Un barrage contre le Pacifique – Marguerite Duras (1950)

Et si nous partions en Indochine avec Marguerite Duras ?

Dans ce récit extrêmement fort, Marguerite Duras dresse le destin d’une famille assaillie par l’administration coloniale.

Une institutrice devenue veuve se voit attribuer une concession au sud de l’Indochine française. Ce terrain lui donne l’espoir d’une vie meilleure. Elle espère donner un avenir à ses deux enfants, Joseph et Suzanne. Rapidement, cette plaine marécageuse isolée s’avère inexploitable. Tous les ans, la grande marée ensevelie la moindre culture. La mère décide de construire un barrage pour faire face aux inondations et sauver ses terres. Face à l’échec de ce projet, la famille sombre dans la pauvreté et cette mère désespérée se rapproche de la folie.

Quand Suzanne rencontre Monsieur Jo, un richissime planteur de la région, la famille perçoit une issue à leur misère. Jusqu’où cette rencontre va-t-elle les conduire ?

Marguerite Duras s’est inspirée de son adolescence pour construire un roman intense avec des personnages attachants mais aussi complexes. L’imbrication permanente entre les membres de cette famille est particulièrement travaillée. Nous percevons la détresse de ces personnages soumis aux promesses déçues de la société coloniale.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citation :

« On ne pouvait pas lui en vouloir. Elle avait aimé démesurément la vie et c’était son espérance infatigable, incurable, qui en avait fait ce qu’elle était devenue, une désespérée de la vie même ».

Le livre de Neige – Olivier Liron (2022)

Et si nous rendions hommage à une mère ?

Dans ce récit infiniment personnel, Olivier Liron retrace le parcours de sa mère, Maria Nieves.

Arrivée en France à l’âge de neuf ans, elle a grandi à Madrid. Confrontée au régime de Franco, sa famille a fui l’Espagne dans l’espoir d’un avenir meilleur. Maria dite « Neige » en Espagnol doit s’acclimater à sa nouvelle vie française.

L’atmosphère asphyxiante de cette zone industrielle de la Plaine Saint Denis où ils se sont installés devient leur quotidien. Neige essaye d’apprivoiser cette vie française. Brillante élève, elle rattrape son retard et réussit à intégrer une nouvelle langue. Suite à cet exil déchirant, Neige parviendra-t-elle à construire sa vie en France ?

Olivier Liron dresse le portrait d’une mère proche de la nature, fantaisiste qui a toujours su préserver sa liberté. Agrémenté des photos de sa mère à toutes les périodes de sa vie, ce récit tendre et personnel, est particulièrement touchant. J’ai passé un agréable moment de lecture en compagnie de Neige sous la plume sensible de son fils.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Ce que nous ne voulons pas savoir de nous-mêmes, ce que nous évitons de reconnaître en nous-mêmes, tout ce qui n’est pas formulé, pas su, tout ce qui est ignoré, effacé, tout ce qui se love et se cache dans les silences brûlants du passé, tout cela, je crois que nous le rencontrons, un jour ou l’autre, et que nous devons l’affronter ».

« Être triste, c’est avoir épuisé toutes les façons possibles de parler à ceux qu’on aime »

Victoire la Rouge – Georges de Peyrebrune (1884)

Et si nous dressions le portrait d’une paysanne au XIXème siècle ?

Marie-Eugénie-Victoire est une orpheline malheureuse. Fille sans condition, elle est élevée dans un hospice. De modestes fermiers, Les Jameau, vont recueillir Victoire comme servante pour s’occuper de leurs bêtes. Son physique ingrat, sa chevelure rousse et son animalité sont rapidement moqués par les villageois et elle est nommée « La Rouge ».

Nous suivons son éveil à la sensualité jusqu’à son accès à la pensée. Malgré son élévation progressive, elle subit à répétition sa condition de femme sans éducation et devient une proie face à la puissance masculine. Jusqu’où ces violences cycliques implacables la conduiront-t-elle ?

Dans une misère terrible, nous découvrons le destin tragique de Victoire La Rouge. Dans un style vif et envoûtant, Georges de Peyrebrune dresse le portrait d’une femme invisible. J’ai lu ce roman en retenant mon souffle et j’ai été conquise par le rythme et la force du personnage de Victoire. Je vous encourage à découvrir l’œuvre de cette autrice méconnue.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citations :

« Mais sa sensualité de bête échauffée la faisait se livrer, malgré sa volonté, peut-être avec le grognement heureux d’un appétit robuste enfin satisfait »

« De la pitié ! Qui donc en avait jamais eu pour elle ? Et savait-elle même ce que c’était ?
Elle devenait farouche comme un animal sauvage et traqué. Ses regards en dessous luisaient de douleur et de haine. Une révolte la tenait sans qu’elle sût contre qui l’avait faite si misérable et abandonnée, avec des appétits de brute, qu’elle se gardait cependant d’assouvir, et qui, pour une fois qu’elle s’y abandonnait, sans savoir encore, la jetait à la honte, la livrait aux injures, la chassait hors des foyers honnêtes où son ventre maudit portait le déshonneur ».

