Florida – Olivier Bourdeaut (2021)

Et si nous parlions de la vengeance d’une poupée ?

Après le succès retentissant de « En attendant Bojangles », Olivier Bourdeaut nous plonge dans un tout nouveau univers celui des paillettes et des podiums.

Elizabeth a seulement sept ans quand sa mère l’inscrit à son premier concours de beauté. Sa participation et son succès en robe de princesse signent la fin de son enfance. Après cette première réussite, sa mère, tendrement appelée par sa fille « la Reine mère » voue une obsession viscérale et maladive pour les concours et décide d’inscrire sa fille chaque semaine au concours de mini miss.

La mère d’Elizabeth pour parvenir à la première place du podium est prête à toutes les excentricités : faux-cils, paillettes, auto-bronzant ou chirurgie esthétique… Ainsi affublée, Elizabeth quitte son domicile sous le regard apathique de son père qu’elle surnomme, le Valet. Des années plus tard, devenue Florida, Elizabeth transformera son corps portée par une vengeance insatiable.

Ce roman brut et insolant parle d’un corps métamorphosé par la colère. Avec un ton féroce, Olivier Bourdeaut lève le voile avec justesse sur un monde artificiel et névrosé. Si les thématiques abordées sont fortes, je n’ai pas retrouvé la féérie de ma lecture avec « En attendant Bojangles ».

Merci aux éditions Folio pour cet envoi et à Babelio pour cette rencontre enrichissante avec Olivier Bourdeaut !

Ma note :

Note : 2.5 sur 5.

Citations :

« Je le constaterai plus tard, un homme qui crie tout le temps est souvent un homme faible. Le silence est fort ».

« Ma mère s’emmerdait, elle m’a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s’est vengée »

Marguerite – Jacky Durand (2017)

Et si nous découvrions une femme époustouflante ?

Avec ce roman au style limpide, Jacky Durand, nous touche au coeur avec des personnages forts et émouvants.

Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, Pierre le mari de Marguerite est mobilisé et quitte brutalement leur maison paisible de l’est de la France. Marguerite est contrainte d’affronter seule un monde devenu impitoyable. Entre privation et travail, elle s’approprie sa nouvelle solitude et apprend à devenir indépendante. Elle cultive son jardin et s’acclimate à des tâches masculines qu’elle ne pensait jamais réaliser.

Quand son regard croise celui d’un soldat allemand, elle rejette avec force l’humanité qui se dégage de cet homme. A mesure que leur rapport s’intensifie, toutes ses certitudes s’écroulent.

Si la trame narrative de ce roman reste traditionnelle, j’ai été facilement emportée par ce livre touchant qui dresse le portrait d’une femme libre, fière et émancipée !

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citation :

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant. D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime. » Au bas de la page, André a écrit : « Mon rêve familier, de Paul Verlaine recopié par André pour Madame Marguerite ».

Un homme sans histoires – Nicolas Carreau (2022)

Et si nous parlions d’un premier roman rocambolesque ?

Nicolas Carreau nous propose de sortir de notre quotidien en partageant la quête initiatique d’un homme qui vient fracturer la banalité de son existence.

Henri Reille mène une vie millimétrée à Belprat, petite ville française. Toujours ponctuel, il quitte chaque matin sa femme superficielle, avec qui il partage une vie monotone, pour se rendre sur son lieu de travail. Il exerce avec application la profession d’expert comptable depuis de nombreuses années.

Les boutons de manchette légués par son grand-père, emblèmes d’une histoire de guerre poignante, sont ses uniques biens de valeur. Lorsqu’il découvre que son précieux héritage lui a été dérobé visiblement par l’amant de sa femme, Henri perd pour la première fois le contrôle de sa vie et toute considération raisonnable.

La quête de ses boutons de manchette va l’entrainer dans une aventure hors du commun et le mener à la rencontre de personnages fantasques et étourdissants. Devenu fugitif il va, à son corps défendant, quitter sa vie conformiste et partir en cavale de l’Amérique, à l’Argentine en passant par le Mexique !

Un premier roman aussi drôle que fluide où nous suivons avec intérêt cet anti-héros dans sa quête de fantasque. J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman d’aventures qui nous emporte facilement dans un univers décalé et loufoque.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Henri s’était souvent fait la réflexion que sa femme ferait une piètre héroïne de roman, tant elle était dénuée de l’ambiguïté qui fait la profondeur psychologique nécessaire à un bon personnage. Mais elle faisait l’affaire dans le tableau de sa vie et lui permettait d’afficher un statut parfaitement en règle avec les convenances »

« Le paysage ne ressemblait nullement à l’idée qu’il se faisait de l’Amérique du Sud, mais il en avait certes une image assez caricaturale. Il aurait donner cher pour voir ne serait-ce que l’Inter U de Belprat ».

