Les Sirènes de Badgad – Yasmina Khadra (2006)

Et si nous plongions dans l’enfer de Bagdad ?

Avec ce roman, Yasmina Khadra nous propose une immersion dans une guerre dévastatrice.

Un jeune Bédouin vit à Kafr Karam, modeste village jusqu’alors préservé du conflit. Dans ces terres reculées, la vie s’écoule paisiblement entre les traditions et le silence du désert. Quand le jeune homme découvre la violence et les exactions des soldats américains, tout s’effondre. Face à son village dévasté et au déshonneur familial, une immense vague de haine submerge ce jeune homme d’un naturel paisible.

Porté par une colère implacable, il décide de rejoindre Bagdad et glisse dans les ténèbres de la radicalisation. Jusqu’où ira-t-il pour laver l’affront et le déshonneur ?

Ce dernier roman vient clore la trilogie après « Les hirondelles de Kaboul » et « L’attentat ». Si ce dernier volet m’a paru moins percutant que les précédents, Yasmina Khadra témoigne des mécanismes de la violence et de l’incompréhension profonde entre Orient et Occident. Ce roman, bien que moins émouvant, demeure tout aussi glaçant et explore le parcours d’un jeune homme brisé par la guerre.

Ma note

Note : 2.5 sur 5.

Citations

« Il faut t’endurcir. Il faut savoir renoncer aux peines des autres ; elles ne sont bonnes ni pour eux ni pour toi. Tu es trop mal loti pour t’attendrir sur le sort d’autrui… » En vain. On ne naît pas brute, on le devient ; on ne naît pas sage, on apprend à l’être. Moi, je suis né dans la misère et la misère m’a élevé dans le partage ».

« Ça a toujours été ainsi ; quand on ne trouve pas un sens à un malheur, on lui invente un coupable ».

L’attentat – Yasmina Khadra (2005)

Et si nous comprenions la violence du monde avec Yasmina Khadra ?

Au coeur de Tel-Aviv, une explosion foudroyante fait de nombreuses victimes. Rapidement, la piste de l’attentat est confirmée, une femme kamikaze a actionné les bombes qu’elle portait.

Chirurgien, Amine s’occupe des nombreux blessés toute la nuit. Quand il rentre à son domicile, le téléphone retentit à nouveau, il doit se rendre à l’hôpital en urgences. Il va apprendre par ses collègues et par la police que la kamikaze est son épouse Sihem. Face à cette annonce irréelle, sa vie s’écroule. Au fil du temps, il se rend compte qu’il ne connaissait pas la femme avec qui il partageait sa vie. Dans une lente descente aux enfers, il doit faire le deuil de la femme qu’il aimait mais aussi comprendre l’inimaginable. Amine part alors sur les traces du parcours de radicalisation de Sihem.

Dans sa quête de vérité, Amine va aussi rechercher son identité. Israélien d’origine palestinienne, en tant que chirurgien il a évolué dans un milieu privilégié lui faisant oublier ses racines.

Par une oeuvre incisive et nerveuse, Yasmina Khadra cherche à nous faire comprendre l’impensable. J’ai aimé la force de ce récit qui porte un regard intime sur le conflit israélo-palestinien.

Ma note :

Note : 3 sur 5.

Citations :

« Je veux juste comprendre comment la femme de ma vie m’a exclu de la sienne, comment celle que j’aimais comme un fou a été plus sensible au prêche des autres plutôt qu’à mes poèmes ».

« Garde tes peines pour toi, elles sont tout ce qu’il te reste lorsque tu as tout perdu ».

A quoi rêvent les loups ? – Yasmina Khadra (1999)

Et si nous nous interrogions sur une lente descente aux enfers ?

Nafa Walid, un artiste incompris, rêve d’une brillante carrière dans le cinéma. Malgré ses ambitions artistiques, il doit faire face à la réalité de la vie et à la nécessité de survivre à Alger à la fin des années 80. Enseveli sous la corruption, la ville est en proie à des tensions qui vont impacter son quotidien.

Par nécessité financière, Nafa devient le chauffeur d’une des familles les plus fortunées du pays. Quand il perçoit toute la violence de ces privilégiés, Nafa démissionne.

Désœuvré dans un pays instable, Nafa est de plus en plus vulnérable. Confronté au poids de sa condition sociale et financière, il s’avère être une recrue idéale pour les membres d’une bande armée islamiste. La violence qui lui paraissait inconcevable devient son quotidien. Progressivement il chute et devient aussi engagé qu’enragé. Cette descente aux enfers lui fera-t-elle perdre jusqu’à son humanité ?

Un récit fort, d’une réalité glaçante, qui nous permet de mieux comprendre l’inexorable ascension des mouvances islamistes. Les mécanismes d’endoctrinement sont parfaitement décrits par Yasmina Khadra tout au long de ce roman. Un récit implacable et terrifiant que je ne peux que vous recommander.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« Méfie-toi de ceux qui viennent te parler de choses plus importantes que ta vie. Ces gens-là te mentent. Ils veulent se servir de toi. Ils te parlent de grands idéaux, de sacrifices suprêmes, et ils te promettent la gloire éternelle pour quelques gouttes de ton sang. Ne les écoute pas. Rappelle-toi toujours ceci : il n’y a rien, absolument rien au-dessus de ta vie. Elle est la seule chose qui doit compter pour toi car elle est le seul bien qui t’appartient vraiment »

« La pauvreté ne consiste pas à manquer d’argent, mais de repères«