D’autres vies que la mienne – Emmanuel Carrère (2009)

Et si nous parlions d’un roman émouvant ?

A travers ce roman choral, Emmanuel Carrère évoque notre rapport au deuil. Les destins croisés de deux Juliettes vont se faire écho durant tout le récit.

La première Juliette n’est qu’une enfant quand le 24 décembre 2004, un terrible tsunami touche le Sri Lanka. Emmanuel Carrère avec sa femme et ses enfants passent des vacances sur place et vont assister, impuissants, aux désarrois des victimes.

A leur retour en France, la femme d’Emmanuel Carrère apprend que sa soeur, Juliette, est atteinte d’un cancer. L’écrivain devient le témoin de ses destins tragiques. Il va, à travers le portrait de plusieurs personnages, retracer le lent processus de deuil.

Le ton est particulièrement émouvant et nous permet de retranscrire avec beaucoup de finesse notre rapport à la perte. La diversité des sujets abordés entre le tsunami, la maladie, le surendettement aurait pu conduire à des romans complètement indépendants. Même si l’omniprésence d’Emmanuel Carrère durant tout le récit m’a parfois dérangée, ces témoignages bouleversants émeuvent jusqu’aux larmes.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Pour le moment il était là, il tenait dans ses bras sa femme en train de mourir et, quel que soit le temps qu’elle y mettrait, on pouvait être sûr qu’il la tiendrait jusqu’au bout, que Juliette dans ses bras mourrait en sécurité. Rien ne me paraissait plus précieux que cette sécurité-là, cette certitude de pouvoir se reposer jusqu’au dernier instant dans les bras de quelqu’un qui vous aime entièrement ».

« La pire des souffrances, c’est celle qu’on ne peut pas partager »

Les Deux Soeurs – Stefan Zweig (1936)

Et si nous nous enivrions à nouveau de la plume de Stefan Zweig ?

Dans ce recueil, nous découvrons deux nouvelles méconnues et poétiques de Stefan Zweig. Ces récits intérieurs dévoilent les premiers émois fougueux d’un adolescent et mettent également en lumière la rivalité de deux soeurs jumelles.

Tout d’abord, « Une histoire au crépuscule » propose de décrire une passion amoureuse. Un jeune homme qui vient à peine de sortir de l’adolescence séjourne dans une belle demeure avec ses cousines et plusieurs femmes. Durant son séjour, il rencontre au crépuscule une étrangère. Cachée dans l’ombre, celle-ci ose montrer son désir pour le garçon et l’enlace fougueusement. Cette rencontre avec une inconnue au doux parfum et à la sensualité indéniable plonge le jeune homme dans une ivresse charnelle. Il s’éprend de cette femme jusqu’à lui vouer une passion dévorante et fantasmée. Parviendra-t-il à percer le mystère de cette inconnue ?

Dans la seconde nouvelle « Les Deux Soeurs », Stefan Zweig propose une rencontre avec deux soeurs jumelles. Issues de l’union entre un commandant ambitieux et une magnifique épicière, Helena et Sophia sont rivales depuis l’enfance. Elles s’épanouissent dans un duel acharné et aspirent à une réussite luxueuse. Quand Helena quitte brusquement la maison et se jette dans une vie où ses charmes vont lui permettre d’accéder à la richesse, Sophia est dévastée. Pourtant, elle n’est pas décidée à perdre la bataille, qui gagnera ce combat ?

Entre vanité exacerbée, affres de la jalousie ou fougue de jeunesse, Stefan Zweig parvient à nouveau dans ces courts récits à dépeindre avec talent l’âme humaine. Il arrive en quelques lignes à dévoiler les sentiments enfouis de ses personnages et propose deux nouvelles au charme indéniable.

Ma note

Note : 5 sur 5.

« Peu lui importe de savoir comment cette femme est parvenue jusqu’à lui, de connaître son nom : il lui suffit de boire, les yeux clos, jusqu’à l’ivresse, le désir avide de ces lèvres étrangères, leur parfum humide, et d’abdiquer toute volonté, éperdu, transporté par une vague immense de passion ».