L’ordre du jour – Eric Vuillard (2017)

Et si nous marchions sur les traces de notre histoire ?

Dans un récit d’une grande finesse, Eric Vuillard porte un nouveau regard sur les évènements historiques qui ont ébranlé la Seconde Guerre mondiale.

Le 20 février 1933, autour d’une même table, 24 industriels et banquiers se font face. Ces hommes de l’ombre, prestigieux industriels, ont contribué à façonner le pouvoir d’Hitler.

Ces hommes représentent de grandes entreprises comme Siemens, Bayer, Krupp ou encore Opel. Encore aujourd’hui nous les connaissons tous, Eric Vuillard relate leur enrichissement sur l’horreur des camps de concentration.

Ce court récit retrace également une série de rencontres entre 1933 et 1938 qui ont fait basculer toute l’Europe. Eric Vuillard décrit avec une grande précision des étapes clés de l’invasion autrichienne et l’inaction des états européens. Avec des propos grinçants, il nous expose la manipulation politique d’un homme et l’impact considérable sur les grandes puissances comme la France ou l’Angleterre.

Un récit incisif et passionnant qui propose un nouvel éclairage sur l’histoire.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« C’est curieux comme jusqu’au bout les tyrans les plus convaincus respectent vaguement les formes, comme s’ils voulaient donner l’impression de ne pas brutaliser les procédures, tandis qu’ils roulent ouvertement par-dessus tous les usages. On dirait que la puissance ne leur suffit pas, et qu’ils prennent un plaisir supplémentaire à forcer leurs ennemis d’accomplir, une dernière fois, en leur faveur, les rituels du pouvoir qu’ils sont en train d’abattre »

« Un mot suffit parfois à congeler une phrase, à nous plonger dans je ne sais quelle rêverie ; le temps, lui, n’y est pas sensible. Il continue son pèlerinage, imperturbable au milieu du chaos ».

La poule et son cumin – Zineb Mekouar (2022)

Et si nous voyagions au Maroc ?

Avec ce premier roman, Zineb Mekouar nous transporte dans un Maroc moderne et contrasté.

Kenza et Fatiah ont été élevées ensemble. Elles sont comme deux soeurs issues de deux familles opposées. A la mort de ses parents, Kenza a été recueillie par ses grands-parents et a toujours connu une vie aisée. Fatiah est la fille de Milouda, la nourrice de Kenza. Toutes les deux solitaires, elles ont créé une relation forte et unique au-delà des différences de classes.

Après une jeunesse fusionelle, leur adolescence fait ressurgir toutes leurs différences. Kenza débute une relation amoureuse avec Karim, un jeune homme issu d’une famille privilégiée. Fatiah reste dans l’ombre et perçoit avec plus d’acuité le poids de sa différence. Quand Kenza part à Paris faire ses études et que Fatiah reste au Maroc, la scission entre les deux femmes devient intense. Le poids des non-dits et des trahisons fera-t-il imploser leur relation ?

A l’image du Maroc et de ses contrastes, cette dualité féminine va évoluer tout au long du roman. A travers le portrait de ces deux femmes, Zineb Mekouar pose un regard sans concession sur le Maroc et fait éclater la modernité ensevelie sous le poids des traditions. Avec une grande clairvoyance, Zineb Mekouar lève le voile sur la condition des femmes au Maroc.

Si je n’ai pas été totalement emportée par cette plume brute, j’ai trouvé ce récit percutant et ancré dans le réel.

Merci aux éditions J-C Lattès pour cet envoi et à Zineb Mekouar pour nos échanges !

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citation :

« Les deux enfants finissaient toujours par s’endormir main dans la main, l’une s’approchant trop près du rebord du matelas, l’autre le nez écrasé sur le pied du lit. Elles restaient ainsi une bonne partie de la nuit – les doigts entremêlés. »

Regardez-nous danser – Leïla Slimani (2022)

Et si nous poursuivions une fresque familiale ?

Avec ce deuxième volume, Leïla Slimani nous propose de retrouver les personnages du « Pays des autres ». Nous n’avons pas oublié Mathilde, cette jeune française ayant quitté son Alsace natale par amour pour Amine.

Grâce à leur travail et leur ténacité, Amine et Mathilde ont créé une ferme prospère et florissante au Maroc. Au fil des années, ils ont façonné leur place au sein de la société en intégrant un milieu bourgeois élitiste.