Belle de jour – Joseph Kessel (1928)

Et si nous parlions d’un tiraillement entre le corps et le coeur ?

Sévérine et Pierre partagent un amour pur. Sévérine, femme bourgeoise et mondaine, voue une véritable adoration pour son époux. Médecin réputé et mari généreux, Pierre semble combler toutes les attentes de la jeune femme.

Pourtant des fantasmes obscurs sommeillent en Sévérine. Elle ne trouve pas une complète plénitude dans ce bonheur conjugal. Malgré leur amour, leur intimité charnelle ne parvient pas à éclore. Elle envisage de pousser la porte d’une maison close pour tenter d’apaiser son désir transgressif et enfoui. Jusqu’où cette quête sulfureuse va-t-elle la conduire ?

Avec une écriture tout en finesse et d’une grande qualité, Joseph Kessel s’immisce dans l’intimité d’un couple. Son regard masculin ne porte pas de jugement sur cette femme mais cherche à percer toute sa complexité. Une lecture troublante qui propose un portrait perfectible sur les femmes et la sexualité qu’il est nécessaire de contextualiser à l’époque de sa parution.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Elle s’abattit contre l’oreiller. Elle pleurait sur lui, sur elle, et sur la condition humaine qui divise la chair et l’âme en deux inconciliables tronçons, misère que chacun porte en soi et ne pardonne pas à l’autre »

« Le secret de son corps vivait seul alors comme ces fleurs singulières qui s’ouvrent pour quelques instants et reviennent ensuite à leur repos virginal ».

Belle du seigneur – Albert Cohen (1968)

Et nous partagions une prouesse romanesque ?

Tragédie amoureuse, Belle du seigneur nous emporte dans les méandres d’une histoire d’amour passionnée.

Quand Solal rencontre Ariane la force de l’attraction est indéniable. Pourtant Ariane est mariée à Adrien Deume, personnage arriviste et oisif prêt à tout pour réussir. Quand son employeur Solal pose son regard sur Adrien, il ne saisit pas que c’est sa femme qu’il convoite. Lumineuse Ariane, elle est tournoyante de beauté. Plus ténébreux et sombre, Solal est beaucoup plus énigmatique mais il est bien décidé à se lancer dans cette conquête amoureuse.

Pourtant leur passion ne sera pas éternelle, elle doit faire face à l’usure du quotidien et à l’ennui. Ariane et Solal n’auront de cesse de créer des artifices pour préserver une conception fantasmée de l’amour. Jusqu’où iront-ils pour sauver cet absolu amoureux ?

Au-delà de nous interroger sur nos conceptions des rapports passionnés, Albert Cohen jette un regard cynique sur la bureaucratie de la Société des Nations. Si la longueur de cette œuvre peut vous faire peur, ce roman est immensément riche. Il parvient à nous faire sourire mais également à susciter de profonds bouleversements dans nos réflexions.

Un immense classique de la littérature qui me laissera une marque indélébile.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citations :

« Descendu de cheval, il allait le long des noisetiers et des églantiers, suivi des deux chevaux que le valet d’écurie tenait par les rênes, allait dans les craquements du silence, torse nu sous le soleil de midi, allait et souriait, étrange et princier, sûr d’une victoire. A deux reprises, hier et avant-hier, il avait été lâche et il n’avait pas osé. Aujourd’hui, en ce premier jour de mai, il oserait et elle l’aimerait ».

« Aimé, hier soir je lisais un livre et soudain je me suis aperçue que je ne comprenais rien et que je pensais à vous »

Numéro deux – David Foenkinos (2022)

Et si nous rencontrions le double de Harry Potter ?

A l’âge de 11 ans, le destin de Daniel Radcliffe bascule quand il décroche le rôle d’Harry Potter. Pourtant en 1999 quand le casting d’Harry Potter débute il n’était pas prédestiné à un tel rôle. Après de nombreuses auditions, il ne reste que deux candidats en compétition : Daniel Radcliffe et Martin Hill.