« L’amour n’a peut-être rien de plus délicieux à offrir que ces instants de rêves aux couleurs pastels, dans la pénombre ».

Connemara – Nicolas Mathieu (2022)

Et si nous pouvions corriger le passé ?

Dans ce récit immersif, Nicolas Mathieu dévoile l’union de deux destins opposés.

A quarante ans, Hélène a depuis longtemps quitter sa ville natale. Elle a construit sa vie et sa carrière, loin de la modeste ville de son enfance. Elle évolue avec son époux et ses deux filles dans le confort d’une vie bourgeoise. Si toutes ses ambitions semblent avoir été accomplies, ses aspirations ont pourtant un arrière goût de désillusion.

Par hasard, elle croise à nouveau le regard de Christophe, l’ancien joueur de hockey adulé par toutes les jeunes filles du lycée. Cet amour inachevé va la heurter de plein fouet et faire ressurgir ses fantasmes d’adolescente. Christophe n’a pas quitté la ville et ses rêves de jeunesse. Ces vies si diamétralement opposées vont-elles pouvoir se réunir ?

Avec des personnages incarnés, Nicolas Mathieu mêle avec brio nostalgie du passé, rêves déchus et ambitions avortées. Grâce à son sens de l’observation redoutable et ce ton toujours aussi acerbe, Nicolas Mathieu dans ce roman politique et social confirme son indéniable talent.

Ma note

Note : 4.5 sur 5.

Citations

« Il fallait vivre pourtant et espérer, malgré le compte à rebours et les premiers cheveux blancs. Des jours meilleurs viendraient. On le lui avait promis. »

« Enfin la voix de Sardou, et ces paroles qui faisaient semblant de parler d’ailleurs, mais ici, chacun savait à quoi s’en tenir. Parce que la terre, les lacs, les rivières, ça n’était que des images, du folklore. Cette chanson n’avait rien à voir avec l’Irlande. Elle parlait d’autre chose, d’une épopée moyenne, la leur, et qui ne s’était pas produite dans la lande ou ce genre de conneries, mais là, dans les campagnes et les pavillons, à petits pas, dans la peine des jours invariables, à l’usine puis au bureau, désormais dans les entrepôts et les chaînes logistiques, les hôpitaux et à torcher le cul des vieux, cette vie avec ses équilibres désespérants, des lundis à n’en plus finir et quelquefois la plage, baisser la tête et une augmentation quand ça voulait, quarante ans de boulot et plus, pour finir à biner son minuscule bout de jardin, regarder un cerisier en fleur au printemps, se savoir chez soi, et puis la grande qui passait le dimanche en Megane, le siège bébé à l’arrière, un enfant qui rassure tout le monde : finalement, ça valait le coup. Tout ça, on le savait d’instinct, aux premières notes, parce qu’on l’avait entendue mille fois cette chanson, au transistor, dans sa voiture, à la télé, grandiloquente et manifeste, qui vous prenait aux tripes et rendait fier ».

Le destin personnel – Elsa Triolet (1947)

Et si nous parlions du destin de deux femmes sous l’occupation ?

Avec une plume limpide et éclatante, Elsa Triolet propose deux récits où planent l’ombre inquiétante de l’occupation.

Dans la première nouvelle « le destin personnel », Elsa Triolet évoque la vie de Charlotte. Son époux Georges a été fait prisonnier de guerre et elle vit dans des conditions modestes avec sa mère et sa belle famille. Cette vie exiguë à Paris l’oppresse jour après jour. Quand son amie Margot et son époux lui proposent de les rejoindre dans une demeure reculée, elle accepte. Elle cotoie le couple mais profite de son séjour pour trouver de véritables espaces de liberté. Ce séjour dans la France libre sera-t-il synonyme d’apaisement ?

