Le livre de ma mère – Albert Cohen (1954)

Et si nous évoquions un hommage déchirant ?

Dans ce court récit, Albert Cohen, avec une plume d’une beauté incandescente, adresse à sa mère un éloge poignant.

Après le décès de sa mère, survenu en 1943, Albert Cohen use de l’écriture pour la maintenir en vie. En retraçant les gestes de cette mère infiniment dévouée, il lui adresse une lettre d’amour. Il brosse le portrait d’une mère exclusive, eveloppant son fils d’une tendresse inouïe.

Dévasté par cette perte, qui sonne aussi comme la fin de son enfance, Albert Cohen se fustige pour les instants manqués et pour son égoïsme. Il partage sa nostalgie et fait résonner le cri déchirant de la culpabilité et de l’amour perdu. Comment retranscrire la force de cet amour inconditionnel ?

Véritable poème en prose, ce texte bouleverse par sa beauté et secoue notre âme. J’ai été profondément émue par ces mots et par la plume magistrale d’Albert Cohen.

Ma note

Note : 5 sur 5.

Citations

« Pleurer sa mère, c’est pleurer son enfance. L’homme veut son enfance, veut la ravoir, et s’il aime davantage sa mère à mesure qu’il avance en âge, c’est parce que sa mère, c’est son enfance ».

« Fils des mères encore vivantes, n’oubliez plus que vos mères sont mortelles. Je n’aurai pas écrit en vain, si l’un de vous, après avoir lu mon chant de mort, est plus doux avec sa mère ».

« Somptueuse, toi, ma plume d’or, va sur la feuille, va au hasard tandis que j’ai quelque jeunesse encore, va ton lent cheminement irrégulier, hésitant comme en rêve, cheminement gauche mais commandé. Va, je t’aime, ma seule consolation, va sur les pages où tristement je me complais et dont le strabisme morosement me délecte. Oui, les mots, ma patrie, les mots, ça console et ça venge ».

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