Repéré sur un tournage, Martin Hill accompagnait son père, décorateur de cinéma et n’avait jamais eu pour ambition de devenir acteur. Très vite, les auditions se succèdent et Martin Hill commence à rêver à l’obtention du rôle de ce jeune sorcier. Quand la production lui annonce qu’il n’est pas choisi et que Daniel Radcliffe a « un petit quelque chose en plus », tout s’effondre. L’impression étouffante d’être passé à côté de son destin ne le quittera jamais. L’omniprésente de Harry Potter lui rappelle inlassablement cette terrible défaite. Ce sentiment d’échec va le poursuivre durant toute sa vie. Comment Martin Hill parviendra-t-il à se reconstruire ?

Grâce à ce personnage fantasmé, David Foenkinos raconte l’histoire d’un « numéro deux ». Un roman facile d’accès qui nous encourage à nous relever face aux revers de nos existences. Je n’ai pas été envoutée par le style assez plat de l’auteur mais ce roman reste un moment de lecture divertissant.

Merci aux éditions Folio pour ce cadeau.

Ma note :

Note : 2 sur 5.

Citations :

« La vie humaine se résume peut-être à ça, une incessante expérimentation de la désillusion, pour aboutir avec plus ou moins de succès à une gestion des douleurs »

« Rencontrer quelqu’un, c’est se permettre d’exister à nouveau sans son passé. On se raconte comme on veut, on peut sauter des pages et même commencer par la fin »

La fille parfaite – Nathalie Azoulai (2022)

Et si nous parlions d’une amitié fusionnelle ?

Rachel et Adèle sont de jeunes filles blondes aux teints parfaits. Presque jumelles, leur ressemblance physique est indéniable mais elles sont intellectuellement à l’extrême opposées. Rachel a choisi naturellement les lettres. Depuis son enfance, elle évolue dans une famille d’érudits où les mots sont une évidence. Adèle, initiée par son père depuis son jeune âge aux calculs, a choisi les sciences. Son destin de brillante mathématicienne semble tracé.

Face à un déterminisme social inévitable, les deux femmes vont-elles changer de cap ? Tout au long de leur vie, Rachel et Adèle appréhendent le monde différemment et l’ambivalence de leur relation sera de plus en plus forte.

Dans ce roman initiatique, Nathalie Azoulai trace les contours d’une amitié tumultueuse faite de jalousie et de complémentarité. Au-delà de la relation qui les unit, Nathalie Azoulai cherche à percer les mystères de deux mondes qui se font face. Si j’ai aimé la clivage entre sciences et lettres, je l’ai trouvé très présent peut-être au détriment de la psychologie des personnages.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citation :

« Si elle avait su. Elle savait. C’était une de ses théories, que les gens naissent tous chiffrés, avec leur nombre d’années à vivre au-dessus de la tête, une auréole qui déclenche toutes les vies comme des
comptes à rebours qui tournent en silence. Ne va pas t’imaginer que ça fasse du bruit, ça s’oublie, mais si chacun au fond sait combien d’années il a à vivre, ça fait quoi ? se demandait-elle. Ça donne plus d’intensité ? plus d’angoisse ? En tout cas, niveau inégalités, ça se pose là, on comprendrait au moins d’emblée que le monde est inégal, que certes, on peut lutter, mais qu’il vaut mieux le savoir, ne pas caresser de folles espérances, rêver à des choses qui n’existent pas »

Soleil amer – Lilia Hassaine (2021)

Et si nous évoquions un long processus d’intégration ?

Quand Saïd quitte son pays natal l’Algérie pour la France il veut offrir à sa famille un avenir meilleur. Embauché dans une usine automobile en 1959, les conditions de travail sont désastreuses et il est perçu comme un étranger. Après plusieurs années de solitude, sa femme et ses trois filles le rejoignent en France.

Les rêves s’évanouissent rapidement face à l’amertume du quotidien. La famille s’installe dans une cité HLM et leurs conditions de vie restent difficiles. Quand Naja tombe enceinte, l’accueil d’un nouvel enfant leur semble impossible. Lorsqu’elle accouche de jumeaux, Daniel et Amir, le couple décide que Daniel sera élevé par son frère et sa compagne française, Eve. Eve ne peut pas avoir d’enfant et la proximité des deux femmes fait de ce choix une évidence. Le destin des deux frères s’en trouvera profondément bouleversé. Un tel secret de famille pourra-t-il survivre aux temps ?

Dans ce roman social, Lilia Hassaine parvient en peu de lignes à retranscrire toute la complexité de la désillusion d’une intégration. Une fresque familiale envoutante qui parvient à nous captiver !

Merci aux éditions folio pour cette découverte !

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« La joie sans mélancolie, c’est un soleil qui brillerait sans discontinuer. La joie n’est la joie que parce qu’elle joue au funambule au-dessus du vide ».