Dans la seconde nouvelle « La belle épicière », une femme évolue avec son jeune fils dans une vie conformiste aux côtés d’un mari absent et violent. Commerçante, elle doit assumer seule la charge de l’épicerie. Un inconnu rentre dans sa vie et avec lui des aspirations charnelles. Jusqu’où cet élan libertaire la conduira-t-elle ?

Dans ces deux nouvelles, Elsa Triolet dresse le portrait de deux femmes sous l’occupation. Des personnages libres qui sont contraintes de se conformer aux carcans de la société. Leur envol est finement décrit par Elsa Triolet et j’ai beaucoup apprécié sa plume.

Ma note

Note : 4 sur 5.

Citation

« Je sors dans le jardin. Il fait presque complètement nuit. Je lève mes jupes et je fais pipi au beau milieu, devant l’escalier à balustres. Je me déshabille. Ah, l’inexprimable plaisir de l’air frais sur tout le corps. Je laisse mes vêtements épars par terre et je sors toute nue sur le plateau. Un coup de vent me fait frissonner. Je vais aller jusqu’à l’endroit d’où l’on voit la ville, je veux une fois goûter toutes les joies d’un coup ».

Caravage, l’ombre du peintre – Ernesto Anderle (2024)

Et si nous redécouvrions Caravage ?

Dans cette bande dessinée aux dessins oniriques et sombres, Ernesto Anderle propose une nouvelle lecture du mystérieux et emblématique Michelangelo Merisi dit Caravage.

Ernesto Anderle retrace les grandes périodes de la vie de Caravage. Il évoque notamment sa fuite et son exil à Naples, Malte ou en Sicile. Il retrace à la fois les duels violents et l’aspect bélliqueux de l’artiste tout en mettant en lumière la notoriété et la beauté de ses œuvres.

A travers des dessins audacieux et percutants, cette bande dessinée évoque aussi la dualité de la personnalité de Caravage entre la lumière de l’artiste et un aspect plus sombre imprégné de violence et poursuivi par la mort. Caravage reste ravagé par un véritable chaos intérieur qui nous permet aussi de comprendre toute la puissance de son oeuvre.

J’ai aimé les passages sur la biographie de l’artiste mais surtout certaines analyses de ses oeuvres qui donnent envie de se perdre dans les dédales des musées où elles sont exposées. Une bande dessinée d’une beauté presque cauchemardesque qui nous aide à percer le mystère de cet artiste insondable.

Ma note

Note : 5 sur 5.

La vie clandestine – Monica Sabolo (2022)

Et si nous parvenions à percer les mystères autour d’Action Directe ?

En retraçant le parcours d’un groupe terroriste d’extrême gauche, Action Directe, c’est son propre passé que Monica Sabolo remet en perspective. Elle va essayer de percer les secrets autour d’un groupe politique, engagé et violent pour mieux comprendre les zones d’ombres de sa propre famille et notamment les activités occultes de son père.

Monica Sabolo concentre son enquête sur l’assassinat en 1986 de Georges Besse, PDG de Renault. Elle va notamment essayer de dresser le portrait de deux femmes, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron, condamnées à la réclusion criminelle à perpétuité pour ce meurtre. Comment ces deux femmes sont-elles devenues des meurtrières ?

Je me suis un peu perdue dans ce récit qui retrace à la fois les actions d’un groupe extrémiste mais aussi le passé sombre de la narratrice. J’aurai préféré une véritable immersion dans le mouvement d’Action Directe afin de mieux comprendre leur mécanisme. Finalement ce sujet est uniquement un prétexte pour Monica Sabolo pour se réveler à elle-même et évoquer un passé traumatique. Ce mélange ne m’a malheureusement pas convaincu.

Ma note

Note : 2 sur 5.

Citations

« Nous nous racontons une histoire, puis nous la réécrivons, au fil du temps. Ce spectre fantasque s’appelle la mémoire. Le souvenir est un organisme vivant, un corps autonome, qui s’auto-génère. Personne ne ment, le spectre a juste pris la main ».

« On ne peut pas tout expliquer, non, mais face au désespoir, demeure la possibilité d’une échappée, une vie clandestine, née d’un court-circuit ».

