Graziella – Alphonse de Lamartine (1849)

Et si nous abordions un étincelant joyaux poétique ?

Avec Graziella, Alphonse de Lamartine choisit de mettre en lumière l’éclosion d’un sentiment amoureux dans un décor italien envoûtant.

Le narrateur, un jeune homme de vingt-ans est envoyé par sa famille en Italie. Ce voyage initiatique et culturel débute à Florence et se poursuit jusqu’à Naples. Accompagné de son ami et acolyte, Aymon de Virieu, le jeune homme rencontre un modeste pêcheur, Andrea, et son petit fils. Envoûtés par leur mode de vie au plus proche de la nature, ils décident d’embarquer avec eux et de s’imprégner du métier de pêcheur.

A la suite d’une terrible tempête, ils dérivent jusqu’à l’île de Procida et rencontrent pour la première fois, la bouleversante et majestueuse, Graziella. D’une beauté à la fois sauvage et pure, elle éveille chez le narrateur un profond attachement…

Dans ce court récit aux accents mélancoliques, Alphonse de Lamartine nous propose de contempler avec lui l’Italie. J’ai été ensorcelée par ce roman d’une grande poésie porté par une plume de toute beauté.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« La preuve que la liberté est l’idéal divin de l’homme, c’est qu’elle est le premier rêve de la jeunesse, et qu’elle ne s’évanouit dans notre âme que quand le coeur se flétrit et que l’esprit s’avilit ou se décourage ».

« C’était la côte dentelée et à pic de la charmante île d’Ischia, que je devais tant habiter et tant aimer plus tard. Elle m’apparaissait, pour la première fois, nageant dans la lumière, sortant de la mer, se perdant dans le bleu du ciel, et éclose comme d’un rêve de poète le léger sommeil d’une nuit d’été… »

« L’amour vrai est le fruit mûr de la vie. À dix-huit ans, on ne le connaît pas, on l’imagine. Dans la nature végétale, quand le fruit vient, les feuilles tombent ; il en est peut-être ainsi dans la nature humaine. Je l’ai souvent pensé depuis que j’ai compté des cheveux blanchissants sur ma tête. Je me suis reproché de n’avoir pas connu alors le prix de cette fleur d’amour. Je n’étais que vanité. La vanité est le plus sot et le plus cruel des vices, car elle fait rougir du bonheur ! »

Manette Salomon – Edmond et Jules de Goncourt (1867)

Et si nous parlions d’art avec les frères Goncourt ?

Dans cette fresque étincelante, Edmond et Jules de Goncourt proposent un panorama artistique et humain où l’amour se mêle aux inspirations créatrices.

Anatole intègre un atelier parisien dans l’espoir de devenir peintre. Il rencontre plusieurs camarades partageant les mêmes ambitions. Coriolis décide de partir pour l’Orient afin d’étendre sa palette de couleurs et Granotelle est reçu au prestigieux concours de la Villa de Médicis à Rome.

A la différence de ses amis, Anatole reste à Paris et connaît une vie d’artiste où se mêle de nombreuses rencontres et paradoxalement des instants de solitude. Enlisé par le manque d’argent, Anatole est dans une pauvreté telle que sa situation devient alarmante.

Par un heureux hasard, il croise la route de Coriolis de retour à Paris depuis quelques semaines. Ces retrouvailles amorcent une nouvelle période de sa vie. Il se lie étroitement à lui et emménage naturellement dans son atelier. Coriolis choisit pour modèle, la jeune et discrète Manette Salomon. Ce modèle à la beauté renversante va intégrer l’atelier et bouleverser leurs vies d’artistes.

Ce livre dense et fastidieux dresse avec une grande réussite le milieux artistique de l’époque et parvient à créer des personnages aux caractères étoffés.