« Quitter un pays qu’elles aimaient, suivre un mari qui trimait, perdre leurs enfants un par un, se demander si elles avaient fait le bon choix, être mère c’était ça, accumuler les erreurs, apprendre sans cesse, échouer encore. Les héroïnes, c’était elles ».

« D’un côté il se disait fier de ses origines et de sa culture, de l’autre il espérait se fondre dans le paysage français. D’un côté il désirait rentrer au bled, de l’autre il rêvait que ses enfants s’intègrent. Il oscillait entre deux pays, entre deux projets, et élevait ses enfants dans la même dualité. La dualité comme identité, c’était déjà une contradiction, il n’existait pas de mot pour dire « un et deux » à la fois »

Samouraï – Fabrice Caro (2022)

Et si nous choisissions un roman désopilant ?

Ecrivain en quête d’une idée, amoureux éconduit, ami en deuil, Alan Cuartero traverse une période difficile.

En plein été, ses voisins lui confient leur piscine d’un bleu limpide. Il pense que l’occasion est bonne pour s’installer sur leur terrasse et avancer sur un nouveau projet de roman. Avant une rupture brutale, Lisa lui a asséné ces mots : « tu ne peux pas écrire un roman sérieux ? ». Lisa a préféré choisir un autre homme, beaucoup plus sérieux, un professeur d’université spécialiste de Ronsard. Dans un esprit revanchard, Alan est bien décidé à s’atteler à une oeuvre marquante. Il envisage d’explorer l’histoire de ses ancêtres et leur arrivée en France pour fuir la dictature de Franco.

Malgré ses projets littéraires, Alan est plongé dans sa morosité. Pour lui changer les idées, ses amis décident de lui présenter plusieurs femmes. Sans conviction, il multiplie les rencontres amoureuses mais rien ne semble le dérider. Enseveli par ses angoisses, arrive-t-il à trouver l’apaisement en contemplant la piscine à l’ombre de la terrasse de ses voisins ?

Dans un récit aussi drôle que tendre, Fabrice Caro dresse le portrait d’un homme en pleine crise existentielle. J’ai été charmée par ce roman qui parvient à nous faire sourire et à nous questionner sur l’absurdité de nos existences. Une prescription à consommer sans modération contre le blues de la rentrée

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Je grimpe d’un cran dans la déprime en constatant qu’elle est plus belle que jamais, et les filles deviennent-elles plus belles parce qu’elles nous quittent ou avions-nous fini de voir qu’elles étaient belles et c’est la raison pour laquelle elles finissaient par nous quitter ? »

« C’est fou comme les maisons des parents ne changent pas, immuables musées traversant les siècles, conservatoires du paradis perdu, les mêmes assiettes décorées sur le meuble, les mêmes meubles, les mêmes nappes, les mêmes tableaux de chalets suisses de boîtes de chocolats au mur, ou peut-être est-ce mon souvenir qui déforme, peut-être est-ce une partie de moi qui veut que rien n’ait changé ».

Les années – Annie Ernaux (2008)

Et si nous évoquions des souvenirs avec Annie Ernaux ?

Dans ce récit intime, Annie Ernaux fait coexister son existence singulière avec les bouleversements de toute une génération.

Depuis sa naissance pendant la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à sa vie d’adulte, elle témoigne de sa trajectoire inscrite dans une mutation historique et politique. Annie Ernaux retrace mai 68, les élections successives, les bouleversements économiques et technologiques pour mettre en lumière les propres évolutions de sa vie. Annie Ernaux évoque aussi son destin de femme aux multiples facettes, étudiante, mère, grand-mère, amante, autrice. Au travers des photos successives éclairant chaque étape de sa vie, elle parvient à faire surgir nos propres existences.

Dans ce récit imprégné d’une histoire collective, Annie Ernaux se met davantage à distance. Avec finesse, elle s’efface peut-être pour laisser résonner nos propres souvenirs. Si je garde un préférence pour d’autres textes plus intimes d’Annie Ernaux, je ne peux que vous encourager à découvrir l’ampleur de son oeuvre si singulière.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« La distance qui sépare le passé du présent se mesure peut-être à la lumière répandue sur le sol entre les ombres, glissant sur les visages, dessinant les plis d’une robe, à la clarté crépusculaire, quelle que soit l’heure de la pose, d’une photo en noir et en blanc ».

« Tout s’effacera en une seconde. Le dictionnaire accumulé du berceau au dernier lit s’éliminera. Ce sera le silence et aucun mot pour le dire. De la bouche ouverte il ne sortira rien. Ni je ni moi. La langue continuera à mettre en mots le monde. Dans les conversations autour d’une table de fête on ne sera qu’un prénom, de plus en plus sans visage, jusqu’à disparaître dans la masse anonyme d’une lointaine génération »

« Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais »