La Cousine Bette – Honoré de Balzac (1846)

Et si nous parlions d’une vengeance impitoyable ?

Lisbeth Fischer dit « La Cousine Bette » est une femme sèche et froide. Depuis son enfance, elle a toujours été transparente à côté de sa cousine Adeline aussi belle que vertueuse. Face à sa famille elle ne laisse rien transparaître et se positionne comme une confidente. Elle enfouit la jalousie lancinante qui la ronge.

La Cousine Bette a assisté au mariage d’Adeline et d’un baron, Hector Hulot. De cette union est née deux enfants, Hortense et Victorin. Sous cette image conjugale et familiale parfaite se dissimule les penchants du baron Hulot pour les femmes. Il dilapide la fortune familiale à travers des dépenses dispendieuses pour ses maîtresses. Son désir ne semble jamais assouvi.

Lorsque Lisbeth Fischer se lit d’amitié avec Valérie Marneffe, une courtisane mariée prête à tout par ambition, elle croit entrevoir l’instrument de sa vengeance. La Cousine Bette parviendra-t-elle à concrétiser son élan irrésistible de revanche ?

Je ne peux que vous recommander ce roman de moeurs machiavélique. Cette oeuvre de la comédie humaine conjugue une intrigue entrainante avec de nombreux personnages sombres et fascinants. J’ai été emportée par les interactions entre les personnages et le rythme effréné du récit.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citation :

« L’amour et la haine sont des sentiments qui s’alimentent par eux-mêmes ; mais, des deux, la haine a la vie la plus longue. L’amour a pour bornes des forces limitées, il tient ses pouvoirs de la vie et de la prodigalité ; la haine ressemble à la mort, à l’avarice, elle est en quelque sorte une abstraction active, au-dessus des êtres et des choses »

Monsieur Proust – Céleste Albaret – Stéphane Manel & Corinne Maier

Et si nous partagions l’intimité de Monsieur Proust ?

Dans ce magnifique roman graphique porté par des dessins d’une grande poésie, nous suivons le quotidien de Marcel Proust à travers le regard de sa gouvernante, Céleste Albaret.

Son apparition dans la vie de l’écrivain s’est faite en toute discrétion. Mariée à Odilon Albaret le chauffeur de Marcel Proust, elle a vingt-deux ans quand elle arrive dans un Paris effervescent. Grâce à son mari, elle fait la rencontre de Marcel Proust qui lui propose une place. Accédant à l’appartement de l’écrivain par l’escalier de services, elle est tout d’abord « courrière » chargée de menus colis ou de la livraison de livres et ne croise jamais Monsieur Proust.

Peu à peu, elle se glisse dans toute l’intimité de l’appartement feutré jusqu’à partager avec lui des confidences et de longs entretiens.

Au fil des années, Céleste devient irremplaçable pour Marcel Proust et restera à son chevet jusqu’à sa mort.

Grâce au témoignage de Céleste c’est toute l’intimité et la personnalité de Marcel Proust que nous découvrons. Sa manière de vivre et d’écrire est parfaitement retranscrite par des dessins d’une grande finesse.

J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce roman graphique qui donne envie de se plonger dans l’oeuvre de Marcel Proust.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Merci aux éditions Seghers pour l’envoi de ce sublime roman graphique !

Betty – Tiffany McDaniel (2020)

Et si nous parlions d’une fresque familiale envoûtante ?

Avec un sens narratif certain, Tiffany McDaniel oscille entre l’obscurité des secrets de famille et la lumière de ses personnages.

Betty Carpenter est la sixième née de l’union d’un couple atypique. De couleurs de peau différentes, la rencontre de ses parents n’était pas une évidence. Pourtant, ils ont construit une famille portée par la voix de leur père cherokee. Ses mains magiques et sa voix peuplée de paysages imaginaires ont fait l’unanimité auprès de ses enfants.

Après plusieurs années d’errements dans toute l’Amérique, la famille s’installe dans un petit village de l’Ohio et s’intègre pas à pas.