Ce roman présente des connotations clairement misogynes et antisémites qu’il faut contextualiser mais qui restent bien difficiles à concevoir à la lumière de notre époque. Malgré tout, je ne peux que saluer la plume remarquable des Frères Goncourt et la description circonstanciée d’un milieu artistique.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Et comme si, à cet instant de séparation et de camaraderie brisée, il voulait ressaisir son coeur dans le passé, Coriolis se mit à raconter à Anatole ce qui lui était arrivé là-bas, aux colonies, avec des paroles qui s’arrêtaient et s’attardaient aux choses, des mots d’où semblait tomber le souvenir un moment suspendu »

« Il vécu ainsi un mois, s’escamotant les jours à lui-même, trompant la vie, le temps, ses misères, la faim, avec de la fumée de cigarette, des ébauches de rêves, des bribes de cauchemar, les étourdissements du besoin et les paresses avachissantes du lit ».

L’ordre du jour – Eric Vuillard (2017)

Et si nous marchions sur les traces de notre histoire ?

Dans un récit d’une grande finesse, Eric Vuillard porte un nouveau regard sur les évènements historiques qui ont ébranlé la Seconde Guerre mondiale.

Le 20 février 1933, autour d’une même table, 24 industriels et banquiers se font face. Ces hommes de l’ombre, prestigieux industriels, ont contribué à façonner le pouvoir d’Hitler.

Ces hommes représentent de grandes entreprises comme Siemens, Bayer, Krupp ou encore Opel. Encore aujourd’hui nous les connaissons tous, Eric Vuillard relate leur enrichissement sur l’horreur des camps de concentration.

Ce court récit retrace également une série de rencontres entre 1933 et 1938 qui ont fait basculer toute l’Europe. Eric Vuillard décrit avec une grande précision des étapes clés de l’invasion autrichienne et l’inaction des états européens. Avec des propos grinçants, il nous expose la manipulation politique d’un homme et l’impact considérable sur les grandes puissances comme la France ou l’Angleterre.

Un récit incisif et passionnant qui propose un nouvel éclairage sur l’histoire.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« C’est curieux comme jusqu’au bout les tyrans les plus convaincus respectent vaguement les formes, comme s’ils voulaient donner l’impression de ne pas brutaliser les procédures, tandis qu’ils roulent ouvertement par-dessus tous les usages. On dirait que la puissance ne leur suffit pas, et qu’ils prennent un plaisir supplémentaire à forcer leurs ennemis d’accomplir, une dernière fois, en leur faveur, les rituels du pouvoir qu’ils sont en train d’abattre »

« Un mot suffit parfois à congeler une phrase, à nous plonger dans je ne sais quelle rêverie ; le temps, lui, n’y est pas sensible. Il continue son pèlerinage, imperturbable au milieu du chaos ».

La princesse de Clèves – Claire Bouilhac – Catel Muller (2019)

Et si nous redécouvrions la princesse de Clèves ?

Adapté de l’incontournable roman de Madame de Lafayette, ce roman graphique nous propose un moment unique avec la princesse de Clèves.

Agée de 16 ans, pure et candide, Mademoiselle de Chartes est présentée à la cour d’Henri II, roi de France. Après des premiers pas timide dans l’entourage du roi, elle rencontre le prince de Clèves qui tombe immédiatement sous le charme de cette jeune fille innocente et gracieuse.

Destinée au prince, le mariage est rapidement décidé et imposé sous le regard bienveillant et encourageant de sa mère. Mademoiselle de Chartes devient la princesse de Clèves.

Lorsque la princesse croise le Duc de Nemours lors d’un bal et en tombe follement amoureuse, son mariage est bouleversée. Anéantie par cette passion dévorante, elle combat cet amour par devoir et fidélité envers son mari.

