L’anomalie – Hervé Le Tellier (2020)

Et si nous parlions d’un livre inclassable ?

Entre roman de science fiction, d’amour, dystopie, thriller policier ou oeuvre psychologique… Ce livre aux confins de tous les genres offre une immersion multiple à travers la littérature.

Parmi les 243 passagers du vol Air France 006 entre Paris et New York, nous découvrons un tueur à gages, un chanteur nigérian, une redoutable avocate, une jeune fille meurtrie, un écrivain, un architecte… Ces personnages, si diamétralement opposés, vont partager un même événement profondément insensé qui va bouleverser leur vie à tout jamais.

Nous découvrons, peu à peu, le quotidien de ces passagers. Malgré des personnages nombreux, Hervé le Tellier parvient en quelques lignes à donner de la consistance à ces caractères disparates. Confronté chacun à des maux bien personnels, un événement insensé relevant de la pure science fiction va les relier les uns aux autres. Le rêve devient alors réalité et ce qui paraissait inconcevable à notre imagination se transforme en pure vérité.

Avec une écriture aux styles multiples, Hervé le Tellier ose nous désarçonner complètement. Il parvient à happer son lecteur avec ce livre inclassable. Je suis ravie qu’un roman si atypique et addictif porté par une magnifique écriture ait pu remporter le prix Goncourt.

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« Le président américain reste immobile, comme sonné. Le mathématicien observe cet homme primaire, et il se conforte dans l’idée désespérante qu’en additionnant des obscurités individuelles on obtient rarement une lumière collective ». 

« L’espoir nous fait patienter sur le palier du bonheur. Obtenons ce que nous espérions, et nous entrons dans l’antichambre du malheur »

Comment ne pas éduquer les enfants – Franz Kafka (2020)

Et si vous expédiez un livre sous pli pour les fêtes de fin d’année ?

Les Editions L’orma proposent la collection « Les plis », véritable petit bijou littéraire à envoyer à vos proches sans aucune modération.

En quelques lignes, ce recueil de correspondances porte un nouveau regard sur la vie intime des écrivains et penseurs célèbres.

Tout d’abord, dans plusieurs lettres adressées à sa soeur, Franz Kafka expose des préceptes éducatifs bien surprenants. Ainsi, ces écrits s’apparentent plutôt à de véritables recommandations et commandements éducatifs s’agissant de son neveu, Félix. Sa pensée pédagogique est bien curieuse, Franz Kafka estime que les parents n’ont pas pour mission d’éduquer leurs enfants !

Puis, nous découvrons sa correspondance avec Felice Bauer, devenue sa fiancée. Franz Kafka n’a de cesse de lui dépeindre son caractère « taciturne, insociable, renfrogné, égoïste et hypocondriaque » et sa santé fragile pour la convaincre de ne pas se marier avec lui. Allant jusqu’à révéler ses pires défauts à son beau-père pour éviter toute union maritale avec Félice Bauer. Malgré son amour, Franz Kafka n’aura de cesse de fuir. Ces lettres sont à la fois terriblement drôles mais aussi portées par un style brillant.

La dernière lettre écrite en 1919 à destination de son père expose la complexité de leur relation. Avec émotion, nous accédons à l’enfance de Franz Kafka qui nous dresse une véritable analyse du rôle parental dans sa construction personnelle.

A travers les photos de famille, le regard de ses proches et ses correspondances, j’ai aperçu l’intimité et la personnalité forte de Franz Kafka. J’ai aimé ce nouveau regard porté sur cet écrivain qu’on ne présente plus.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« On peut être trop jeune pour gagner sa vie, pour le mariage, pour mourir, mais, peut-on être trop jeune pour une éducation douce, sans entraves, propre à déployer en soi le meilleur ? »

« Ecrire, c’est s’ouvrir jusqu’à la démesure ; l’ouverture du coeur et le don de soi les plus extrêmes »

Nous sommes tous des féministes – Chimamanda Ngozi Adichie (2014)

Et si nous parlions de féminisme ?

Ce recueil comporte deux discours portés par la voix forte et puissante de Chimamanda Ngozi Adichie.