Betty partage avec son père une relation forte et fusionnelle qui lui permet d’affronter le rejet dû à sa couleur de peau. A la différence de sa soeur, elle a hérité du physique de son père et doit faire face aux moqueries de ses camarades de classe. Si Betty partage une relation unie et débordante de sentiments avec son père, les rapports avec sa mère sont plus complexes. Hantée par son passé fait de violences, sa mère ne parvient pas à lui témoigner son attachement.

Lorsque les drames successifs viennent frapper cette famille, comme une malédiction, tout bascule. Malgré la lumière qu’ils portent en eux, des silences douloureux mettent en péril les liens qui les unissaient…

Portée par une plume forte et des personnages travaillés, ce roman initiatique sur la transmission est très réussi. Tiffany McDaniel parvient à nous épouvanter par des passages d’une brutalité glaçante mais aussi à nous émouvoir jusqu’aux larmes par un récit étincelant. Submergée par cette fresque familiale, je reste ébranlée par la densité de ce roman et le rayonnement de son héroïne.

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« Me révoltant contre une fatalité écrasante, ne fût-ce que pour défier et combattre la souffrance, je concevais des histoires qui me commandaient de survivre »

« Mes poèmes embrassaient tout ce que mes bras ne pouvaient étreindre. Ils hurlaient ce que je taisais. Ils étaient aussi un murmure brûlant qui proclamait que parfois l’amour est un châtiment ».

Mademoiselle Else – Arthur Schnitzler (1924)

Et si nous intégrions la bourgeoisie viennoise ?

Dans ce court récit, Arthur Schnitzler dresse le portrait de la jeune et fascinante Else.

Pour l’été, Mademoiselle Else réside dans un luxueux hôtel du nord de l’Italie. Quand elle reçoit une lettre alarmante de sa mère évoquant la ruine de son père sous le poids des dettes, elle est dévastée. Sa mère la supplie de sauver l’honneur de son père en sollicitant auprès d’un ancien ami de la famille, Monsieur Dordsay, une somme d’argent conséquente.

Else est tiraillée entre son honneur et sa dévotion pour sa famille. Quand Monsieur Dordsay lui propose comme condition de son prêt, un scandaleux marché, Else perd complètement pied.

Arthur Schnitzler interroge la morale bourgeoise prête à tous les sacrifices pour conserver sa grandeur. Le monologue intérieur d’Else permet de mesurer l’ampleur des contradictions et des névroses qui la traversent. Un récit bref et déroutant qui m’a beaucoup surprise.

J’aurai aimé que l’analyse des personnages soit plus étoffés mais ce texte atypique ne peut pas laisser indifférent.

Ma note :

Note : 2 sur 5.

Citation :

« Je ne me vends pas ; non, jamais je ne me vendrai. Je me donnerai. À l’homme de mon choix je me donnerai. Me vendre, ah non. Je veux bien être une dévergondée mais pas une putain »

La femme gelée – Annie Ernaux (1981)

Et si nous parlions d’un récit qui interroge l’émancipation féminine ?

Annie Ernaux a été éduquée par un couple moderne. Son père s’acquittait des tâches ménagères pendant que sa mère gérait la comptabilité de leur commerce. Ce modèle parental, à contrecourant des parents de ses amies, a contribué à façonner sa personnalité.

Quand Annie grandit elle rencontre l’amour et partage avec un homme, résolument progressiste, les mêmes idéaux. Pourtant, lorsqu’ils se marient et fondent leur vie commune, leur quotidien est bien éloigné de celui de ses parents.

Dès leur mariage, la différence entre eux devient visible par des petits gestes. Par ses actes, son mari démontre qu’il est bien éloigné des valeurs égalitaires qu’il prône. Lorsqu’elle devient mère de famille la différence est encore plus flagrante. Annie doit concilier ses aspirations professionnelles avec son rôle de mère tandis que son époux ne peut jamais se détourner une seconde de sa carrière.

