Le coût de la virilité – Lucile Peytavin (2021)

Et si nous abordions une réalité effarante ?

Dans ce court essai, Lucile Peytavin documente et met en lumière, chiffres à l’appui, le coût de la virilité. Ainsi, elle révèle que les hommes sont majoritairement mis en cause dans des affaires pénales.

Elle expose ainsi que les hommes représentent 84 % des auteurs d’accidents de la circulation mortels, 90% des personnes condamnées par la justice ou 86% des mis en cause pour meurtre…

Suite à un calcul minutieux, Lucile Peytavin révèle que le coût de la virilité s’élèverait à la somme de 95,2 milliards d’euros par an. Ce chiffre étourdissant permet surtout d’ouvrir la voie à une réflexion globale sur les conséquences d’une virilité exacerbée et sur nos modèles éducatifs.

Avec clarté, Lucile Peytavin donne les premières clés pour travailler sur une réalité incontestable et qui demeure cependant encore bien impalpable dans nos sociétés.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Avec cet essai, je voudrais alerter sur les comportements asociaux des hommes à travers leur importance statistique, ouvrir une réflexion sociétale autour de la question de la virilité et nous inviter, tous, à un examen de conscience approfondi ».

« La virilité est un ennemi difficilement saisissable.
Elle prend la plupart du temps les contours d’un visage masculin, mais
elle est en chacun de nous. Dans notre façon de penser, de nous comporter,
de voir le monde. Elle façonne nos modèles éducatifs, nos rapports sociaux
et modèle notre société. En cela, elle est un ennemi difficile à déloger.
Mettons fin tous ensemble à la virilité qui pervertit, qui viole, qui bat, qui
tue, qui écrase, la virilité qui ruine.
Le coût de la virilité n’est pas une fatalité »

La fin de l’amour – Eva Illouz (2020)

Et si nous interrogions les rapports amoureux ?

Cet essai propose une réflexion sur le « désamour » sous le poids d’une société néolibérale en pleine mutation.

Eva Illouz évoque comment la prépondérance des libertés individuelles a modifié les relations amoureuses. Elle estime que le capitalisme s’est approprié la liberté sexuelle créant ainsi une plus grande instabilité dans les relations amoureuses. Pour appuyer son propos, elle se fonde sur des témoignages et d’autres références sociologiques, littéraires, psychanalytiques ou philosophiques.

Dans « la fin de l’amour » Eva Illouz analyse les séparations, la multiplication des relations ou le désengagement pour construire une sociologie « des relations négatives » basée sur l‘incertitude. Elle explique aussi comment l’essor des applications de rencontres révèle la mutation des relations sentimentales et sexuelles.

Les passages théoriques au début de l’essai sont particulièrement ardus et ils ont manqué pour ma part de clarté. Les témoignages permettent ensuite de fluidifier la lecture. Si cet essai marque un désenchantement dans notre vision de l’amour, il pose des problématiques contemporaines intéressantes !

Ma note :

Note : 2 sur 5.

Citations :

« La liberté sexuelle est-elle devenue la philosophie néolibérale de la sphère privée ? »

« Mon intention a plutôt été de décrire les différentes façons par lesquelles l’appropriation du corps sexuel par le capitalisme scopique transforme le moi, le sentiment de sa valeur et les principes régissant les relations »

Réinventer l’amour – Mona Chollet (2021)

Et si nous placions nos réflexions féministes dans la sphère du couple ?

« Le bonheur amoureux est la preuve que le temps peut accueillir l’éternité », Alain Badiou

A nouveau, avec une plume précise, documentée et efficace, Mona Chollet interroge le couple sous le poids de la société patriarcale.

Mona Chollet revient sur la conception de l’amour véhiculée par les oeuvres littéraires, cinématographiques ou artistiques dans nos sociétés pour appuyer son propos. Elle met en avant que l’infériorité des femmes est la base de notre idéal romantique. Cette femme parfois mutique, pourvoyeuse de soins, soumise à la domination masculine reste un modèle autour de nous. Mona Chollet multiple les exemples comme l’attrait et les stéréotypes récurrents autour de la femme asiatique. Elle interroge aussi les violences conjugales et la fascination de certaines femmes pour les criminels représentant une masculinité exacerbée.

Cet essai met en lumière comment, sans même en avoir conscience, une éducation, une culture viennent imprégner notre conception de l’homme et de la femme et notre vision de l’amour.

Un exposé passionnant où Mona Chollet étudie les rôles prédéfinis de l’homme et de la femme et aborde des sujets épineux. Cette essai ouvre de nouvelles perspectives et nous propose une autre conception de l’amour.

