Et si nous nous interrogions sur le sens de l’écriture ?
Lors d’un séjour à Majorque, Deborah Levy tente de renouer avec l’écriture en passant par le prisme de son enfance en Afrique du Sud, un pays rongé par l’apartheid.
Dans ce court récit, elle fait entendre la voix déchirée de sa jeunesse. Privée de son père à la suite de son incarcération pour ses engagements politiques, elle s’est construite autour de ce traumatisme. Cet événement a profondément marqué son enfance et a durablement influencé son travail. Elle témoigne aussi de ses années d’exil en Angleterre et de son acclimatation à la vie londonienne. Comment parviendra-t-elle à se construire face aux fractures de son enfance ?
Dans ce récit infiniment personnel, Deborah Levy choisit de se libérer de son enfance pour se reconnecter à l’écriture. Dans un style limpide, elle use d’images et fait résonner une voix forte et vibrante. Sa plume unique me donne envie de prolonger ce moment et de découvrir le second opus de cette biographie.
Ma note
Citations
« Certaines mères deviennent folles parce que le monde qui les a fait se sentir inutiles est le monde dont leurs enfants tomberont amoureux ».
« Qu’est-ce qu’un bonhomme de neige ? C’est une présence paternelle ronde fabriquée par des enfants pour garder un œil sur la maison. Il pèse lourd, il ne manque pas de matière, mais manque de substance, il est fragile, spectral. À la seconde où on lui a donné des yeux en biscuit, j’ai su qu’il s’était transformé en fantôme de neige ».
« Quand le bonheur est là on a l’impression de n’avoir rien connu avant, le bonheur est une sensation qui ne connaît que le présent de l’indicatif »