Avec beaucoup de finesse, Annie interroge l’enlisement progressif de ses aspirations sous le poids de ce rôle de femme et de mère ayant pour charge toute l’organisation du foyer.

Les renoncements d’une femme gelée sous les conventions sociales et masculines sont parfaitement décrits dans ce récit aussi fort que personnel.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Femmes fragiles et vaporeuses, fées aux mains douces, petits souffles de la maison qui font naître silencieusement l’ordre et la beauté, femmes sans voix, soumises, j’ai beau chercher, je n’en vois pas beaucoup dans le paysage de mon enfance ».

« Un mois, trois mois que nous sommes mariés, nous retournons à la fac, je donne des cours de latin. Le soir descend plus tôt, on travaille ensemble dans la grande salle. Comme nous sommes sérieux et fragiles, l’image attendrissante du jeune couple moderno-intellectuel. Qui pourrait encore m’attendrir si je me laissais faire, si je ne voulais pas chercher comment on s’enlise, doucettement. En y consentant lâchement. D’accord je travaille La Bruyère ou Verlaine dans la même pièce que lui, à deux mètres l’un de l’autre. La cocotte-minute, cadeau de mariage si utile vous verrez, chantonne sur le gaz. Unis, pareils. Sonnerie stridente du compte-minutes, autre cadeau. Finie la ressemblance. L’un des deux se lève, arrête la flamme sous la cocotte, attend que la toupie folle ralentisse, ouvre la cocotte, passe le potage et revient à ses bouquins en se demandant où il en était resté. Moi. Elle avait démarré, la différence« 

« Un univers de femme rétréci, bourré jusqu’à la gueule de minuscules soucis. de solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l’entretien des choses« 

L’Education sentimentale – Gustave Flaubert (1869)

Et si nous évoquions la plume flamboyante de Gustave Flaubert ?

Dans ce volume, Gustave Flaubert revient sur le parcours sentimental de Frédéric. Ce jeune homme porte un amour démesuré et intense pour Madame Arnoux. Véritable madone, cette femme mariée inaccessible et mystérieuse ne cesse de le fasciner.

Lorsque Frédéric l’aperçoit pour la première fois sur le ponton d’un navire, il est foudroyé par cette rencontre. Installé à Paris pour ses études, il cherche désespérément à la revoir et finit par devenir ami avec son mari, Monsieur Arnoux. Ce marchand d’art incarne les vicissitudes de la petite bourgeoisie entre affaires douteuses et infidélités.

Grâce à cette relation avec son époux, il se lit durablement à la famille. Pourtant, l’impossibilité de sa relation avec Madame Arnoux vient essouffler cet amour de jeunesse. De nouvelles rencontres féminines arriveront-elles à briser une relation fantasmée ?

Double masculin de Madame Bovary, Frédéric par sa candeur romantique nous transporte dans sa relation avec la figure angélique et vertueuse de Madame Arnoux. Porté par une plume aussi éblouissante que moderne, ce roman nous expose, à travers le regard de Frédéric, un amour romantique mais aussi les basculements politiques de toute une époque.

Je vous invite à dévorer ce grand classique de la littérature d’une beauté incandescente.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Jamais il n’avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elles avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites »

« Elle ressemblait aux femmes des livres romantiques. Il n’aurait voulu rien ajouter, rien retrancher à sa personne. L’univers venait tout à coup de s’élargir. Elle était le point lumineux où l’ensemble des choses convergeait ; – et, bercé par le mouvement de la voiture, les paupières à demi closes, le regard dans les nuages, il s’abandonnait à une joie rêveuse et infinie »

Le parfum des fleurs la nuit – Leïla Slimani (2021)

Et si nous voyagions à Venise avec Leïla Slimani ?

Avec ce court récit, doux et personnel, Leïla Slimani nous propose une expérience solitaire et artistique à Venise.