Le premier discours aborde la définition controversée du féminisme. A l’âge de quatorze ans, Chimamanda Ngozi Adichie entend pour la première fois le mot « féministe » dans une invective prononcée par son ami d’enfance. Elle n’a qu’une vision floue de cette notion mais perçoit déjà une connotation négative dans le ton employé par son ami. Tout au long de son discours, Chimamanda Ngozi Adichie va puiser dans son vécu pour offrir sa propre vision du féminisme, elle se définit ainsi comme « une féministe Africaine heureuse »

Née au Nigéria, elle a grandit dans un pays où le poids des traditions ancestrales et du sexisme fait rage et où la notion de féminisme reste exclusivement occidentale « le féminisme ne faisait pas partie de notre culture, que le féminisme n’était pas africain et que c’était sous l’influence des livres occidentaux que je me présentais comme une féministe ». 

Une lecture accessible pour donner une définition simple et moderne du féminisme accompagnée d’exemples percutants. J’ai beaucoup aimé ce texte que j’ai trouvé profondément juste.

Le second discours « Le danger de l’histoire unique » marque sa recherche de sa propre histoire notamment à travers la littérature celle de Chinua Achebe ou de Camara Laye. Elle met en exergue l’importance des histoires individuelles diverses pour façonner sa propre identité mais aussi pour humaniser l’autre. Avec des mots incisifs, elle combat la persistance des stéréotypes dans nos sociétés et nous montre une autre voie…

J’ai beaucoup aimé ce recueil à la fois drôle et percutant et j’aurai aimé prolonger ce moment avec la voix admirable et puissante de Chimamanda Ngozi Adichie !

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« J’ai donc décidé d’être désormais une Féministe Africaine Heureuse qui ne déteste pas les hommes, qui aime mettre du brillant à lèvres et des talons hauts pour son plaisir, non pour séduire les hommes »

« Lorsque nous rejetons l’histoire unique, lorsque nous nous rendons compte qu’il n’y a jamais une histoire unique pour un lieu donné, quel qu’il soit, nous reconquérons une sortie de paradis »

La curée – Emile Zola (1872)

Et si nous nous plongions dans un roman mêlant l’or et la chair ?

Avec le deuxième volume de la série des Rougon-Macquart, Emile Zola construit une analyse autour du pouvoir de l’argent et du dérèglement des corps.

Aristide Saccard, frère d’Eugène Rougon, n’a qu’une seule soif, celle de l’argent. A l’aube de la proclamation du Second Empire, Aristide s’installe à Paris, bien décidé à faire fortune. Sous l’impulsion de son grand frère il gravit, petit à petit, les échelons et commence à se faire un nom dans la haute société parisienne.

Maîtrisant les spéculations, il fait fortune grâce à la transformation de Paris par le baron Haussmann. Sa nouvelle femme Renée symbolise ce Paris mondain. Elle se complait dans le luxe et n’a de cesse d’assouvir ses goûts dispendieux.

Pourtant son appétit ne semble jamais assouvi, Renée commence alors à ressentir du désir pour le fils de son mari, Maxime. Cet amant quasi incestueux jette une nouvelle perversion dans la vie de Renée. La ruée vers l’or s’accompagne alors d’une orgie de chair.

J’ai aimé découvrir Paris sous la plume d’Emile Zola qui, encore une fois, dissèque ses personnages et pose une étude sociale toujours aussi brillante.

Avec pour décor le Paris du XIXème siècle, Emile Zola dresse le portrait de ces parvenus aux désirs outranciers et inassouvis. Entre enrichissement spéculatif et dépravation morale, Emile Zola dresse une analyse fine et acerbe du Second Empire.

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« Et, à mesure que la calèche s’éloignait, il lui semblait que le crépuscule emportait derrière elle, dans ses voiles tremblants, la terre du rêve, l’alcôve honteuse et surhumaine où elle eût enfin assouvi son coeur malade, sa chair lassée ».

« Alors le drame était fini ? Son crime, les baisers dans le grand lit gris et rose, les nuits farouches de la serre, tout cet amour maudit qui l’avait brûlée pendant des mois, aboutissait à cette fin plate et ignoble ».