Un roman graphique qui retrace avec une grande exactitude l’œuvre de Madame de Lafayette mais également le contexte de son écriture. J’ai beaucoup apprécié ce nouveau regard porté sur un des classiques de la littérature. Si le graphisme manque de poésie à mon goût, j’ai beaucoup aimé cette adaptation qui nous replonge avec délice dans cette magnifique œuvre romantique mêlant devoir et passion.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

La poule et son cumin – Zineb Mekouar (2022)

Et si nous voyagions au Maroc ?

Avec ce premier roman, Zineb Mekouar nous transporte dans un Maroc moderne et contrasté.

Kenza et Fatiah ont été élevées ensemble. Elles sont comme deux soeurs issues de deux familles opposées. A la mort de ses parents, Kenza a été recueillie par ses grands-parents et a toujours connu une vie aisée. Fatiah est la fille de Milouda, la nourrice de Kenza. Toutes les deux solitaires, elles ont créé une relation forte et unique au-delà des différences de classes.

Après une jeunesse fusionelle, leur adolescence fait ressurgir toutes leurs différences. Kenza débute une relation amoureuse avec Karim, un jeune homme issu d’une famille privilégiée. Fatiah reste dans l’ombre et perçoit avec plus d’acuité le poids de sa différence. Quand Kenza part à Paris faire ses études et que Fatiah reste au Maroc, la scission entre les deux femmes devient intense. Le poids des non-dits et des trahisons fera-t-il imploser leur relation ?

A l’image du Maroc et de ses contrastes, cette dualité féminine va évoluer tout au long du roman. A travers le portrait de ces deux femmes, Zineb Mekouar pose un regard sans concession sur le Maroc et fait éclater la modernité ensevelie sous le poids des traditions. Avec une grande clairvoyance, Zineb Mekouar lève le voile sur la condition des femmes au Maroc.

Si je n’ai pas été totalement emportée par cette plume brute, j’ai trouvé ce récit percutant et ancré dans le réel.

Merci aux éditions J-C Lattès pour cet envoi et à Zineb Mekouar pour nos échanges !

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citation :

« Les deux enfants finissaient toujours par s’endormir main dans la main, l’une s’approchant trop près du rebord du matelas, l’autre le nez écrasé sur le pied du lit. Elles restaient ainsi une bonne partie de la nuit – les doigts entremêlés. »

L’auberge de la Jamaïque – Daphné du Maurier (1936)

Et si nous séjournions dans une auberge lugubre ?

Une dose de mystère, une pincée d’angoisse et des personnages fascinants composent avec harmonie ce grand roman de Daphné du Maurier.

A la mort de sa mère, Mary est envoyée chez sa tante dans la lande des Cornouailles. Ce paysage lugubre et sauvage de l’Angleterre mêle le froid, le vent et une mer déchainée. Sous la pluie dans une calèche, elle parvient frigorifiée jusqu’à l’auberge isolée de sa tante. Elle quitte pour la première fois les terres verdoyantes et rassurantes de son enfance.

Dès qu’elle franchit les portes de l’auberge, Mary fait la connaissance de son oncle, un homme violent et alcoolique. Terrorisée par cet homme hostile, Mary parvient à lui tenir tête. Malgré son caractère combatif, arrivera-t-elle à s’acclimater à sa nouvelle vie dans l’Auberge de la Jamaïque ?

Un récit mystérieux où l’ambiance brumeuse des landes se mêle avec des personnages charismatiques et inquiétants. J’ai frissonné tout au long de ma lecture et j’ai vécu à l’unisson avec Mary cette aventure fascinante.

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« Les falaises dressaient vers le ciel leurs sommets endormis et les reliefs de granit s’adoucissaient, ainsi baignés par la lumière. Elles étaient d’humeur paisible et les vieux dieux dormaient d’un sommeil calme ».

« Etre amoureux n’était qu’un joli mot pour excuser la chose. Jem Merlyn était un homme, elle était une femme; que ce fût ses mains, sa peau ou son sourire, quelque chose en elle répondait à cet homme ; le seul fait de penser à lui était irritant et stimulant à la fois et cela la tourmentait. Elle savait qu’il lui faudrait le revoir »

La place – Annie Ernaux (1983)

Et si nous parlions de transfuge ?

