De quoi l’être humain a-t-il véritablement besoin ?
C’est à cette question existentielle que le roman « Dans la forêt » tente de répondre. Dans un contexte contemporain où la surconsommation fait rage et où les possessions matérielles semblent vitales, Jean Hegland nous décrit une autre voie : celle de la nature.
Au Nord de la Californie, une famille vit en bordure de forêt. S’ils ont choisi une vie à proximité de la nature, ils ne sont pas, pour autant, coupés du monde et continuent à utiliser les technologies modernes.
Pourtant, l’impensable va se produire. Peu à peu, la région se retrouve privée d’électricité. Le monde moderne, tel que l’être humain l’a toujours connu, va s’en trouver profondément anéanti.
Au coeur de cette fin de civilisation, deux soeurs, Nell et Eva, vont devoir survivre dans les bois. Tout d’abord dans l’attente d’un sauvetage, elles vont peu à peu apprendre à vivre des interactions brutes avec la forêt.
Si l’une voulait devenir danseuse professionnelle et l’autre était destinée à un brillant avenir à Harvard, leur monde s’effondre et les décès successifs de leurs parents ne font qu’accentuer leur isolement.
Dans un contexte post-apocalyptique, ce roman transperce le lecteur par sa force. En effet, avec l’urgence des dangers environnementaux, la résonance de ce récit est particulièrement vive. J’ai aimé les questionnements implicites sur nos modes de vie contemporains.
Véritable prophétie écologique, ce récit brut et intense semble remettre de l’ordre dans notre vision du monde. La relation entre les deux héroïnes évolue au fil des pages et donne également beaucoup de relief au roman.
Un roman d’anticipation, un brin utopique, mais qui ne laisse pas indifférent.
Ma note :
Citations :
« Je n’ai jamais vraiment su comment nous consommions. C’est comme si nous ne sommes tous qu’un ventre affamé, comme si l’être humain n’est qu’un paquet de besoins qui épuisent le monde. Pas étonnant qu’y ait des guerres, que la terre et l’eau soient polluées. Pas étonnant que l’économie se soit effondrée »
« Pendant tout ce temps on a vécu dans le passé, en attendant d’y revenir. Mais le passé n’existe plus. Il est mort »
« J’ai fait le tri dans le tas de livres par terre, et je les aimais tous. … J’aimais tout ce qu’ils représentaient pour moi, tout ce qu’ils m’avaient appris, tout ce que j’avais été à leur contact, et j’ai mesuré à quel point choisir était tragique, car en prendre un signifiait laisser les autres »
