences conjugales et la fascination de certaines femmes pour les criminels représentant une masculinité exacerbée.

Cet essai met en lumière comment, sans même en avoir conscience, une éducation, une culture viennent imprégner notre conception de l’homme et de la femme et notre vision de l’amour.

Un exposé passionnant où Mona Chollet étudie les rôles prédéfinis de l’homme et de la femme et aborde des sujets épineux. Cette essai ouvre de nouvelles perspectives et nous propose une autre conception de l’amour.

Un essai féministe enrichissant à remettre entre toutes les mains…

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« Si vous êtes un Artiste Tourmenté, vous avez une excuse pour mal vous comporter avec vos partenaires amoureux, vos enfants, tout le monde. Vous avez la permission d’être exigeant, arrogant, impoli, cruel, antisocial, pompeux, colérique, caractériel, manipulateur, irresponsable et/ou égoïste. Si vous vous conduisiez ainsi en étant concierge ou pharmacien, on vous considérerait à juste titre comme un pauvre crétiin. Mais, en tant qu’Artiste Tourmenté, vous avez droit à un sauf-conduit parce que vous êtes à part. Parce que vous êtes sensible et créatif. Parce qu’il vous arrive de créer de jolies petites choses ».

« Etre amoureux n’est pas nécessairement aimer. Etre amoureux est un état ; aimer, un acte »

« en abreuvant les filles et les femmes de romances, en leur vantant les charmes et l’importance de la présence d’un homme dans leur vie, on les encourage à accepter leur rôle traditionnel de pourvoyeuses de soins ».

Vox – Christina Dalcher (2018)

Et si nous évoquions une oeuvre dystopique ?

Dans ce roman, Christina Dalcher imagine un monde où les femmes sont bâillonnées par une société masculine dominatrice et absolue.

Comme toutes les femmes, Jean McClellan porte désormais un bracelet innocent au poignet. Pourtant, celui-ci a une fonction glaçante, il s’agit d’un compteur de mots. Depuis la montée au pouvoir d’un parti extrémiste, toutes les femmes sont limitées par jour à cent mots. Si jamais elles enfreignent la règle, une décharge électrique d’une grande violence vient les rappeler à l’ordre. Sonia, la fille de Jean a désormais peur de prononcer le moindre mot.

Assujetties, les femmes sont cantonnées à leur rôle de mère et d’épouse. Depuis l’avènement du nouveau régime, elles ne peuvent plus travailler et sont assignées aux tâches domestiques.

Brillante docteur en neurosciences, Jean est appelée par le gouvernement pour venir en aide au frère du Président. Elle voit dans cette mission le moyen de libérer sa fille mais va découvrir l’impensable. Quand elle se rapproche du pouvoir, elle perçoit la révolte qui sommeille en elle…

Un récit résolument féministe qui décrit une société cauchemardesque. Si la thématique abordée me semblait prometteuse je n’ai pas réussi à être captivée par ce récit qui a manqué selon moi de densité.

Ma note :

Note : 1.5 sur 5.

La Cousine Bette – Honoré de Balzac (1846)

Et si nous parlions d’une vengeance impitoyable ?

Lisbeth Fischer dit « La Cousine Bette » est une femme sèche et froide. Depuis son enfance, elle a toujours été transparente à côté de sa cousine Adeline aussi belle que vertueuse. Face à sa famille elle ne laisse rien transparaître et se positionne comme une confidente. Elle enfouit la jalousie lancinante qui la ronge.

La Cousine Bette a assisté au mariage d’Adeline et d’un baron, Hector Hulot. De cette union est née deux enfants, Hortense et Victorin. Sous cette image conjugale et familiale parfaite se dissimule les penchants du baron Hulot pour les femmes. Il dilapide la fortune familiale à travers des dépenses dispendieuses pour ses maîtresses. Son désir ne semble jamais assouvi.

Lorsque Lisbeth Fischer se lit d’amitié avec Valérie Marneffe, une courtisane mariée prête à tout par ambition, elle croit entrevoir l’instrument de sa vengeance. La Cousine Bette parviendra-t-elle à concrétiser son élan irrésistible de revanche ?

Je ne peux que vous recommander ce roman de moeurs machiavélique. Cette oeuvre de la comédie humaine conjugue une intrigue entrainante avec de nombreux personnages sombres et fascinants. J’ai été emportée par les interactions entre les personnages et le rythme effréné du récit.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citation :

« L’amour et la haine sont des sentiments qui s’alimentent par eux-mêmes ; mais, des deux, la haine a la vie la plus longue. L’amour a pour bornes des forces limitées, il tient ses pouvoirs de la vie et de la prodigalité ; la haine ressemble à la mort, à l’avarice, elle est en quelque sorte une abstraction active, au-dessus des êtres et des choses »

Monsieur Proust – Céleste Albaret – Stéphane Manel & Corinne Maier

Et si nous partagions l’intimité de Monsieur Proust ?

