Vingt-quatre heures d’une femme sensible – Constance de Salm (1824)

Et si nous choisissions un roman épistolaire ?

Dans ce roman superbement écrit, Constance de Salm interroge les affres de la passion et de la jalousie.

Une femme sensible et passionnée vit une relation intense et cachée avec un homme. Leur union est contraire à la volonté de l’oncle de ce jeune homme, le Prince de R*** qui s’est épris de la même femme. Lors d’une soirée, cette femme voit son amant s’échapper en charmante compagnie. Ce départ précipité en calèche auprès de Madame de B. fait naître les pires incertitudes.

Durant toute une nuit d’insomnie et une journée d’attente, cette femme est rongée par la jalousie et décide d’écrire à cet homme quarante-quatre lettres où elle partage ses émotions. Face à l’image obsédante de Madame de B., elle doute de leur amour. Cet égarement amoureux est retranscrit à la perfection et nous suivons les sentiments exacerbés de cette femme.

Un récit fiévreux qui nous enivre par son ton lyrique et la description des sentiments féminins. Je ne peux que vous recommander de découvrir une Constance de Salm malheureusement encore trop méconnue !

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Avant que je te connusse, ma vie coulait comme un ruisseau toujours tranquille ; les arts, l’amitié embellissaient mes instants. Je jouissais des plaisirs de la société, du travail, de l’ivresse attachée à ses succès, des brillants avantages dont le sort a embelli mon existence ; je t’ai vu, et tout a disparu ; je t’ai vu, et ton image seule est restée là, devant mes yeux. »

« Ces caractères que je trace et que vous lirez me semblent un lien de votre âme à la mienne, et cette idée absorbe toutes les autres ».

« Et cette longue nuit qui nous séparait encore était pour moi une éternité de douleurs. Mais les premiers rayons du jour m’ont rendu quelque calme : il me semblait qu’ils éclairaient aussi mon âme ».

Passion simple – Annie Ernaux (1991)

Et si nous évoquions le feu brûlant d’une passion amoureuse ?

Avec ses mots éminemment personnels, Annie Ernaux raconte une fulgurante et obsessionnelle passion amoureuse.

Lorsqu’elle rencontre un homme marié, la vie d’Annie Ernaux bascule : « Je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi ». L’omniprésence de la passion vient bouleverser toute sa vie de professeur et mère de famille. Elle raconte comment l’attente rythme chacune de ses journées. Si les rencontres avec cet homme sont fugaces, son obsession fanatique ravage toutes ses pensées.

Roland Barthès disait : « Suis-je amoureux ? – Oui, puisque j’attends, l’identité fatale de l’amoureux n’est rien d’autre que : je suis celui qui attend. » Au delà de l’autre, c’est le désir et cet état qui pousse Annie Ernaux a perpétué une histoire d’amour aussi passionnelle que vaine.

Avec une grande justesse, elle parvient à mettre des mots sur une expérience intime qui ne peut que faire écho à notre propre rapport avec la passion.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« J’ai découvert de quoi on peut être capable, autant dire de tout. Désirs sublimes ou mortels, absences de dignité, croyances et conduites que je trouvais insensées chez les autres tant que je n’y avais pas moi-même recours. À son insu, il m’a reliée davantage au monde ».

« J’avais le privilège de vivre depuis le début, constamment, en toute conscience, ce qu’on finit toujours par découvrir dans la stupeur et le désarroi : l’homme qu’on aime est un étranger »

Ma cousine Rachel – Daphné du Maurier (1951)

Et si nous plongions dans une atmosphère mystérieuse ?

Depuis son enfance, Philip nourrit un lien fort et paternel avec son cousin Ambroise Ashley. Véritable père de substitution, il l’a recueilli au décès de ses parents. D’une santé fragile, Ambroise part en Italie afin de s’éloigner du temps aride et hivernal de l’Angleterre. Lors de son séjour à Florence, il rencontre une comtesse italienne, Rachel.