Thérèse – Arthur Schnitzler (1928)

Et si nous dressions le portrait d’une jeune viennoise ?

Dans ce roman psychologique remarquable, Arthur Schnitzler dresse le portrait de Thérèse et de sa lente et inexorable descente aux enfers.

Après la déception de ses premiers amours et confrontée à la maladie de son père, Thérèse quitte sa famille pour s’établir à Vienne. Elle exerce le métier d’institutrice au sein de diverses familles viennoises. Thérèse, en éduquant les enfants, accède à toute l’intimité des couples. Pourtant, elle ne trouve jamais sa place.

Entre passions amoureuses éphémères ou mariages chimériques, les désillusions se succèdent pour Thérèse. Combative, elle continue à avancer dans une époque où la condition de la femme ne cesse d’être inégale. Lorsqu’elle devient mère, jusqu’où le poids de cet enfant non désiré la conduira-t-elle ?

Ce roman pourtant court parvient à donner une dimension profonde et intense à cette héroine. J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce sombre roman psychologique.

Ma note

Note : 5 sur 5.

« Une telle créature avait-elle droit au bonheur, pouvait-elle accomplir son destin de femme ? Jamais ! Elle était seule et condamnée à la solitude. Son fils ne lui était rien, car son cœur était usé comme son âme, comme son corps, comme ses vêtements ».

La grande ourse – Maylis Adhémar (2023)

Et si nous évoquions un roman sauvage ?

Imprégnée par ses Pyrénées natales, Zita a grandi auprès d’une famille d’éleveurs. Depuis son enfance, elle s’est acclimatée à une vie de bergère et a toujours été bercée par les contes fantastiques de son aïeule où se mélangent l’homme et l’animal.

Après avoir parcouru le monde, Zita rentre auprès des siens. Elle retrouve la proximité rassurante de sa famille et une vie simple au coeur des montagnes. Elle fait alors la rencontre de Pierrick, un citadin doux père d’une petite fille. Si tout semble les opposer et que l’ex-femme de Pierrick reste omniprésente dans sa vie, l’attraction est immédiate.

Les tensions de la région vont aussi avoir un impact sur le jeune couple. Les divergences s’accentuent entre les fervents défenseurs de la réintégration des ours dans les Pyrénées et les éleveurs qui craignent pour leur bétail. Malgré le calme paisible de la montagne, la menace des grands ours rode toujours. Quand les proches de Pierrick défendent la cause des espèces sauvages, Zita est tiraillée. Ces deux mondes vont-ils mettre en péril leur couple ?

Au-delà de l’analyse d’un triangle amoureux, Maylis Adhémar évoque le milieu rural et la cause des éleveurs. J’ai aimé cette imbrication entre la sphère intime de la vie de Zita et les problématiques plus vastes autour de la cause animale.

Si j’ai trouvé parfois les personnages légèrement stéréotypés, j’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de Zita. Je vous invite à découvrir cette nouvelle héroïne sauvage, transcendée par sa passion pour la nature.

Merci aux éditions Folio pour cet envoi dans le cadre du club des lecteurs.

Ma note

Note : 3 sur 5.

Citations

« Il ne savait rien d’elle, si ce n’est qu’elle venait d’entrer ici et dans son existence ».

« L’ours, cette boule de poil sauvage, cet animal ayant vécu depuis des millénaires dans les Pyrénées, cette espèce protégée, comment pouvait-on ne pas soutenir sa réintroduction dans la montagne ? Comment pouvait-on ne pas se réjouir de voir le sauvage gagner un petit peu de terrain dans ce monde en ébullition où la nature était mise à rude épreuve? Comment, elle, Zita, fille de la forêt et des estives, amoureuse des contes bestiaux de Petite Mère, pouvait-elle ne pas accepter l’ours, roi des animaux d’antan ? « 

Madame Hayat – Ahmet Altan (2021)

Et nous vivions avec un étudiant partagé entre deux femmes ?