Dans ce magnifique roman graphique porté par des dessins d’une grande poésie, nous suivons le quotidien de Marcel Proust à travers le regard de sa gouvernante, Céleste Albaret.

Son apparition dans la vie de l’écrivain s’est faite en toute discrétion. Mariée à Odilon Albaret le chauffeur de Marcel Proust, elle a vingt-deux ans quand elle arrive dans un Paris effervescent. Grâce à son mari, elle fait la rencontre de Marcel Proust qui lui propose une place. Accédant à l’appartement de l’écrivain par l’escalier de services, elle est tout d’abord « courrière » chargée de menus colis ou de la livraison de livres et ne croise jamais Monsieur Proust.

Peu à peu, elle se glisse dans toute l’intimité de l’appartement feutré jusqu’à partager avec lui des confidences et de longs entretiens.

Au fil des années, Céleste devient irremplaçable pour Marcel Proust et restera à son chevet jusqu’à sa mort.

Grâce au témoignage de Céleste c’est toute l’intimité et la personnalité de Marcel Proust que nous découvrons. Sa manière de vivre et d’écrire est parfaitement retranscrite par des dessins d’une grande finesse.

J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce roman graphique qui donne envie de se plonger dans l’oeuvre de Marcel Proust.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Merci aux éditions Seghers pour l’envoi de ce sublime roman graphique !

Betty – Tiffany McDaniel (2020)

Et si nous parlions d’une fresque familiale envoûtante ?

Avec un sens narratif certain, Tiffany McDaniel oscille entre l’obscurité des secrets de famille et la lumière de ses personnages.

Betty Carpenter est la sixième née de l’union d’un couple atypique. De couleurs de peau différentes, la rencontre de ses parents n’était pas une évidence. Pourtant, ils ont construit une famille portée par la voix de leur père cherokee. Ses mains magiques et sa voix peuplée de paysages imaginaires ont fait l’unanimité auprès de ses enfants.

Après plusieurs années d’errements dans toute l’Amérique, la famille s’installe dans un petit village de l’Ohio et s’intègre pas à pas.

Betty partage avec son père une relation forte et fusionnelle qui lui permet d’affronter le rejet dû à sa couleur de peau. A la différence de sa soeur, elle a hérité du physique de son père et doit faire face aux moqueries de ses camarades de classe. Si Betty partage une relation unie et débordante de sentiments avec son père, les rapports avec sa mère sont plus complexes. Hantée par son passé fait de violences, sa mère ne parvient pas à lui témoigner son attachement.

Lorsque les drames successifs viennent frapper cette famille, comme une malédiction, tout bascule. Malgré la lumière qu’ils portent en eux, des silences douloureux mettent en péril les liens qui les unissaient…

Portée par une plume forte et des personnages travaillés, ce roman initiatique sur la transmission est très réussi. Tiffany McDaniel parvient à nous épouvanter par des passages d’une brutalité glaçante mais aussi à nous émouvoir jusqu’aux larmes par un récit étincelant. Submergée par cette fresque familiale, je reste ébranlée par la densité de ce roman et le rayonnement de son héroïne.

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« Me révoltant contre une fatalité écrasante, ne fût-ce que pour défier et combattre la souffrance, je concevais des histoires qui me commandaient de survivre »

« Mes poèmes embrassaient tout ce que mes bras ne pouvaient étreindre. Ils hurlaient ce que je taisais. Ils étaient aussi un murmure brûlant qui proclamait que parfois l’amour est un châtiment ».

Mademoiselle Else – Arthur Schnitzler (1924)

Et si nous intégrions la bourgeoisie viennoise ?

Dans ce court récit, Arthur Schnitzler dresse le portrait de la jeune et fascinante Else.

Pour l’été, Mademoiselle Else réside dans un luxueux hôtel du nord de l’Italie. Quand elle reçoit une lettre alarmante de sa mère évoquant la ruine de son père sous le poids des dettes, elle est dévastée. Sa mère la supplie de sauver l’honneur de son père en sollicitant auprès d’un ancien ami de la famille, Monsieur Dordsay, une somme d’argent conséquente.

Else est tiraillée entre son honneur et sa dévotion pour sa famille. Quand Monsieur Dordsay lui propose comme condition de son prêt, un scandaleux marché, Else perd complètement pied.

Arthur Schnitzler interroge la morale bourgeoise prête à tous les sacrifices pour conserver sa grandeur. Le monologue intérieur d’Else permet de mesurer l’ampleur des contradictions et des névroses qui la traversent. Un récit bref et déroutant qui m’a beaucoup surprise.

J’aurai aimé que l’analyse des personnages soit plus étoffés mais ce texte atypique ne peut pas laisser indifférent.

Ma note :

Note : 2 sur 5.

