Et si nous retrouvions un écrivain agaçant ?
Avec ce deuxième volet de la série, nous redécouvrons un Pierre Costals toujours aussi odieux.
Egoïste et machiste, Pierre Costals s’est épris d’une jeune et jolie parisienne, Solange. L’inexpérience de la jeune femme le ravit et lui offre la possibilité d’user de son pouvoir. Conquis par son charme et sa jeunesse il n’en demeure pas moins méprisant envers Solange et lui reproche son manque d’intellect. Sous ses airs amoureux, son inconsistance et sa suffisance continuent à guider cette relation vouée à l’échec. S’il dénigre la femme il commence à tisser une relation respectueuse avec son père.
Andrée, pleine d’admiration pour l’écrivain, réapparait également dans ce second volume. Malgré les rejets successifs de Pierre Costals, Andrée continue inlassablement à lui témoigner ses sentiments.
Dans la lignée du premier livre, la plume cruelle et amère d’Henry de Montherlant continue à marquer les esprits. Un livre dérangeant qui ne cesse de dénigrer les femmes. Si le cynisme frôle la mysogynie, je reste interloquée par son oeuvre.
Ma note :
Citations :
« La jeunesse se passe à aimer des êtres qu’on ne peut posséder que mal (par timidité), et l’âge mur à posséder des êtres qu’on ne peut aimer que mal (par satiété) ».
« Les femmes ne cessent de réclamer jusqu’à ce qu’on leur ait donné quelque chose. Mais on peut leur donner n’importe quoi. Par exemple, cette pitié. D’ailleurs les hommes vous la donnent, mais sans s’en rendre compte. Ils appellent amour leur pitié. En gros, ce qui relie l’homme à la femme, c’est la pitié beaucoup plus que l’amour. Comment ne plaindrait-on pas une femme, quand on voit ce que c’est ? On ne plaint pas un vieillard : il est au terme de sa courbe, il a eu son heure. On ne plaint pas un enfant : son impuissance est d’un instant, tout l’avenir lui appartient. Mais une femme, qui est parvenue à son maximum, au point suprême de son développement, et qui est ça ! Jamais la femme ne se fût imaginée l’égale de l’homme, si l’homme ne lui avait dit qu’elle l’était, par “gentillesse« .
« Il disait toujours à ses femmes, dès leur premier rendez-vous : “La première qualité d’une amoureuse, c’est d’être ponctuelle. Tout le reste est bien secondaire.” Il l’avait dit à Solange. Il rendait compte, sur un carnet, des minutes de retard de ses amies, et, quand cela totalisait cinq heures, il rompait, – du moins il rompait en principe. Non sans les avoir averties trois fois auparavant, au bout de deux, de trois et de quatre heures, en vertu d’un vieil adage des Arabes : “Avant de le tuer, avertissez trois fois le serpent.” Solange ne totalisait à ce jour, en six semaines, qu’une heure et sept minutes. Moyenne très honorable »