Leïla Slimani a accepté une proposition inattendue : s’enfermer une nuit à la « Punta della Dogana » de Venise. Entourée de la collection d’art moderne de François Pinault, nous marchons à ses côtés dans sa découverte enchanteresse de cet espace artistique silencieux.

Cette retraite forcée s’accompagne de multiples réflexions ponctuées de références multiples. Leïla Slimani interroge son travail d’écriture, la nécessité de faire exister ses personnages et son retranchement du monde pour parvenir à construire son oeuvre. Dans ce récit, elle évoque aussi son identité entre Orient et Occident et son rapport avec son père. Avec beaucoup d’émotions, elle nous transporte au plus profond d’elle-même dans le décor envoûtant de la nuit vénitienne.

J’ai beaucoup aimé ce texte d’une intimité méditative qui nous rapproche d’une écrivaine brillante. Porté par une plume belle et lumineuse, ce livre me confirme mon attachement et mon admiration pour l’oeuvre de Leïla Slimani.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Notre époque n’est-elle pas précisément celle qui ne permet pas le silence même aux plus purs, aux plus isolés, ce silence de l’attente, de la maturation, de la méditation et du recueillement ? ».

« Je pense à ce que Tchekhov dit des grands écrivains. Ce sont ceux qui font surgir la neige en plein été et qui décrivent si bien les flocons que vous vous sentez saisi par le fond et que vous frissonnez »

« Venise aussi est en train de mourir. La contempler, c’est contempler une agonie. Par la fenêtre, j’aperçois les eaux qui vont bientôt s’engloutir. Je tente d’imaginer les pilotis chancelants sur lesquels elle se tient. Je me figure ses palais ensevelis dans l’eau et la base, ses souvenirs de gloire oubliés de tous, ses places pavées réduites à néant. Venise porte en elle les germes de destruction et c’est peut-être cette fragilité qui en fait la splendeur »

Ce n’est pas loin du paradis – Laurent Peyrard (2022)

Et si nous parlions d’un premier roman ?

Ce roman d’apprentissage dessine une jeunesse fougueuse emportée par ces élans amoureux et violents.

Jeune homme désabusé et en perte de repères, Eric est un adolescent qui a dû mal à trouver sa place dans la société. Constatant la distance grandissante qui le sépare de ses parents, il n’arrive plus à communiquer avec eux. Au collège, Eric se rapproche de fréquentations douteuses où la violence et les excès façonnent les amitiés.

Quand Eric croise le regard de Anne, la simplicité et la sincérité de leur relation est une évidence. Emporté par cet amour naissant, Anne contribue à le faire grandir. Quand leur union est compromise par une bande rivale, Eric fera tout pour préserver la quintessence de leur passion.

Récit d’un amour contrarié, ce roman conjugue passion amoureuse et exploration d’une jeunesse en perdition. Ce premier roman prometteur n’est pas sans rappeler une oeuvre qui m’avait bouleversée, « leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu.

Malheureusement j’ai trouvé ce roman parfois stéréotypé et je n’ai pas été complètement conquise. Cependant, ce moment de lecture reste agréable et entrainant notamment grâce au personnage attachant et contrasté d’Eric.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Son Excellence Eugène Rougon – Emile Zola (1876)

Et si nous abordions l’oeuvre politique d’Emile Zola ?

Roman méconnu de la série des Rougon-Macquart, Zola choisit pour décor de ce sixième volume la sphère politique.

Devenu un politicien influent du Second Empire, Eugène Rougon évolue dans un milieu privilégié. Président du Conseil d’Etat, il est entouré d’admirateurs opportunistes. Tous se pressent autour de lui dans l’espoir d’obtenir quelques privilèges.

Quand son pouvoir commence à chanceler et qu’il démissionne de son poste, ses proches continuent à l’entourer espérant jouer de leurs réseaux pour le réhabiliter dans ses fonctions.

