Challah la danse – Dalya Daoud (2024)

Et si nous vivions au coeur d’un lotissement ?

Dans ce premier roman, Dalya Daoud propose une immersion dans un lotissement.

A proximité de son usine de tissage, Armand Kechichian a créé des logements ouvriers. Entre la chapelle et l’église, six longères sont sorties de terre. Des familles majoritairement issues du Maghreb se sont installées dans ce lotissement niché au coeur d’un village rural.

S’ils vivent à proximité du Village, ils demeurent reclus dans cette cité. Les conflits entre voisins se multiplient au fil des années. Bassou, un des enfants de la cité est le symbole de cette intégration difficile. Entre ses origines et sa volonté de côtoyer les enfants de la ville parviendra-t-il à trouver sa place ?

Si j’ai trouvé la thématique abordée et la dimension sociale de ce premier roman particulièrement intéressante, je garde un avis mitigé à propos de cette lecture. Malheureusement, j’ai trouvé le fil narratif légèrement confus et je n’ai pas réussi à m’imprégner des différents personnages.

Merci à Babelio pour cet envoi !

Ma note

Note : 1.5 sur 5.

Citation

« Quand leurs enfants en partirent, Hassan leur prescrivit de ne pas oublier leurs origines mais, avec le temps et la façon de leur père de si bien composer avec le Village, ils ne surent pas s’il parlait de l’Algérie ou du Lotissement »

L’amour – François Bégaudeau (2023)

Et si nous parlions d’un amour sans passion ?

Sans artifice ni envolé lyrique, François Bégaudeau décrit un amour construit autour des gestes simples du quotidien.

Les Moreau vont partager leur vie pendant cinquante ans. Ce couple modeste se rencontre au début des années 70 sans éprouver un grand émoi amoureux. Jeanne est réceptionniste dans un hôtel et Jacques travaille comme maçon à côté de l’établissement hôtelier. Ils échangent quelques mots anodins et décident de se retrouver pour une balade en forêt. Ils n’ont été traversés par aucun coup de foudre.

Pourtant, au fil du temps, ils apprennent à se connaître et vont partager une vie côté à côté. Une vie simple se dessine avec un mariage, une maison avec jardin, un enfant. Sans cri ni larme, les Moreau partage la douce harmonie des petits instants du quotidien. L’amour peut-il donc éclore loin de la passion ?

Si j’ai aimé entrevoir cet amour dans les gestes du quotidien, j’ai malheureusement trouvé ce roman assez plat. Le travail autour de la psychologie des personnages a manqué pour moi de profondeur et ne me laissera pas une trace indélébile.

Ma note

Note : 1.5 sur 5.

Citation

« L’amour prend patience, l’amour rend service, l’amour ne jalouse pas. Il ne s’emporte pas. Il n’entretient pas de rancune. Il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai. Il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout, l’amour ne passera jamais ».

D’autres vies que la mienne – Emmanuel Carrère (2009)

Et si nous parlions d’un roman émouvant ?

A travers ce roman choral, Emmanuel Carrère évoque notre rapport au deuil. Les destins croisés de deux Juliettes vont se faire écho durant tout le récit.

La première Juliette n’est qu’une enfant quand le 24 décembre 2004, un terrible tsunami touche le Sri Lanka. Emmanuel Carrère avec sa femme et ses enfants passent des vacances sur place et vont assister, impuissants, aux désarrois des victimes.

A leur retour en France, la femme d’Emmanuel Carrère apprend que sa soeur, Juliette, est atteinte d’un cancer. L’écrivain devient le témoin de ses destins tragiques. Il va, à travers le portrait de plusieurs personnages, retracer le lent processus de deuil.

Le ton est particulièrement émouvant et nous permet de retranscrire avec beaucoup de finesse notre rapport à la perte. La diversité des sujets abordés entre le tsunami, la maladie, le surendettement aurait pu conduire à des romans complètement indépendants. Même si l’omniprésence d’Emmanuel Carrère durant tout le récit m’a parfois dérangée, ces témoignages bouleversants émeuvent jusqu’aux larmes.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Pour le moment il était là, il tenait dans ses bras sa femme en train de mourir et, quel que soit le temps qu’elle y mettrait, on pouvait être sûr qu’il la tiendrait jusqu’au bout, que Juliette dans ses bras mourrait en sécurité. Rien ne me paraissait plus précieux que cette sécurité-là, cette certitude de pouvoir se reposer jusqu’au dernier instant dans les bras de quelqu’un qui vous aime entièrement ».

« La pire des souffrances, c’est celle qu’on ne peut pas partager »

Connemara – Nicolas Mathieu (2022)

Et si nous pouvions corriger le passé ?