Un essai féministe enrichissant à remettre entre toutes les mains…

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« Si vous êtes un Artiste Tourmenté, vous avez une excuse pour mal vous comporter avec vos partenaires amoureux, vos enfants, tout le monde. Vous avez la permission d’être exigeant, arrogant, impoli, cruel, antisocial, pompeux, colérique, caractériel, manipulateur, irresponsable et/ou égoïste. Si vous vous conduisiez ainsi en étant concierge ou pharmacien, on vous considérerait à juste titre comme un pauvre crétiin. Mais, en tant qu’Artiste Tourmenté, vous avez droit à un sauf-conduit parce que vous êtes à part. Parce que vous êtes sensible et créatif. Parce qu’il vous arrive de créer de jolies petites choses ».

« Etre amoureux n’est pas nécessairement aimer. Etre amoureux est un état ; aimer, un acte »

« en abreuvant les filles et les femmes de romances, en leur vantant les charmes et l’importance de la présence d’un homme dans leur vie, on les encourage à accepter leur rôle traditionnel de pourvoyeuses de soins ».

La femme gelée – Annie Ernaux (1981)

Et si nous parlions d’un récit qui interroge l’émancipation féminine ?

Annie Ernaux a été éduquée par un couple moderne. Son père s’acquittait des tâches ménagères pendant que sa mère gérait la comptabilité de leur commerce. Ce modèle parental, à contrecourant des parents de ses amies, a contribué à façonner sa personnalité.

Quand Annie grandit elle rencontre l’amour et partage avec un homme, résolument progressiste, les mêmes idéaux. Pourtant, lorsqu’ils se marient et fondent leur vie commune, leur quotidien est bien éloigné de celui de ses parents.

Dès leur mariage, la différence entre eux devient visible par des petits gestes. Par ses actes, son mari démontre qu’il est bien éloigné des valeurs égalitaires qu’il prône. Lorsqu’elle devient mère de famille la différence est encore plus flagrante. Annie doit concilier ses aspirations professionnelles avec son rôle de mère tandis que son époux ne peut jamais se détourner une seconde de sa carrière.

Avec beaucoup de finesse, Annie interroge l’enlisement progressif de ses aspirations sous le poids de ce rôle de femme et de mère ayant pour charge toute l’organisation du foyer.

Les renoncements d’une femme gelée sous les conventions sociales et masculines sont parfaitement décrits dans ce récit aussi fort que personnel.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Femmes fragiles et vaporeuses, fées aux mains douces, petits souffles de la maison qui font naître silencieusement l’ordre et la beauté, femmes sans voix, soumises, j’ai beau chercher, je n’en vois pas beaucoup dans le paysage de mon enfance ».

« Un mois, trois mois que nous sommes mariés, nous retournons à la fac, je donne des cours de latin. Le soir descend plus tôt, on travaille ensemble dans la grande salle. Comme nous sommes sérieux et fragiles, l’image attendrissante du jeune couple moderno-intellectuel. Qui pourrait encore m’attendrir si je me laissais faire, si je ne voulais pas chercher comment on s’enlise, doucettement. En y consentant lâchement. D’accord je travaille La Bruyère ou Verlaine dans la même pièce que lui, à deux mètres l’un de l’autre. La cocotte-minute, cadeau de mariage si utile vous verrez, chantonne sur le gaz. Unis, pareils. Sonnerie stridente du compte-minutes, autre cadeau. Finie la ressemblance. L’un des deux se lève, arrête la flamme sous la cocotte, attend que la toupie folle ralentisse, ouvre la cocotte, passe le potage et revient à ses bouquins en se demandant où il en était resté. Moi. Elle avait démarré, la différence« 

« Un univers de femme rétréci, bourré jusqu’à la gueule de minuscules soucis. de solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l’entretien des choses« 

Jenny – Sigrid Undset (1911)

Et si nous parlions de littérature norvégienne ?

Roman scandaleux à sa parution, « Jenny » dresse le portrait d’une jeune peintre oscillant entre ses désirs et sa soif d’indépendance.

D’une famille modeste, Jenny est parvenue à accéder à son rêve en vivant à Rome. Dans cette ville somptueuse, elle consacre toute son énergie à son art et à ses relations amicales. Rien ne semble pouvoir détourner Jenny de ses aspirations artistiques, pourtant sa rencontre avec Helge Gram vient ébranler son inspiration.

Jenny se laisse aller à cet élan amoureux. Le désir qui la pousse vers Helge Gram se mêle à une conception fantasmée du sentiment amoureux.