Une dizaine d’années plus tard, leurs deux enfants ont grandi. Aïcha, s’est émancipée en partant faire ses études de médecine en Alsace. Resté au pays son frère Selim, s’il est performant en natation, semble se destiner à un avenir moins prometteur. L’amour va ébranler cette jeunesse et bouleverser leur avenir.

Leïla Slimani fait glisser son regard sur cette deuxième génération. Les enfants d’Amine et Mathilde ont pris leur envol et ont conquis leur liberté. Leïla Slimani ancre son récit intime sur des assises historiques puissantes entre le mouvement mai 68 ou la fragilité du pouvoir de Hassan II au Maroc.

Elle dresse le portrait d’une jeunesse en pleine mutation sexuelle et sociale et nous emporte vers des personnages féminins forts et incandescents ! Je reste profondément marquée par l’oeuvre de cette autrice incroyable.

Merci aux éditions Gallimard pour cet envoi et cette rencontre passionnante avec Leïla Slimani grâce à Babelio.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Non seulement il était amoureux d’elle, la femme qu’il connaissait, mais aussi de toutes celles qu’elle avait été et de toutes celles qu’elle deviendrait ».

« Tout aurait été tellement plus facile si les idéaux mouraient vraiment. Si le temps les faisait disparaître pour toujours et qu’ils ne trouvaient plus, en votre for intérieur, aucune attache. Mais les illusions restent là, tapies en vous, quelque part. Abîmées, flétries. Comme un remords ou une vieille blessure qui se réveille les soirs de mauvais temps »

Trois femmes puissantes – Marie Ndiaye (2009)

Et si nous parlions du récit de trois femmes ?

Marie NDiaye dresse le portrait de trois femmes confrontées au parcours d’exil, au désaveu d’un père ou à la place omniprésente d’un mari. Ces trois forces féminines feront face chacune à leurs propres maux.

Norah affronte son père après de nombreuses années. Dès son enfance, elle a été abandonnée et son père a disparu emportant avec lui son jeune frère, Sony. Asphyxiée par le poids de ce départ, elle porte sa réussite comme un talisman face à ce désamour. Des années plus tard, lors d’un séjour chez son père, elle doit lui faire face et découvre, sidérée, le sort réservé à son frère…

Fanta, professeur de littérature, n’exerce plus son métier depuis plusieurs années. Sa voix s’est éteinte sous la toute puissance de celle son mari. Dans cette nouvelle, nous écoutons uniquement la parole de Rudy, son conjoint. Celui-ci s’épanche sur sa vie et se confie au sujet de la violence pure qui ne cesse de jaillir en lui. Cette voix masculine nous permet-elle de mieux comprendre Fanta ?

Khady, vient de perdre son mari. Devenue veuve, elle est rejetée par sa belle famille et doit quitter le pays. Lors de ce parcours d’exil elle fait face à tous les obstacles et croise sur sa route Lamine. Pourra-t-elle se fier à cet homme qui lui tend la main ?

J’ai trouvé ces trois nouvelles inégales et j’ai eu une nette préférence pour la dernière. Malgré la maîtrise de Marie Ndiaye, je n’ai pas été emportée par l’intégralité de cette oeuvre. Malgré tout, j’ai été touchée par la force féminine qui émane du dernière texte.

Ma note :

Note : 2 sur 5.

Citation :

« Elle poussa doucement la porte et l’odeur tiède des cheveux d’enfant fit remonter d’un coup l’amour qui l’avait désertée. Puis cela reflua et s’en alla, elle se sentit de nouveau distraite, endurcie, inaccessible, comme occupée par quelque chose qui ne voulait laisser la place à rien d’autre, qui avait pris, tranquillement, sans justification, possession d’elle »

Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla – Jean-Christophe Rufin (2019)

Et si nous faisions la connaissance d’un couple fantasque ?

Cette oeuvre dresse le portrait de deux êtres hors du commun reliés par leurs séparations et retrouvailles éternelles.

Lors de son voyage en Ukraine en 1958, Edgar croise le regard de Ludmilla. Foudroyé par l’intensité de cette rencontre sans qu’un mot ne soit échangé, Edgar retourne en France avec une seule idée en tête : retrouver Ludmilla. Il organise un nouveau voyage afin de la conquérir en usant de son charme et de sa désinvolture.

S’il s’est érigé en sauveur, leur relation va évoluer. Sans se connaître ils débutent une vie commune fragile en France. Ludmilla ne parle pas un mot de français mais s’acclimate rapidement à cette nouvelle vie. Leur destinée atypique va les séparer et les réunir dans un ballet amoureux aussi sensuel que chaotique.