Dans ce récit immersif, Nicolas Mathieu dévoile l’union de deux destins opposés.

A quarante ans, Hélène a depuis longtemps quitter sa ville natale. Elle a construit sa vie et sa carrière, loin de la modeste ville de son enfance. Elle évolue avec son époux et ses deux filles dans le confort d’une vie bourgeoise. Si toutes ses ambitions semblent avoir été accomplies, ses aspirations ont pourtant un arrière goût de désillusion.

Par hasard, elle croise à nouveau le regard de Christophe, l’ancien joueur de hockey adulé par toutes les jeunes filles du lycée. Cet amour inachevé va la heurter de plein fouet et faire ressurgir ses fantasmes d’adolescente. Christophe n’a pas quitté la ville et ses rêves de jeunesse. Ces vies si diamétralement opposées vont-elles pouvoir se réunir ?

Avec des personnages incarnés, Nicolas Mathieu mêle avec brio nostalgie du passé, rêves déchus et ambitions avortées. Grâce à son sens de l’observation redoutable et ce ton toujours aussi acerbe, Nicolas Mathieu dans ce roman politique et social confirme son indéniable talent.

Ma note

Note : 4.5 sur 5.

Citations

« Il fallait vivre pourtant et espérer, malgré le compte à rebours et les premiers cheveux blancs. Des jours meilleurs viendraient. On le lui avait promis. »

« Enfin la voix de Sardou, et ces paroles qui faisaient semblant de parler d’ailleurs, mais ici, chacun savait à quoi s’en tenir. Parce que la terre, les lacs, les rivières, ça n’était que des images, du folklore. Cette chanson n’avait rien à voir avec l’Irlande. Elle parlait d’autre chose, d’une épopée moyenne, la leur, et qui ne s’était pas produite dans la lande ou ce genre de conneries, mais là, dans les campagnes et les pavillons, à petits pas, dans la peine des jours invariables, à l’usine puis au bureau, désormais dans les entrepôts et les chaînes logistiques, les hôpitaux et à torcher le cul des vieux, cette vie avec ses équilibres désespérants, des lundis à n’en plus finir et quelquefois la plage, baisser la tête et une augmentation quand ça voulait, quarante ans de boulot et plus, pour finir à biner son minuscule bout de jardin, regarder un cerisier en fleur au printemps, se savoir chez soi, et puis la grande qui passait le dimanche en Megane, le siège bébé à l’arrière, un enfant qui rassure tout le monde : finalement, ça valait le coup. Tout ça, on le savait d’instinct, aux premières notes, parce qu’on l’avait entendue mille fois cette chanson, au transistor, dans sa voiture, à la télé, grandiloquente et manifeste, qui vous prenait aux tripes et rendait fier ».

La vie clandestine – Monica Sabolo (2022)

Et si nous parvenions à percer les mystères autour d’Action Directe ?

En retraçant le parcours d’un groupe terroriste d’extrême gauche, Action Directe, c’est son propre passé que Monica Sabolo remet en perspective. Elle va essayer de percer les secrets autour d’un groupe politique, engagé et violent pour mieux comprendre les zones d’ombres de sa propre famille et notamment les activités occultes de son père.

Monica Sabolo concentre son enquête sur l’assassinat en 1986 de Georges Besse, PDG de Renault. Elle va notamment essayer de dresser le portrait de deux femmes, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron, condamnées à la réclusion criminelle à perpétuité pour ce meurtre. Comment ces deux femmes sont-elles devenues des meurtrières ?

Je me suis un peu perdue dans ce récit qui retrace à la fois les actions d’un groupe extrémiste mais aussi le passé sombre de la narratrice. J’aurai préféré une véritable immersion dans le mouvement d’Action Directe afin de mieux comprendre leur mécanisme. Finalement ce sujet est uniquement un prétexte pour Monica Sabolo pour se réveler à elle-même et évoquer un passé traumatique. Ce mélange ne m’a malheureusement pas convaincu.

Ma note

Note : 2 sur 5.

Citations

« Nous nous racontons une histoire, puis nous la réécrivons, au fil du temps. Ce spectre fantasque s’appelle la mémoire. Le souvenir est un organisme vivant, un corps autonome, qui s’auto-génère. Personne ne ment, le spectre a juste pris la main ».

« On ne peut pas tout expliquer, non, mais face au désespoir, demeure la possibilité d’une échappée, une vie clandestine, née d’un court-circuit ».

La grande ourse – Maylis Adhémar (2023)

Et si nous évoquions un roman sauvage ?

