Et si nous étions profondément ébranlés par un livre ?
Avec une écriture précise, presque chirurgicale, Adeline Dieudonné dans ce nouveau roman, nous propose de remonter le fil de l’histoire d’un couple.
Le texte s’ouvre sur une scène forte. Dans le cadre de la succession, des parents sont réunis à la suite du décès de leurs enfants, dans le décor glacé d’une étude notariale. Rapidement, les contours du drame se dessinent : Arnaud a tué sa femme et ses enfants avant de se suicider.
Puis, le récit se construit à rebours, nous plongeons dans les prémices de la relation qui lie Arnaud et Aurélie. Le premier regard échangé, l’attraction forte et la vie de couple qui s’installe peu à peu. L’emménagement dans un quartier paisible et privilégié de Belgique, puis la naissance des enfants. Derrière cette façade parfaite d’une maison bourgeoise, les premières fissures apparaissent et la violence implacable s’accentue au fil des années. Comment percevoir cette inéluctable violence ?
J’ai été complètement happée par ce roman magnétique qui s’accélère dans une tension presque insoutenable. On ne parvient plus à lâcher ce texte tant Adeline Dieudonné parvient à retranscrire les mécanismes insidieux d’emprise.
Ma note
Coup de ❤
Citations
« Il regardait les images de vidéo-surveillance de la maison : dès qu’il se passait quelque chose, un livreur, l’aide-ménagère, le retour d’Aurélie et des enfants, son cerveau lui envoyait une récompense, il était un peu accro. Il sentait confusément que ça stimulait la même zone de son cerveau que celle qui jouissait de l’assemblage d’un puzzle ou du tri d’un placard encombré. Il aimait l’ordre. Et comme il aimait l’ordre, il se délectait aussi du désordre car il promettait le rangement, la remise à niveau ».
« On rêve toujours de ce que l’on n’a pas et pour finir la réalité déçoit ».