Avec une écriture fine et fluide, Jean-Christophe Rufin révèle cet amoureux tumultueux et nous emporte facilement auprès de ce couple flamboyant. Si je n’ai pas été totalement transportée, je garde un bon souvenir de ce couple étincelant.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Ce n’était pas un baiser fougueux, impudique, comme en échangent de jeunes épousés impatients de se découvrir. Ce n’était pas non plus le baiser convenu d’êtres calmés dans leurs ardeurs et détachés de la chair. C’était une longue étreinte, déchirante de tendresse et de douleur, le symbole pour tous ceux qui en étaient les témoins, de ce que la condition humaine recèle de plus tragique : l’amour à l’épreuve de l’ultime séparation. L’éternité du sentiment et la finitude des corps »

« Ils s’étreignirent, envahis l’un et l’autre par la sensation d’être à nouveau complet dans le monde »

La plus secrète mémoire des hommes – Mohamed Mbougar Sarr (2021)

Et si nous révélions notre amour pour la littérature ?

Un jeune auteur sénégalais, Diégane Latyr Faye découvre dans un manuel de littérature un livre singulier « Le labyrinthe de l’inhumain ».

Publié en 1938, ce livre écrit par T.C Elimane, auteur lui aussi sénégalais, a bouleversé le milieu littéraire. Suite aux accusations de plagiat et aux critiques acerbes, la maison d’édition a fermé et presque tous les exemplaires de cet oeuvre ont été détruits. Depuis ce scandale littéraire, T. C Elimane a disparu.

Grâce à l’autrice Siga D, Diégane Latyr Faye parvient à mettre la main sur un des exemplaires de ce livre. Transcendé par cette lecture, il décide de partir sur les traces de cet auteur oublié.

Sa quête périlleuse va le mener vers plusieurs continents entre magie noire, littérature et saga familiale. Il découvre au cours de son enquête un écrivain aussi sombre que lumineux. Cette quête littéraire n’est que le prétexte pour nous transporter dans des milieux vastes et pourtant enchevêtrés les uns aux autres.

Porté par une grande érudition, ce roman foisonnant nous emporte vers des chemins inattendus. Même si la confusion règne parfois durant la lecture, ce roman déroutant n’a de cesse de nous surprendre !

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Le hasard n’est qu’un destin qu’on ignore, un destin écrit à l’encre invisible ».

« La littérature m’apparut sous les traits d’une femme à la beauté terrifiante. Je lui dis dans un bégaiement que je la cherchais. Elle rit avec cruauté et dit qu’elle n’appartenait à personne ».

Le fils de l’homme – Jean-Baptiste Del Amo (2021)

Et si nous parlions du poids de l’hérédité ?

Avec ce roman bestial, Jean-Baptiste Del Amo nous parle d’une histoire de la violence.

Après des années d’absence, un père franchit à nouveau les portes de sa maison. Il est bien décidé à se réapproprier son dû : sa femme et son fils. Pourtant, le retour du père glace le sang de toute la famille.

Quelques semaines après sa réapparition il emmène sa femme et son jeune fils aux Roches, un paysage montagneux inhospitalier et reculé. Ce décor est celui de son enfance. En effet, le père a grandi dans ses montagnes avec son propre père. Il a encore sur lui la marque indélébile de son géniteur. Malgré les conditions de vie précaires, il est bien décidé à vivre aux Roches avec sa famille. Avec effroi, le jeune fils sera confronté à son père et au poids de son hérédité…

Ce roman, où la tension monte à chaque page, nous dresse des portraits sans concession et d’une très grande puissance. Un sentiment d’oppression se noue de manière grandissante jusqu’à l’apothéose finale. Ce livre brutal interroge l’héritage de la violence qui contraint et enserre les êtres… Remarquable !

Ma note :

Note : 4.5 sur 5.

Citations :

« Le fils soulève la couverture et la mère se blottit contre lui. Longtemps, ils écoutent la maison siffler et craquer comme un vieux rafiot malmené par la tempête, le vent porter jusqu’à eux le cri de chouettes effraies qui ululent dans le creux d’un arbre mort, avec leurs faces blanches et mystérieuses. Mais, rassuré par la présence et la chaleur du corps de la mère, rien ne peut plus atteindre l’enfant, et tous finissent par retomber jusqu’au matin dans un sommeil tranquille »

« Il ne garde pas de souvenir précis du départ du père. Il n’a conservé de la vie auprès de lui qu’une suite d’impressions morcelées, peut-être fictives et en partie façonnées par les photographies enfouies dans la commode. Il est en revanche plein, comme pétri d’une présence physique de la mère, de son ubiquité, tant elle apparaît et colore, à chaque instant, chaque recoin de l’inextricable maillage qui déjà compose sa mémoire »