Imprégnée par ses Pyrénées natales, Zita a grandi auprès d’une famille d’éleveurs. Depuis son enfance, elle s’est acclimatée à une vie de bergère et a toujours été bercée par les contes fantastiques de son aïeule où se mélangent l’homme et l’animal.

Après avoir parcouru le monde, Zita rentre auprès des siens. Elle retrouve la proximité rassurante de sa famille et une vie simple au coeur des montagnes. Elle fait alors la rencontre de Pierrick, un citadin doux père d’une petite fille. Si tout semble les opposer et que l’ex-femme de Pierrick reste omniprésente dans sa vie, l’attraction est immédiate.

Les tensions de la région vont aussi avoir un impact sur le jeune couple. Les divergences s’accentuent entre les fervents défenseurs de la réintégration des ours dans les Pyrénées et les éleveurs qui craignent pour leur bétail. Malgré le calme paisible de la montagne, la menace des grands ours rode toujours. Quand les proches de Pierrick défendent la cause des espèces sauvages, Zita est tiraillée. Ces deux mondes vont-ils mettre en péril leur couple ?

Au-delà de l’analyse d’un triangle amoureux, Maylis Adhémar évoque le milieu rural et la cause des éleveurs. J’ai aimé cette imbrication entre la sphère intime de la vie de Zita et les problématiques plus vastes autour de la cause animale.

Si j’ai trouvé parfois les personnages légèrement stéréotypés, j’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de Zita. Je vous invite à découvrir cette nouvelle héroïne sauvage, transcendée par sa passion pour la nature.

Merci aux éditions Folio pour cet envoi dans le cadre du club des lecteurs.

Ma note

Note : 3 sur 5.

Citations

« Il ne savait rien d’elle, si ce n’est qu’elle venait d’entrer ici et dans son existence ».

« L’ours, cette boule de poil sauvage, cet animal ayant vécu depuis des millénaires dans les Pyrénées, cette espèce protégée, comment pouvait-on ne pas soutenir sa réintroduction dans la montagne ? Comment pouvait-on ne pas se réjouir de voir le sauvage gagner un petit peu de terrain dans ce monde en ébullition où la nature était mise à rude épreuve? Comment, elle, Zita, fille de la forêt et des estives, amoureuse des contes bestiaux de Petite Mère, pouvait-elle ne pas accepter l’ours, roi des animaux d’antan ? « 

Madame Hayat – Ahmet Altan (2021)

Et nous vivions avec un étudiant partagé entre deux femmes ?

Issu d’un milieu bourgeois, Fazil a dû s’acclimater à des conditions de vie beaucoup plus modestes suite au décès de son père. Devenu boursier, il doit pour poursuivre ses études de lettres vivre dans une pension. Il évolue dans une ville de plus en plus menaçante, les tensions montent et les espaces de liberté se restreignent.

Dans cette atmosphère asphyxiante, Fazil devient figurant dans une émission de télévision pour gagner un peu d’argent. Lors du tournage, il fait la rencontre de Madame Hayat. Beaucoup plus vieille que lui, sa présence et son charisme le fascinent instantanément. Il est comme emporté par un désir incommensurable. Parallèlement, il fait la connaissance de la jeune et jolie Sila, tout en grâce, elle partage avec lui son amour pour la littérature. Fazil arrive-t-il à choisir entre ces deux femmes à l’opposé l’une de l’autre ?

Un récit qui nous emporte vers l’époustouflante Madame Hayat dans une ambiance sombre et poétique. Au-delà de ce portrait fascinant, Ahmet Altan a écrit ce récit lors de sa détention et livre un portrait bouleversant de la Turquie. Je ne peux que vous recommander cette ode à la liberté emprunte de sensualité.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citations :

« La vie ne sert à rien d’autre qu’à être vécue. La stupidité, c’est d’économiser sur l’existence, en repoussant les plaisirs au lendemain, comme les avares. Car la vie ne s’économise… Si tu ne la dépenses pas, elle le fera d’elle-même, et elle s’épuisera ».

« J’ignorais alors qu’entrer dans la vie de quelqu’un, c’était pénétrer dans un labyrinthe souterrain, un lieu hanté de magie dont on ne pouvait sortir identique à la personne qu’on était avant de s’y engouffrer. Je croyais encore en la possibilité de traverser l’existence comme un personnage de roman, envoûté peut-être, mais certain de pouvoir sortir du cercle de mes émotions dès que l’envie m’en prendrait »

« La littérature est un télescope braqué sur les immensités de l’âme humaine ».

« Madame Hayat était libre. Sans compromis ni révolte. Libre seulement par désintérêt, par quiétude, et à chacun de nos frôlements, sa liberté devenait la mienne »

Love me tender – Constance Debré (2021)

Et si nous parlions d’un livre coup de poing ?