Avec ce récit, aux tonalités viscéralement autobiographiques, Annie Ernaux nous parle de son changement de classe sociale. Elle raconte avec des détails précis et ciselés son enfance à Yvetot en Normandie.

Dans ce court récit, elle évoque par bride sa famille et principalement son père. Modeste commerçant, il s’est extrait de sa condition ouvrière et a ouvert un café-épicerie à Yvetot. Il a vu sa fille réaliser de brillantes études et accéder à l’enseignement, une sphère qui lui paraissait inaccessible.

Froid et fragmentaire, ce livre est une mise à nu dénuée d’émotion. Annie Ernaux raconte avec une certaine hauteur et un ton qui peut se percevoir comme méprisant la classe dont elle est issue. Avec un style singulier, elle évoque un sentiment de honte vis-à-vis de son milieu lorsque, devenue écrivain et professeur, elle a trouvé sa place. Cette élévation sociale s’accompagne aussi d’un tout nouveau regard porté sur son père.

Malgré cette mise à distance et ce style factuel, Annie Ernaux arrive à faire surgir une émotion brute et terriblement intense. Avec ses mots d’une profonde pudeur, elle fait renaître toute une époque et fait revivre son père jusqu’à nous émouvoir aux larmes.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Peut-être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence : que j’appartienne au monde qui l’avait dédaigné »

« Je voudrais dire, écrire au sujet de mon père, sa vie, et cette distance venue à l’adolescence entre lui et moi. Une distance de classe, mais particulière, qui n’a pas de nom. Comme de l’amour séparé »

Regardez-nous danser – Leïla Slimani (2022)

Et si nous poursuivions une fresque familiale ?

Avec ce deuxième volume, Leïla Slimani nous propose de retrouver les personnages du « Pays des autres ». Nous n’avons pas oublié Mathilde, cette jeune française ayant quitté son Alsace natale par amour pour Amine.

Grâce à leur travail et leur ténacité, Amine et Mathilde ont créé une ferme prospère et florissante au Maroc. Au fil des années, ils ont façonné leur place au sein de la société en intégrant un milieu bourgeois élitiste.

Une dizaine d’années plus tard, leurs deux enfants ont grandi. Aïcha, s’est émancipée en partant faire ses études de médecine en Alsace. Resté au pays son frère Selim, s’il est performant en natation, semble se destiner à un avenir moins prometteur. L’amour va ébranler cette jeunesse et bouleverser leur avenir.

Leïla Slimani fait glisser son regard sur cette deuxième génération. Les enfants d’Amine et Mathilde ont pris leur envol et ont conquis leur liberté. Leïla Slimani ancre son récit intime sur des assises historiques puissantes entre le mouvement mai 68 ou la fragilité du pouvoir de Hassan II au Maroc.

Elle dresse le portrait d’une jeunesse en pleine mutation sexuelle et sociale et nous emporte vers des personnages féminins forts et incandescents ! Je reste profondément marquée par l’oeuvre de cette autrice incroyable.

Merci aux éditions Gallimard pour cet envoi et cette rencontre passionnante avec Leïla Slimani grâce à Babelio.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Non seulement il était amoureux d’elle, la femme qu’il connaissait, mais aussi de toutes celles qu’elle avait été et de toutes celles qu’elle deviendrait ».

« Tout aurait été tellement plus facile si les idéaux mouraient vraiment. Si le temps les faisait disparaître pour toujours et qu’ils ne trouvaient plus, en votre for intérieur, aucune attache. Mais les illusions restent là, tapies en vous, quelque part. Abîmées, flétries. Comme un remords ou une vieille blessure qui se réveille les soirs de mauvais temps »

Trois femmes puissantes – Marie Ndiaye (2009)

Et si nous parlions du récit de trois femmes ?