Issu d’un milieu bourgeois, Fazil a dû s’acclimater à des conditions de vie beaucoup plus modestes suite au décès de son père. Devenu boursier, il doit pour poursuivre ses études de lettres vivre dans une pension. Il évolue dans une ville de plus en plus menaçante, les tensions montent et les espaces de liberté se restreignent.

Dans cette atmosphère asphyxiante, Fazil devient figurant dans une émission de télévision pour gagner un peu d’argent. Lors du tournage, il fait la rencontre de Madame Hayat. Beaucoup plus vieille que lui, sa présence et son charisme le fascinent instantanément. Il est comme emporté par un désir incommensurable. Parallèlement, il fait la connaissance de la jeune et jolie Sila, tout en grâce, elle partage avec lui son amour pour la littérature. Fazil arrive-t-il à choisir entre ces deux femmes à l’opposé l’une de l’autre ?

Un récit qui nous emporte vers l’époustouflante Madame Hayat dans une ambiance sombre et poétique. Au-delà de ce portrait fascinant, Ahmet Altan a écrit ce récit lors de sa détention et livre un portrait bouleversant de la Turquie. Je ne peux que vous recommander cette ode à la liberté emprunte de sensualité.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citations :

« La vie ne sert à rien d’autre qu’à être vécue. La stupidité, c’est d’économiser sur l’existence, en repoussant les plaisirs au lendemain, comme les avares. Car la vie ne s’économise… Si tu ne la dépenses pas, elle le fera d’elle-même, et elle s’épuisera ».

« J’ignorais alors qu’entrer dans la vie de quelqu’un, c’était pénétrer dans un labyrinthe souterrain, un lieu hanté de magie dont on ne pouvait sortir identique à la personne qu’on était avant de s’y engouffrer. Je croyais encore en la possibilité de traverser l’existence comme un personnage de roman, envoûté peut-être, mais certain de pouvoir sortir du cercle de mes émotions dès que l’envie m’en prendrait »

« La littérature est un télescope braqué sur les immensités de l’âme humaine ».

« Madame Hayat était libre. Sans compromis ni révolte. Libre seulement par désintérêt, par quiétude, et à chacun de nos frôlements, sa liberté devenait la mienne »

La Joie de vivre – Emile Zola (1884)

Et si nous faisions face à une mer tumultueuse ?

Dans le décor d’une maison de bord de mer, Pauline a été recueillie par ses cousins, les Chanteau à la mort de son père. Au rythme lancinant des vagues dans ce petit village près d’Arromanches, une vie paisible s’organise autour de cette modeste famille.

L’insouciance et la légèreté de Pauline, âgée de dix ans, apportent de la joie dans ce foyer. Pourtant, à mesure que Pauline grandit, des ombres planent sur cette famille entre les crises de goutte de l’oncle Chanteau et les pensées sombres et de plus en plus prégnantes de son cousin Lazare. Face aux besoins de cette famille et aux ambitions de Lazare, l’héritage de Pauline va être peu à peu dilapidé.

La bonté rayonnante de Pauline vont l’entrainer vers une vie sacrificielle pour ses proches. Jusqu’où son dévouement la conduira-t-elle ?

Emile Zola propose une analyse brillante autour de la mort. Roman psychologique passionnant de Zola, le portrait complexe et tout en finesse de Pauline et de ses proches est éblouissant.

Ma note

Note : 5 sur 5.

Citations

« C’était donc cela, mourir? c’était ce plus jamais, ces bras tremblants refermés sur une ombre, qui ne laissait d’elle qu’un regret épouvanté ».

‘La mer, qui montait, avait une lamentation lointaine, pareille à un désespoir de foule pleurant la misère. Sur l’immense horizon, noir maintenant, flambait la poussière volante des mondes. Et, dans cette plainte de la terre écrasée sous le nombre sans fin des étoiles, l’enfant crut entendre près d’elle un bruit de sanglots ».

« Ne passait-on pas la première moitié de ses jours à rêver le bonheur, et la seconde à regretter et à trembler ? »