Quand il rencontre Clotilde, une italienne ambitieuse, secrète et manipulatrice, le charme opère. Pourtant les aspirations arrivistes d’Eugène sont incompatibles avec cet élan amoureux. Eugène décide d’oeuvrer pour qu’elle se marie à l’un de ses fidèles amis, Delestang, un homme qu’il qualifie d’« admirablement, sot, creux et superbe ».

Leur attirance se transforme peu à peu en un véritable duel entre la force séductrice de Clotilde et la force autoritaire d’Eugène. Qui l’emportera dans cette bataille politique où se mêle désir et ambition ?

Roman historique, Emile Zola dresse un panorama détaillé du milieu politique implacable du Second Empire. Ce portrait d’un animal politique livré aux jeux politiques reste incontestablement contemporain.

J’aurai aimé que le relation entre Clotilde et Rougon soit plus étoffée et complexe dans leurs rapports de force mais comme toujours je suis conquise par la plume acerbe et magistrale d’Emile Zola.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« C’était, chez lui, un amour du pouvoir pour le pouvoir, dégagé des appétits de vanité, de richesses, d’honneurs. D’une ignorance crasse, d’une grande médiocrité dans toutes les choses étrangères au maniement des hommes, il ne devenait véritablement supérieur que par ses besoins de domination »

« Elle restait multiple, puérile et profonde, bête le plus souvent, singulièrement fine parfois, très douce et très méchante »

« Et, brusquement, elle ne fut plus Diane. Elle laissa tomber son arc, elle fut Vénus. Les mains rejetées derrière la tête, nouées dans son chignon, le buste renversé à demi, haussant les pointes des seins, elle souriait, ouvrait à demi les lèvres, égarait son regard, la face comme noyée tout d’un coup dans du soleil. Elle paraissait plus petite, avec des membres plus gras, toute dorée d’un frisson de désir, dont il semblait voir passer les moires chaudes sur sa peau de satin. Elle était pelotonnée, s’offrant, se faisant désirable, d’un air d’amante soumise qui veut être prise entière dans un embrassement »

Par-delà l’attente – Julia Minkowski (2022)

Et si nous parlions d’une chronique judiciaire ?

Avec ce récit, Julia Minkowski revient sur une affaire qui avait ébranlé et fasciné toute l’opinion publique, l’affaire Papin.

En septembre 1933, Christine et Léa Papin, dites « les soeurs Papin » sont entendues devant la cour d’assises du Mans pour l’homicide de leurs patronnes.

Depuis avril 1926, Christine, cuisinière, et Léa Papin, femme de chambre, sont employées par une famille bourgeoise du Mans. Si les conditions de travail sont strictes et que les soeurs ne doivent s’adresser qu’à leurs employeurs, elle bénéficient d’un salaire correct et résident dans la maison. Le 2 février 1933, après une altercation avec leurs patronnes, Christine et Léa Papin les assassinent sauvagement.

Maître Germaine Brière a décidé de défendre ses clientes malgré toutes les preuves qui les accablent. En effet, dès le soir du meurtre, les deux soeurs ont avoué l’assassinat sans préméditation.

Germaine choisit de plaider « la folie » des soeurs pour appuyer leur irresponsabilité et l’organisation d’une contre-expertise. Pourtant plusieurs personnalités veulent transformer cette affaire de moeurs en véritable procès politique. Ils portent les soeurs en égéries de la lutte des classes. Leur avocate ne choisit pas cette voie épineuse et construit avec détermination et brio sa défense. La plaidoirie d’une femme fera-t-elle basculer toute l’affaire ?

Si ce roman retrace le procès qui a défrayé la chronique, il dresse surtout le portrait d’une avocate brillante évoluant dans un milieu masculin. Ses convictions et son opiniâtreté sont admirables et parfaitement retranscrites. J’ai beaucoup apprécié ce livre qui conjugue la destinée de deux soeurs avec la ténacité de leur avocate.

Merci aux éditions JC Lattès pour cet envoi ! Ce roman est à découvrir dans vos librairies depuis le 24 août !

Ma note :

Note : 4 sur 5.