Marie NDiaye dresse le portrait de trois femmes confrontées au parcours d’exil, au désaveu d’un père ou à la place omniprésente d’un mari. Ces trois forces féminines feront face chacune à leurs propres maux.

Norah affronte son père après de nombreuses années. Dès son enfance, elle a été abandonnée et son père a disparu emportant avec lui son jeune frère, Sony. Asphyxiée par le poids de ce départ, elle porte sa réussite comme un talisman face à ce désamour. Des années plus tard, lors d’un séjour chez son père, elle doit lui faire face et découvre, sidérée, le sort réservé à son frère…

Fanta, professeur de littérature, n’exerce plus son métier depuis plusieurs années. Sa voix s’est éteinte sous la toute puissance de celle son mari. Dans cette nouvelle, nous écoutons uniquement la parole de Rudy, son conjoint. Celui-ci s’épanche sur sa vie et se confie au sujet de la violence pure qui ne cesse de jaillir en lui. Cette voix masculine nous permet-elle de mieux comprendre Fanta ?

Khady, vient de perdre son mari. Devenue veuve, elle est rejetée par sa belle famille et doit quitter le pays. Lors de ce parcours d’exil elle fait face à tous les obstacles et croise sur sa route Lamine. Pourra-t-elle se fier à cet homme qui lui tend la main ?

J’ai trouvé ces trois nouvelles inégales et j’ai eu une nette préférence pour la dernière. Malgré la maîtrise de Marie Ndiaye, je n’ai pas été emportée par l’intégralité de cette oeuvre. Malgré tout, j’ai été touchée par la force féminine qui émane du dernière texte.

Ma note :

Note : 2 sur 5.

Citation :

« Elle poussa doucement la porte et l’odeur tiède des cheveux d’enfant fit remonter d’un coup l’amour qui l’avait désertée. Puis cela reflua et s’en alla, elle se sentit de nouveau distraite, endurcie, inaccessible, comme occupée par quelque chose qui ne voulait laisser la place à rien d’autre, qui avait pris, tranquillement, sans justification, possession d’elle »

Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla – Jean-Christophe Rufin (2019)

Et si nous faisions la connaissance d’un couple fantasque ?

Cette oeuvre dresse le portrait de deux êtres hors du commun reliés par leurs séparations et retrouvailles éternelles.

Lors de son voyage en Ukraine en 1958, Edgar croise le regard de Ludmilla. Foudroyé par l’intensité de cette rencontre sans qu’un mot ne soit échangé, Edgar retourne en France avec une seule idée en tête : retrouver Ludmilla. Il organise un nouveau voyage afin de la conquérir en usant de son charme et de sa désinvolture.

S’il s’est érigé en sauveur, leur relation va évoluer. Sans se connaître ils débutent une vie commune fragile en France. Ludmilla ne parle pas un mot de français mais s’acclimate rapidement à cette nouvelle vie. Leur destinée atypique va les séparer et les réunir dans un ballet amoureux aussi sensuel que chaotique.

Avec une écriture fine et fluide, Jean-Christophe Rufin révèle cet amoureux tumultueux et nous emporte facilement auprès de ce couple flamboyant. Si je n’ai pas été totalement transportée, je garde un bon souvenir de ce couple étincelant.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Ce n’était pas un baiser fougueux, impudique, comme en échangent de jeunes épousés impatients de se découvrir. Ce n’était pas non plus le baiser convenu d’êtres calmés dans leurs ardeurs et détachés de la chair. C’était une longue étreinte, déchirante de tendresse et de douleur, le symbole pour tous ceux qui en étaient les témoins, de ce que la condition humaine recèle de plus tragique : l’amour à l’épreuve de l’ultime séparation. L’éternité du sentiment et la finitude des corps »

« Ils s’étreignirent, envahis l’un et l’autre par la sensation d’être à nouveau complet dans le monde »