Durant son voyage, Ambroise écrit régulièrement à Philip et lui apprend son mariage soudain et imminent avec Rachel. Quand Philip reçoit de nouvelles lettres alarmantes où Ambroise soupçonne sa femme des pires manoeuvres, Philip décide sur le champ de partir pour l’Italie. Ce séjour va confirmer ses pires craintes. Philip parviendra-t-il à lever le voile sur les mystères qui entourent la femme d’Ambroise ?

Avec délice, j’ai aimé me plonger dans l’univers de ses personnages tiraillés par les pires soupçons et tous envoûtés par la machiavélique et séductrice Rachel. Un roman qui nous fait délicieusement naviguer à travers le tumulte de nos sentiments et de nos projections vis à vis de la captivante Rachel.

Si vous avez aimé « Rebecca », je ne peux que vous conseiller de découvrir « Rachel »

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« J’essayais de trouver encore quelque chose à donner. Elle avait le domaine, l’argent, les bijoux. Elle avait ma pensée, mon corps, mon coeur. Il ne restait que mon nom et elle le portait déjà. Il n’y avait plus rien. Plus rien que la peur ».

« Elle était jeune, elle n’avait guère plus de dix-neuf ans, mais l’expression de son visage était sans âge et saisissante comme si son corps léger eût enfermé une âme ancienne qui ne pouvait pas mourir ; des siècles regardaient à travers ses yeux et l’ont eût dit qu’elle contemplait depuis si longtemps l’existence qu’elle y était devenue indifférente »

Mémoires d’Hadrien – Marguerite Yourcenar (1951)

Et si nous parlions d’une oeuvre exigeante ?

Dans cette biographie romancée, Marguerite Yourcenar retrace la vie d’un grand empereur romain : Hadrien.

Dans une longue lettre à destination de Marc Aurèle qu’il plébiscite comme successeur, l’empereur Hadrien révèle ses doutes et les secrets de son règne. Malade, il sent le poids des âges et perçoit le spectre de la mort.

Hadrien relate ses voyages et son expérience de la guerre. Il dévoile aussi sa lente et combative ascension vers le pouvoir et révèle un positionnement humaniste. Influencé et fasciné par la Grèce, il devient un personnage tout puissant de l’empire Romain. Derrière ce demi-dieu se cache un homme touché par une passion tragique pour le jeune Antinoüs.

Ce roman historique nous propose de nous replonger des siècles en arrière au coeur de l’empire Romain. Ce récit n’est qu’un prétexte pour dévoiler les propres réflexions philosophiques de Marguerite Yourcenar. Elle partage sa conception du temps, des mécanismes qui façonnent le pouvoir, de son rapport à la vieillesse et à la maladie. Une oeuvre complexe d’une grande sagesse portée par une plume ciselée. Si cet écrit m’a paru parfois nébuleux, je ne peux que saluer l’érudition et le travail de Marguerite Yourcenar.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Notre grande erreur est d’essayer d’obtenir de chacun en particulier des vertus qu’il n’a pas et de négliger de cultiver celles qu’il possède »

« Les poètes nous transportent dans un monde plus vaste ou plus beau, plus ardent ou plus doux que celui qui nous est donné, différent par là même, et en pratique presque inhabitable »

« Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la première fois un coup d’œil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres »

Orgueil et préjugés – Jane Austen (1813)


Et si nous parlions d‘un monument de la littérature anglaise ?

Dans « Orgueil et préjugés » , Jane Austen dresse le portrait d’Elizabeth, une jeune anglaise vive, indépendante et spirituelle.

Madame Bennet, la mère d’Elizabeth n’a qu’un seul but marier ses cinq filles avec les meilleurs partis de la région. Elle recherche assidûment des prétendants issus de familles aisées pour assurer un avenir à ses filles.

Lorsqu’un gentleman, Monsieur Bingley s’installe à proximité de leur domaine, une véritable effervescence transporte toute la famille Bennet.