Tais-toi, je t’en prie – Raymond Carver (1976)

Et si nous nous immergions dans la réalité du quotidien ?

Avec ce recueil de vingt-deux nouvelles, Raymond Carver nous plonge au coeur du quotidien. Un ordinaire, ni éclatant ni lumineux, mais bien construit autour d’une vérité crue.

Ouvriers, magasiniers, caissiers, facteurs, commerciaux ou chômeurs, tous portent les mêmes interrogations sur le monde ou sur leur vie de couple. Dans des pavillons américains, des familles sont confrontées aux aléas du quotidien entre le règlement des factures, l’éducation des enfants ou la médisance des voisins…

Face aux ravages de l’alcool ou de la pauvreté, Raymond Carver dresse le tableau de ces familles américaines. Ces nouvelles, d’une profonde sincérité, mettent de côté tous les faux semblants.

A travers ces scènes d’un quotidien ordinaire, Raymond Carver dessine des portraits violents, cruels ou tragiques. Sous le prisme de la banalité, ces écrits vont nous en dire bien plus sur la solitude grandissante des êtres.

Portées par une belle écriture, ces nouvelles content des instants ordinaires parfois emprunts d’une désespérance sans limite.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« C’est vrai que la campagne était paisible ; il s’en dégageait un certain charme aussi, et l’idée de se trouver propriétaire de quelque chose de vraiment durable, de vraiment permanent, ne manquait pas d’attrait non plus. Il éprouva un subit élan de tendresse envers le modeste verger ».

« Papa ? Tu vas penser que je suis dingue, mais j’aurai voulu te connaître quand tu étais petit. Quand tu avais à peu près l’âge que j’ai maintenant, tu vois. Je ne sais pas comment t’expliquer ça, mais ça me manque. Quand j’y pense, ça me fait comme un trou. Comme si une partie de toi n’était déjà plus là ».

Les Zola – Méliane Marcaggi et Alice Chemama (2019)

Et si nous évoquions un roman graphique éblouissant ?

Vouant une admiration sans limite à Zola, c’est avec un grand enthousiasme que je me suis plongée dans cette bande dessinée sur les traces des femmes qui ont marqué sa vie.

Transportés en 1863 sur les bords de Seine dans le décor « Du déjeuner sur l’herbe » en compagnie de Manet, Zola et Cézanne, nous faisons la rencontre de Gabrielle, une femme libre, secrète et vivante ! Zola travaille encore comme pigiste chez Hachette lorsqu’il débute son idylle avec Gabrielle.

Lors du début de leur relation, Zola va découvrir la part sombre et cachée de Gabrielle et son autre prénom : Alexandrine. Elle révèle à Zola la tragédie qui a marqué sa vie. Cette confidence ne fait que renforcer leur lien.

Ils finissent par se marier mais les désirs de maternité de Gabrielle sont effacés par l’oeuvre de Zola. Devenu un écrivain célèbre, il débute l’écriture des Rougon- Macquart et Gabrielle s’avère être un soutien indéfectible. Véritable muse, elle le guide sur le terrain afin de mener des enquêtes indispensables à la construction de ses livres.

Au fil des années, les envies de paternité d’Emile Zola font surface et, peu à peu, une autre femme se glisse au coeur de leur maison, Jeanne Rozerot, une lingère au service du couple…

Je suis restée éblouie par la beauté des illustrations qui dépeignent une époque et donnent une nouvelle lecture de la vie d’Emile Zola. Ainsi, la place des femmes dans sa vie et dans la construction de son oeuvre est centrale.

C’est au travers des voix féminines que nous redécouvrons l’homme caché derrière l’écrivain….

A travers l’abnégation de Gabrielle pour porter l’oeuvre de Zola, cette bande dessinée nous interroge, avec justesse, sur la place des femmes dans nos sociétés.

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Le temps où nous chantions – Richard Powers (2002)

Et si nous nous autorisions une parenthèse musicale ?