Helge et Jenny vivent une passion platonique sous le soleil de Rome mais lorsqu’ils rentrent en Norvège les sentiments de Jenny vont se dissiper. Son rapprochement avec le père d’Helge Gram provoque encore davantage le basculement de son destin. Jenny sera déchirée entre son art et sa soif d’absolu, quelle conception de la vie choisira-t-elle ?

Ce roman dresse les contradictions d’une femme. Jenny, oscille entre son indépendance artistique et son désir de se ployer sous la protection d’un homme. Si les personnages de ce roman ne m’ont pas complètement transportée, j’ai aimé les questions encore si contemporaines qu’il a su mettre en lumière.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Toi, tu es morte et moi je reste à jamais appauvri. Je n’ai plus que les pauvres rêves que je fais de toi. Et cependant si je la compare aux richesses des autres, ma pauvreté rayonne de richesse. Je ne voudrais pas ne plus t’aimer, ne plus rêver de toi, ne plus souffrir comme je souffre à présent, même pour sauver ma vie »

« Je n’avais jamais éprouvé d’amour pour personne. J’étais lasse de ne pas aimer. Helge m’aimait. Son amour vif, jeune, sincère m’entraîna. Je me suis menti à moi-même tout comme la plupart des femmes. La passion de Helge me réchauffait et je m’imaginais que c’était moi qui brûlais. Au fond, je savais bien qu’une illusion pareille ne dure pas, ne durerait qu’autant qu’il ne serait pas exigé la moindre chose de mon amour ».

King Kong Théorie – Virginie Despentes (2006)

Et si nous parlions d’un essai coup de poing ?

Avec un style cru et sans concession, Virginie Despentes nous parle de sa vision de la femme dans la société.

Ce pamphlet aborde avec une écriture brute des thématiques brûlantes. Il porte un nouveau regard sur la conception du viol, de la pornographie ou de la prostitution dans notre société et promeut l’émancipation féminine.

Avec un récit viscéralement personnel, Virginie Despentes dépeint sa jeunesse dans les milieux punk et son parcours. Cette colère qui donne toute la force à ses mots, Virginie Despentes semble la porter en elle depuis son adolescence. Avec un cri de rage tonitruant, cet essai fait imploser les normes de la société.

Je n’ai peut-être pas totalement adhérée au ton provocateur et colérique de ce livre, mais je ne peux que vous recommander de vous faire votre propre avis au sujet de ce manifeste engagé, pilier des récits féministes.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf.« 

« L’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle« 

Les sentiments du prince Charles – Liv Strömquist (2010)

Et si nous parlions d’un roman graphique féministe ?

Ce roman graphique suédois interroge avec humour les relations amoureuses et remet en cause notre conception du couple et de la vie commune. Liv Strömquist tente d’interpeller son lecteur avec des références multiples à la pop culture et un humour corrosif.

Les relations amoureuses sont disséquées sous le prisme de personnages célèbres de Pablo Picasso à Albert Einstein en passant par Karl Marx ou encore le prince Charles. Liv Strömquist use également de séries télévisées de Sex and the City à Mon oncle Charlie ou d’œuvres artistiques pour appuyer son propos.

Le graphisme caricatural appuyé par un trait noir se veut aussi mordant que le texte. Une bande dessinée espiègle et ingénieuse profondément engagée qui déconstruit notre conception de l’amour héritage des générations successives. Si le ton demeure pessimiste et que je ne me suis pas retrouvée dans l’intégralité de ce roman graphique, je ne peux que saluer l’intelligence et la pertinence de cet ouvrage. Une découverte avec Liv Strömquist que je prolongerai !

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Une bibliothèque féministe – Agathe Le Taillandier (2021)

Et si nous complétions notre bibliothèque ?

Avec audace, Agathe Le Taillandier a composé une bibliothèque féministe en interrogant 18 femmes. Romancières, actrices, artistes, intellectuelles, féministes elles ont toutes en commun leur passion pour la littérature. Au fil des pages, elles dévoilent les livres qui ont incontestablement marqué leurs parcours de lectrices.

Avec elles, nous partons à la rencontre de ces livres méconnus ou incontournables qui ont jalonné leurs vies et bouleversé leurs destins. Ces oeuvres les ont interpellées, interloquées, révoltées, passionnées… Elles mettent à nu les mots qui ont fait écho à leurs vies de femmes.