Si l’attirance entre Monsieur Bingley et Jane l’ainée des soeurs semble évidente, les rapports entre Elizabeth et Monsieur Darcy l’ami intime de Monsieur Bingley sont emprunts de froideur. La posture abrupte et méprisante de Monsieur Darcy jette une certaine animosité sur leurs relations.

L’arrivée d’un jeune militaire charismatique, Wickham, suscite aussi beaucoup d’émois auprès des jeunes filles Bennet.

Ces trois apparitions masculines successives laissent entrevoir la promesse de mariages réussis. Pourtant quand Monsieur Bingley retourne vivre à Londres, l’incertitude plane sur l’avenir de ses intrigues sentimentales.

Œuvre mythique de la littérature anglaise, Jane Austen parvient à traverser le temps et nous emporter gracieusement aux côtés des soeurs Bennet. Elle réussit à maintenir le lecteur dans l’effervescence de relations amoureuses tout en dressant un portrait caustique de la société anglaise. Une vraie réussite que je ne peux que vous recommander.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Je lui aurais volontiers pardonné son orgueil s’il n’avait tant mortifié le mien »

« Vous êtes trop généreuse pour vous jouer de moi ; si vos sentiments sont encore ce qu’ils étaient au mois d’avril dernier, dites-le-moi franchement ; mes désirs, mes affections n’ont point changé, mais un mot de vous les forcera pour jamais au silence »

« La vanité et l’orgueil sont deux choses bien distinctes, bien que les mots soient souvent utilisés l’un pour l’autre. On peut être orgueilleux sans être vain. L’orgueil a trait davantage à l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes, la vanité à ce que nous voudrions que les autres pussent penser de nous »

La fin de l’amour – Eva Illouz (2020)

Et si nous interrogions les rapports amoureux ?

Cet essai propose une réflexion sur le « désamour » sous le poids d’une société néolibérale en pleine mutation.

Eva Illouz évoque comment la prépondérance des libertés individuelles a modifié les relations amoureuses. Elle estime que le capitalisme s’est approprié la liberté sexuelle créant ainsi une plus grande instabilité dans les relations amoureuses. Pour appuyer son propos, elle se fonde sur des témoignages et d’autres références sociologiques, littéraires, psychanalytiques ou philosophiques.

Dans « la fin de l’amour » Eva Illouz analyse les séparations, la multiplication des relations ou le désengagement pour construire une sociologie « des relations négatives » basée sur l‘incertitude. Elle explique aussi comment l’essor des applications de rencontres révèle la mutation des relations sentimentales et sexuelles.

Les passages théoriques au début de l’essai sont particulièrement ardus et ils ont manqué pour ma part de clarté. Les témoignages permettent ensuite de fluidifier la lecture. Si cet essai marque un désenchantement dans notre vision de l’amour, il pose des problématiques contemporaines intéressantes !

Ma note :

Note : 2 sur 5.

Citations :

« La liberté sexuelle est-elle devenue la philosophie néolibérale de la sphère privée ? »

« Mon intention a plutôt été de décrire les différentes façons par lesquelles l’appropriation du corps sexuel par le capitalisme scopique transforme le moi, le sentiment de sa valeur et les principes régissant les relations »

Divorce à Buda – Sándor Márai (1935)

Et si nous assistions à un duel ?

Maître du huis clos, Sándor Márai nous propose une rencontre nocturne entre deux hommes. Le premier Kristof Kömives est juge, il évolue dans une vie millimétrée et étriquée. L’autre, Imre Greiner est médecin et il semble bien plus fantasque.

Kristof Kömives est installé avec sa famille à Buda. Il a pour habitude de respecter les règles en essayant d’inculquer à ses enfants des valeurs où émanent une grande rigidité. Lorsqu’il doit instruire une demande en divorce où le nom du médecin apparaît, il voit ressurgir brusquement des souvenirs enfouis de leur jeunesse commune. Il a notamment connu sa femme, une certaine Anna Fazekas. Si l’image de la jeune femme s’est effacée avec le temps, elle ne demande qu’à ressurgir.

Cette affaire de divorce qui le confronte à son passé va ébranler son implacable sévérité. Quand en pleine nuit, Imre Greiner réapparait dans sa vie et lui révèle de terribles secrets, le juge vacille complètement.

Un récit fort qui questionne l’ambivalence du sentiment amoureux et révèle toute la nostalgie des amours enfouis. J’ai trouvé que l’intrigue met du temps à se mettre en place. Malgré ce bémol, je reste toujours admirative de la plume de Sándor Márai qui parvient à construire une atmosphère mystérieuse et unique autour de ses personnages.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Aimer, c’est peut-être vivre au même rythme. Un hasard extraordinaire, comme la rencontre, dans l’univers, de deux planètes composées de la même matière, évoluant sur la même orbite, possédant la même atmosphère. Un hasard sur lequel on ne peut pas compter. Peut-être n’existe-t-il même pas… Ai-je jamais vu quelque chose de semblable ? Oui, peut-être… très rarement… et je n’en suis pas sûr. Vivre, aimer au même rythme, aimer les mêmes plats, la même musique, marcher d’un même pas dans la rue, se chercher au même rythme dans un lit… oui, c’est cela… peut-être… Comme cela doit être rare ! Un vrai phénomène… Il y a, je crois, quelque chose de mystique dans de telles rencontres »

« Mais qu’est-ce que ça veut dire au juste : « aimer quelqu’un » ? J’ai cru longtemps que c’était connaitre l’autre « pleinement », connaitre chacun des réflexes de son corps, toutes les vibrations de son âme… voilà, connaitre, c’est peut-être aimer ».

Le démon du bien – Henry de Montherlant (1937)

Et si nous poursuivions la lecture du cycle des « Jeunes filles » ?

Dans ce troisième volume, Henry de Montherlant poursuit son analyse des rapports amoureux, il se concentre cette fois sur le spectre du mariage.

Nous retrouvons Pierre Costals, écrivain érudit et odieux. Le cynique Costals prolonge sa relation avec Solange. Quand le mot mariage est prononcé entre eux, il perçoit cette alliance sous la forme de chaînes indissolubles. Si Solange commence à rêver d’une union officialisant leur liaison, la crainte de Costals est de plus en plus palpable.

Pourtant son attachement pour Solange le pousse à envisager ce mariage. Il débute une véritable négociation avec la mère de Solange sur les conditions de cette officialisation. Pierre Costals va torturer les deux femmes avec ses tergiversations. Jusqu’où ces hésitations maritales vont-elles conduire l’écrivain ?

Sous la plume d’Henry de Montherlant, Pierre Costals reste toujours aussi abjecte. Il suscite une profonde antipathie et pourtant il parvient toujours à nous décontenancer. Je ne peux que vous inviter à vous faire votre propos avis sur ce cycle.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Épouser un individu, passe encore. Mais il faut épouser un troupeau d’inconnus, l’obscène tribu des pères et mères, frères et sœurs, oncles et tantes et cousins, qui ont des droits sur vous eux aussi, ne serait-ce, en mettant les choses au mieux, que celui de vous faire perdre votre temps »

« On prétend que les querelles entre amants ressoudent l’amour. En réalité, elles créent des fêlures que rien ne ressoude. Quand on cherche dans son passé, on trouve que les êtres qu’on a profondément aimés, ce sont ceux avec qui l’on n’a jamais eu un accrochage. Et il y en a : ce miracle existe »

L’Amant de lady Chatterley – D. H. Lawrence (1928)

Et si nous parlions d’un classique sulfureux ?

Censuré en Angleterre à sa parution, ce roman mêlant érotisme et fresque sociale avait fait scandale.

Quand Constance épouse Sir Clifford Chatterley, héritier d’une famille aristocratique, elle espère dans ce mariage trouver l’harmonie conjugale.

Peu de temps après leur union, Clifford revient des tranchées émasculé et paralysé. Il trouve refuge dans son domaine de Wragby. Constance reste à ses côtés et devient rapidement pour lui une infirmière dévouée mettant de côté ses désirs. Ecrivain érudit, Clifford partage avec Constance de longues conversations intellectuelles. Cette vie recluse loin des plaisirs charnelles, laisse un sentiment d’insatisfaction et de frustration chez la belle et voluptueuse Constance.

Malgré les visites d’aristocrates venus de tout horizon, Constance s’ennuie au côté de Clifford et ne parvient pas à trouver un sens à sa vie. Lorsqu’elle rencontre le garde-chasse du domaine, Olivier Mellors issu de la classe ouvrière, l’attraction est immédiate. Avec cette rencontre, Constance connaîtra un véritable éveil sensuel et amoureux.

Au-delà d’un roman indécent, cette oeuvre dresse aussi le portrait d’une Angleterre fracturée par la lutte des classes. Sous cette liaison sensuelle se cache la collusion entre deux mondes l’un aristocratique l’autre issu de la classe ouvrière. Si j’ai trouvé quelques longueurs durant ma lecture, je ne peux que saluer ce roman transgressif qui a su provoquer une émancipation sexuelle et sociale.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Ce fut une étonnante nuit de passion sensuelle ; elle fut un peu effrayée et entraînée presque malgré elle, et pourtant transpercée encore de perçants frissons de sensualité, différents, plus aigus, plus terribles que les frissons de tendresse, mais, au moment même, plus désirables. Quoiqu’un peu effrayée, elle ne s’opposa à rien, et une sensualité sans frein et sans honte la secoua jusqu’au fond d’elle-même, la dépouilla de ses derniers voiles, en fit une femme nouvelle »

« La vie était toujours un rêve, ou une folie, enfermée dans un endroit clos »

Brothers – Yu Hua (2005)

Et si nous parlions d’une fresque éblouissante de la littérature chinoise ?

Dans ce roman dense, nous suivons avec émotion et promiscuité le destin de deux demi-frères dans une Chine en pleine mutation. 

Li Guangtou et Song Gang sont liés l’un à l’autre depuis leur enfance. Le mariage de leurs parents a créé entre eux une véritable fratrie. Face aux tragédies familiales, ils sont restés unis. A l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong, leur père malgré son métier de professeur est rapidement perçu, en raison de sa famille, comme un propriétaire terrien. La nouvelle condition de leur père transforme le quotidien de cette famille modeste. 

Confrontés aux brimades et aux humiliations, leurs parents, modèles de courage et de droiture, gardent toute leur dignité et parviennent à guider leurs enfants.  

L’arrivée des deux frères dans l’âge adulte marque leurs premières divergences. Les bouleversements qui traversent le pays vont les conduire vers des chemins opposés. Parviendront-ils à rester unis ?  

Entre révolution culturelle et modernité, Yu Hua décrit avec intensité les changements profonds de la Chine durant ses quarante dernières années. A travers le regard de ses deux frères, les mutations de la Chine sont parfaitement retranscrites. Portée par un ton truculent mêlant humour et émotion, j’ai été emportée par cette fresque familiale qui offre un très beau panorama de la Chine. 

Ma note : 

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations : 

« Sois tranquille Maman : s’il ne me reste qu’un bol de riz, il sera pour Li Guantou, et s’il ne me reste qu’une chemise, elle sera pour lui aussi ».  

« ….les rires fusèrent: des gros rires, des rires discrets, des rires pointus, des rires perfides, des rires bêtes, des rires secs, des rires mouillés et des rires contraints. Quand la forêt est grande, on y trouve toutes sortes d’oiseaux: quand la foule est nombreuse, on y entend toutes sortes de rires ».