Citation :

« Je ne me vends pas ; non, jamais je ne me vendrai. Je me donnerai. À l’homme de mon choix je me donnerai. Me vendre, ah non. Je veux bien être une dévergondée mais pas une putain »

La femme gelée – Annie Ernaux (1981)

Et si nous parlions d’un récit qui interroge l’émancipation féminine ?

Annie Ernaux a été éduquée par un couple moderne. Son père s’acquittait des tâches ménagères pendant que sa mère gérait la comptabilité de leur commerce. Ce modèle parental, à contrecourant des parents de ses amies, a contribué à façonner sa personnalité.

Quand Annie grandit elle rencontre l’amour et partage avec un homme, résolument progressiste, les mêmes idéaux. Pourtant, lorsqu’ils se marient et fondent leur vie commune, leur quotidien est bien éloigné de celui de ses parents.

Dès leur mariage, la différence entre eux devient visible par des petits gestes. Par ses actes, son mari démontre qu’il est bien éloigné des valeurs égalitaires qu’il prône. Lorsqu’elle devient mère de famille la différence est encore plus flagrante. Annie doit concilier ses aspirations professionnelles avec son rôle de mère tandis que son époux ne peut jamais se détourner une seconde de sa carrière.

Avec beaucoup de finesse, Annie interroge l’enlisement progressif de ses aspirations sous le poids de ce rôle de femme et de mère ayant pour charge toute l’organisation du foyer.

Les renoncements d’une femme gelée sous les conventions sociales et masculines sont parfaitement décrits dans ce récit aussi fort que personnel.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Femmes fragiles et vaporeuses, fées aux mains douces, petits souffles de la maison qui font naître silencieusement l’ordre et la beauté, femmes sans voix, soumises, j’ai beau chercher, je n’en vois pas beaucoup dans le paysage de mon enfance ».

« Un mois, trois mois que nous sommes mariés, nous retournons à la fac, je donne des cours de latin. Le soir descend plus tôt, on travaille ensemble dans la grande salle. Comme nous sommes sérieux et fragiles, l’image attendrissante du jeune couple moderno-intellectuel. Qui pourrait encore m’attendrir si je me laissais faire, si je ne voulais pas chercher comment on s’enlise, doucettement. En y consentant lâchement. D’accord je travaille La Bruyère ou Verlaine dans la même pièce que lui, à deux mètres l’un de l’autre. La cocotte-minute, cadeau de mariage si utile vous verrez, chantonne sur le gaz. Unis, pareils. Sonnerie stridente du compte-minutes, autre cadeau. Finie la ressemblance. L’un des deux se lève, arrête la flamme sous la cocotte, attend que la toupie folle ralentisse, ouvre la cocotte, passe le potage et revient à ses bouquins en se demandant où il en était resté. Moi. Elle avait démarré, la différence« 

« Un univers de femme rétréci, bourré jusqu’à la gueule de minuscules soucis. de solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l’entretien des choses« 

L’Education sentimentale – Gustave Flaubert (1869)

Et si nous évoquions la plume flamboyante de Gustave Flaubert ?

Dans ce volume, Gustave Flaubert revient sur le parcours sentimental de Frédéric. Ce jeune homme porte un amour démesuré et intense pour Madame Arnoux. Véritable madone, cette femme mariée inaccessible et mystérieuse ne cesse de le fasciner.

Lorsque Frédéric l’aperçoit pour la première fois sur le ponton d’un navire, il est foudroyé par cette rencontre. Installé à Paris pour ses études, il cherche désespérément à la revoir et finit par devenir ami avec son mari, Monsieur Arnoux. Ce marchand d’art incarne les vicissitudes de la petite bourgeoisie entre affaires douteuses et infidélités.

Grâce à cette relation avec son époux, il se lit durablement à la famille. Pourtant, l’impossibilité de sa relation avec Madame Arnoux vient essouffler cet amour de jeunesse. De nouvelles rencontres féminines arriveront-elles à briser une relation fantasmée ?

Double masculin de Madame Bovary, Frédéric par sa candeur romantique nous transporte dans sa relation avec la figure angélique et vertueuse de Madame Arnoux. Porté par une plume aussi éblouissante que moderne, ce roman nous expose, à travers le regard de Frédéric, un amour romantique mais aussi les basculements politiques de toute une époque.

Je vous invite à dévorer ce grand classique de la littérature d’une beauté incandescente.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Jamais il n’avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elles avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites »

« Elle ressemblait aux femmes des livres romantiques. Il n’aurait voulu rien ajouter, rien retrancher à sa personne. L’univers venait tout à coup de s’élargir. Elle était le point lumineux où l’ensemble des choses convergeait ; – et, bercé par le mouvement de la voiture, les paupières à demi closes, le regard dans les nuages, il s’abandonnait à une joie rêveuse et infinie »