Avec cet imposant roman, Richard Powers mêle la musique et la question épineuse de la discrimination raciale dans nos sociétés.

A propos du racisme en Amérique, James Baldwin déclarait :

« C’est un très grand choc pour vous de découvrir que le pays où vous êtes né, auquel vous devez la vie et votre identité, n’a pas créé, dans tout son système de fonctionnement réel, la moindre place pour vous »

Absolument tout semble éloigner Daley et David. Daley est une jeune femme noire rêvant d’une carrière de chanteuse tandis que David est un brillant physicien allemand, seul rescapé d’une famille décimée par le nazisme. En 1939, ces deux êtres vont se rencontrer lors d’un concert de Marian Anderson, célèbre cantatrice noire.

Si tout les sépare, ils vont tenter l’impossible et créer leur propre univers, loin des conventions. De ce mariage mixte naît trois enfants : deux garçons, Jonah et Joseph, et une fille Ruth.

C’est autour de la musique que Daley et David construisent leur propre monde. Un idéal où la couleur de peau n’a plus aucune importance et où la vie s’articule au rythme de la musique. Ainsi, ils font le choix de vivre hors du monde et du temps.

Le talent musical de Jonah devient si incontournable que ses parents décident de l’inscrire dans une prestigieuse école. Accompagné de son frère Joseph, la musique deviendra leur seul univers. Mais peut-on vivre hors du monde ?

L’implacable réalité n’aura de cesse de venir les frapper au fil des années…

Ce livre s’accompagne d’un très bel hommage musical et questionne profondément les fractures raciales de la société américaine. Si j’ai trouvé que ce roman imposant présente des longueurs, je ne peux que saluer l’ambition de ce livre.

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Des enfants d’un nouvel âge. Les conquérants d’une nouvelle terre, au-delà des races, des deux races, d’aucune race, de l’espèce humaine simplement : un métissage uni, comme les notes qui se joignent pour former un accord »

« Il chanta comme quelqu’un au-delà de la tombe, qui aurait réussi à revenir un dernier instant, afin de revêtir encore une fois l’enveloppe de la chair »

Des frelons dans le coeur – Suzanne Rault-Balet (2020)

Et si vous accompagniez votre café d’un poème ?

Accoudés avec Suzanne Rault-Balet dans un café, elle offre à nos yeux envoutés la lecture de ses carnets poétiques.

Suzanne Rault-Balet raconte son parcours, celui de la « louve citadine » Elle s’érige en infirmière et explique comment elle distribue à coeur perdu des vagues d’amour autour d’elle.

Prête à panser les blessures de chacun, Suzanne Rault-Balet nous parle de dépendance affective mais également de son rapport au monde, à ses parents ou à son quotidien. Adepte de l’errance, elle noircit des carnets et nous y expose ses désirs, sa quête d’amour mais également d’indépendance.

Une prose féminine et libre qui, avec justesse et modernité, nous parle de la femme dans toute sa complexité. J’ai trouvé certains passages d’une pure beauté. Diamant brut emprunt d’érotisme, il convient de s’approprier ce recueil accompagné de photos en argentique pleines de poésie.

Un texte dans lequel on aime se plonger, plusieurs fois, avec un café à l’image de Suzanne Rault-Balet.

Merci à la collection @icono.pop et aux @ed_iconoclaste pour cet envoi

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Englobe mes histoires

Suce bien mes grimoires

J’ai besoin qu’on me vide

de mon essence amère »

« je suis libre

je peux décider de ma trajectoire

je peux disposer de mon corps

je peux façonner mes discours

tailler dans les mots que j’emploie

je suis libre

je ne suis sous aucune autre gouverne que la mienne

je n’ai aucun autre maître que moi

aucune autre barrière que celles que je me dresse

toute seule

je suis libre »

« lève-toi à cinq heures

poste-toi à la hauteur de la ville

juste en dessous du ciel

juste au-dessus des Hommes

laisse les minutes passer et vois

les lumières s’allumer chacune leur tour

sur ces toutes petites vies

vois les gens se lever

des unes après les autres pour se coucher le soir

sans avoir rien appris sinon que leur jeunesse leur échappe »

Ohio – Stephen Markley (2020)

Et si nous évoquions un roman noir envoûtant ?