Ce livre se parcourt avec délice et nous fait redécouvrir des auteurs emblématiques ou inconnus de Virginie Despentes, à Annie Ernaux, en passant par Virginia Woolf, Simone de Beauvoir, Djaïli Amadou Amal, Alison Bechdel, Françoise d’Eaubonne…

Pionners du féministes ou visages nouveaux dans le paysage littéraire, toutes se côtoient avec harmonie dans cette bibliothèque. Je ne peux que vous recommander cette rencontre avec ces femmes diverses et complémentaires. Un livre qui risque dangereusement de surcharger les étagères de votre bibliothèque…

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« J’ai dû disparaître avec la plus grande vélocité, et bien que je me rapetisse le plus possible, dans mon coin, je suis encore de trop ».

« Les livres que j’ai lus se sont inscrits dans ma chair, sur ma peau, dans ma mémoire comme une sorte de tatouage, palimpseste illisible tant il possède de couches successives »

Beauté fatale – Mona Chollet (2012)

Quelle est votre image de la femme ?

Dans cet essai, Mona Chollet tente de déconstruire un modèle féminin stéréotypé. Elle dépeint une femme cloisonnée entre le pouvoir marketing de la publicité et une société de consommation propageant un idéal de minceur et de beauté. Même dans la plus anodine des séries télévisées, la femme est assaillie par cette image d’une beauté blonde, placide et fine.

Mona Chollet use de toutes les illustrations : série-télévisées, stars d’Hollywood, publicités, défilés de mode, enquêtes sociologiques pour démontrer la force de ce modèle féminin.

Elle révèle également comment ces mécanismes aboutissent parfois à une dévalorisation grandissante de l’image de soi.

Mona Chollet, avec un certain mordant, questionne le lecteur sur les dérives d’une société capitaliste et patriarcale.

Entre révoltes et questionnements féministes, cet essai documenté ouvre de belles pistes de réflexion !

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

« Il n’y a pas seulement l’existence pure et simple – positive, objective – mais une existence qui se montre, se donne à voir, qui se dédouble pour ainsi dire en « être » et « paraître », ou en « existence » et « apparence ».

« Elles forceraient les hommes à les prendre au sérieux, et inventeraient avec eux des relations entre les sexes plus riches, plus satisfaisantes, en abattant la prison des rôles appris. Et quand l’industrie de la mode et de la beauté prétendrait leur faire gober que leur bien-être coïncidence avec le niveau de son chiffre d’affaires, elles lui riraient au nez ».

Nous sommes tous des féministes – Chimamanda Ngozi Adichie (2014)

Et si nous parlions de féminisme ?

Ce recueil comporte deux discours portés par la voix forte et puissante de Chimamanda Ngozi Adichie.

Le premier discours aborde la définition controversée du féminisme. A l’âge de quatorze ans, Chimamanda Ngozi Adichie entend pour la première fois le mot « féministe » dans une invective prononcée par son ami d’enfance. Elle n’a qu’une vision floue de cette notion mais perçoit déjà une connotation négative dans le ton employé par son ami. Tout au long de son discours, Chimamanda Ngozi Adichie va puiser dans son vécu pour offrir sa propre vision du féminisme, elle se définit ainsi comme « une féministe Africaine heureuse »

Née au Nigéria, elle a grandit dans un pays où le poids des traditions ancestrales et du sexisme fait rage et où la notion de féminisme reste exclusivement occidentale « le féminisme ne faisait pas partie de notre culture, que le féminisme n’était pas africain et que c’était sous l’influence des livres occidentaux que je me présentais comme une féministe ». 

Une lecture accessible pour donner une définition simple et moderne du féminisme accompagnée d’exemples percutants. J’ai beaucoup aimé ce texte que j’ai trouvé profondément juste.

Le second discours « Le danger de l’histoire unique » marque sa recherche de sa propre histoire notamment à travers la littérature celle de Chinua Achebe ou de Camara Laye. Elle met en exergue l’importance des histoires individuelles diverses pour façonner sa propre identité mais aussi pour humaniser l’autre. Avec des mots incisifs, elle combat la persistance des stéréotypes dans nos sociétés et nous montre une autre voie…

J’ai beaucoup aimé ce recueil à la fois drôle et percutant et j’aurai aimé prolonger ce moment avec la voix admirable et puissante de Chimamanda Ngozi Adichie !

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« J’ai donc décidé d’être désormais une Féministe Africaine Heureuse qui ne déteste pas les hommes, qui aime mettre du brillant à lèvres et des talons hauts pour son plaisir, non pour séduire les hommes »

« Lorsque nous rejetons l’histoire unique, lorsque nous nous rendons compte qu’il n’y a jamais une histoire unique pour un lieu donné, quel qu’il soit, nous reconquérons une sortie de paradis »