Dans ce court récit largement autobiographique, Constance Debré dresse le parcours d’une mutation.

Avocate et mère de famille, Constance Debré a décidé de changer de voie et de se connecter à sa véritable identité. Elle devient écrivaine et se libère de ses attaches. Constance se connecte à sa sexualité et multiplie les conquêtes féminines. Assumer ses choix va provoquer de nouveaux sacrifices. Face à l’homosexualité de son ex-femme le père de son fils décide d’entamer une procédure pour lui enlever la garde de son enfant. Entre les combats d’une mère et sa quête de liberté, Constance Debré parviendra-t-elle à trouver l’apaisement ?

Ce texte sans concession, loin des stéréotypes, donne à réfléchir sur notre rapport à la liberté, nos besoins de dépossession et porte un nouveau regard sur la maternité. Porté par une écriture âpre presque viscérale, ce récit poignant est une véritable claque littéraire.

Ma note

Note : 4 sur 5.

Citations

« Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre . Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes de l’amour, de l’amour prétendu, de toutes les formes d’amour, même de celui- là, pourquoi il faudrait absolument qu’on s’aime »

« En vrai un juge dit à un petit garçon qui sera un homme mon fils que sa mère est coupable parce que son père tout-puissant le décide. Qu’elle n’est pas vraiment une mère puisqu’elle n’est pas vraiment une femme puisqu’elle n’aime pas vraiment les hommes. Que l’endroit est toujours du côté du plus fort et que la liberté n’est qu’une farce »

Veiller sur elle – Jean-Baptiste Andrea (2023)

Et si nous nous délections d’un livre romanesque par excellence ?

Dans ce magnifique roman, Jean-Baptiste Andrea nous dévoile la destinée d’un sculpteur italien. De Rome, à Florence en passant par la Toscane, Mimo va connaître un parcours hors du commun et surtout une relation fusionnelle avec Viola.

Fille d’une des familles les plus riches de cette région italienne, elle est curieuse, érudite, émancipée et entraîne le jeune Mimo dans une trajectoire effervescente. Derrière le portrait de ce sculpteur, c’est une femme exceptionnelle dont Jean-Baptiste Andrea sculpte les traits au fur et à mesure de son oeuvre. Les destinées de Mimo et Viola seront-elles à jamais reliées ?

Dans un contexte italien aux dimensions historiques fortes, nous découvrons une oeuvre habitée par des personnages fascinants aux connexions puissantes. Une prouesse romanesque que je vous recommande chaudement, j’ai été complètement ensorcelée par cette merveille.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

« Elle me sourit, un sourire qui dura trente ans, au coin duquel je me suspendis pour franchir bien des gouffres »

« Il est des absences dont on ne se remet pas ».

Baumgartner – Paul Auster (2024)

Et si nous apprenions à survivre à la perte ?

Professeur de philosophie Sy Baumgartner a perdu sa femme Anna, il y a neuf ans. La présence de l’être aimée plane toujours dans leur appartement. S’il a perdu sa moitié, il continue à avancer imperceptiblement et ne cesse de la faire revivre.

Désormais âgé de soixante-dix ans, il plonge dans ses souvenirs et sa solitude pour révéler l’immense coup de foudre qu’il a éprouvé pour Anna. Traductrice, poétesse, il l’a profondément admirée et a partagé avec elle un mariage heureux. Il revient sur cet amour qui a marqué son existence. Parviendra-t-il à survivre à cette perte ?

D’une grande sensibilité, ce portrait de Sy Baumgartner fait écho à la vie de l’auteur et nous renvoie à nos propres rapports au deuil et à la vieillesse. Dernière oeuvre lumineuse de Paul Auster, ce récit tendre et mélancolique sur notre rapport à la mémoire résonne aujourd’hui encore davantage.

Ma note

Note : 5 sur 5.

Citations

« Comment cela se produit, elle n’en a pas la moindre idée, pas plus qu’elle ne comprend comment elle peut lui parler en ce moment, mais la seule chose qu’elle sait, c’est que vivants et morts sont reliés, et qu’une relation profonde comme la leur peut se poursuivre même dans la mort, car si l’un meurt avant l’autre, le survivant peut garder l’autre en vie dans une sorte de limbe temporaire entre la vie et la non-vie, mais quand le vivant meurt aussi c’est la fin, et la conscience du mort s’éteint à jamais ».

« Une personne n’a pas de vie sans relation à d’autres, et si on a la chance d’avoir une relation profonde avec une autre personne, si profonde que l’autre est aussi important à tes yeux que tu ne l’es à toi-même, alors la vie devient plus que possible, elle devient bonne ».