Stephen Markley avec « Ohio » signe un premier roman haletant sur la jeunesse américaine.

Trois amis d’enfance, Rick, Bill et Ben vivent dans l’espoir de quitter New Canaan, ville qui les a vu grandir et grand symbole de l’Amérique profonde.

Le 11 septembre 2001 marque un tournant dans l’histoire américaine mais également dans la destinée de cette bande d’amis. La chute des tours du World Trade Center est la première fracture de leur amitié et fait s’évanouir leur candeur adolescente. Rick s’engage dans l’armée et devient militaire en Irak alors que Bill se tourne vers un antimilitariste fervent. Quant à Ben, porté par ses ambitions musicales, son destin n’en demeure pas moins tragique…

Des années plus tard, sous une douce nuit d’été, plusieurs membres du lycée de New Canaan se retrouvent et font ressurgir avec eux les fantômes d’un passé qui ne les a jamais véritablement quitté.

À travers le portrait de ces protagonistes, cette fresque sociale nous plonge, sans concession, à la rencontre de cette jeunesse marquée par une mémoire traumatique. Ils ont choisi l’alcool, la drogue ou la violence comme remèdes. Un roman noir envoûtant qui dresse le parcours meurtri de ces jeunes désabusés aux rêves déchus.

Porté par les voix dissonantes de ces jeunes patriotes, militants, toxicomanes, vétérans, homosexuels ou intellectuels, Stephen Markley dresse un panorama américain brillant !

Je suis restée fascinée par ce livre qui transporte son lecteur mais qui donne aussi à réfléchir profondément sur la société américaine. Conquise !

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Coup de ❤

Citations :

« Il ressentait un bonheur sans cause, sans justification, aussi blanc que la neige. Sa peau chauffait et picotait, il jouissait par tous les pores en même temps. Toutes les amours de sa vie s’inscrivaient étincelantes sur la rivière mystique du ciel, qui charriait des étoiles, des satellites et de la poussière datant du commencement de la Création ».

« Il bascula dans ses rêves, pleurant les rivières et les champs de son pays natal. Il le vit brûler d’un feu bleu et il pria pour avoir la force de le défendre, de se battre pour lui, de lui rendre la vie »

« Nous aurons beau courir le monde et assister à des couchers de soleil, des aurores et des tempêtes plus spectaculaires, lorsque nous apercevons ces champs, ces forêts, ces buttes et ces rivières ancrés dans notre mémoire, notre mâchoire se serre ».

Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse – Mathias Malzieu et Daria Nelson (2020)

Et si nous nous autorisions quelques mots d’amour enchanteurs ?

Conteur et poète, Mathias Malzieu, n’a eu de cesse de nous plonger dans un univers artistique suspendu où le rêve s’entremêle avec la réalité.

Dans ce court recueil « le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse », Mathias Malzieu déclame sa rencontre amoureuse avec une fée. Il l’aperçoit louvoyant entre les tables du café des Deux Magots, puis il dépeint son corps, son coeur et ses mots. De leur coup de foudre à leurs premiers échanges ardents, il nous conte cet amour confiné entre fantômes du passé et rêves d’avenir.

Véritable déclaration d’amour à Daria Nelson, ce recueil à quatre mains mêle avec délicatesse et osmose ses poèmes à lui et son art à elle. Ainsi pour illustrer les mots de Mathias Malzieu nous découvrons la créativité artistique de Daria Nelson, photographe plasticienne.

Cette parenthèse poétique nous transporte au coeur d’un amour incandescent.

Entre sourire, émotion et désir, nous plongeons avec délice dans ce livre, véritable objet artistique.

Merci à la collection Inconopop et aux éditions iconoclaste pour cet envoi

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse a commencé au moment exact où je t’aie vue apparaître telle une panthère des neiges louvoyant entre les tables du café des Deux Magots ».

« Quand la beauté d’une phrase vous saute au coeur avec tant de férocité, il faut développer tout un courage pour accepter le silence qui va suivre ».