Souvenirs dormants – Patrick Modiano (2017)

Si nous parlons de « Mémoires de livres », il m’apparaît impossible de ne pas mentionner l’œuvre de Patrick Modiano.

Encensé par la critique, Prix Nobel de Littérature en 2014, qualifié de Marcel Proust de notre temps, Patrick Modiano dans un style inimitable, nous dépeint avec une grande finesse et beaucoup de nostalgie, les destinées humaines sous le Paris de l’occupation.

Lire un roman de Patrick Modiano, c’est, pour moi, la certitude de ne jamais être déçue.

A nouveau avec son roman « Souvenirs dormants », publié en 2017, Patrick Modiano signe une nouvelle plongée délicieuse dans les souvenirs, dans le passé, dans la nostalgie avec une tendresse infinie.

Dans cette œuvre, nous suivons le parcours du narrateur au travers de ses pérégrinations dans le Paris des années 60. A cette occasion, il replongera avec mélancolie dans ses souvenirs, rencontrera six femmes qui le transporteront dans son passé.

Il m’apparaît impossible de vous transmettre un résumé de cette histoire car il s’agit de bribes, de retours en arrière, de déambulations, d’une quête de la mémoire qui laissent le lecteur suspendu et conquis.

Un doux parcours qui nous plonge dans un état de mélancolie particulière, un semi-rêve avec en toile de fond des souvenirs et des sensations de l’enfance.

Je ne peux que vous conseiller de découvrir son oeuvre au travers de « ses souvenirs dormants ».

S’il est très difficile de décrire le style inimitable et indéfinissable de Patrick Modiano, nous replongeons dans chacun de ses romans avec le même plaisir renouvelé…

Ma note :

Note : 5 sur 5.

Citation :

« C’était dans cette librairie, après tout, que j’avais trouvé ce livre qui m’avait fait beaucoup réfléchir : L’Éternel Retour du même. À chaque page, je me disais : si l’on pouvait revivre aux mêmes heures, aux mêmes endroits et dans les mêmes circonstances ce qu’on avait déjà vécu, mais le vivre beaucoup mieux que la première fois, sans les erreurs, les accrocs et les temps morts… ce serait comme de recopier au propre un manuscrit couvert de ratures… »

La disparition de Joseph Mengele – Olivier Guez (2017)

Parlons livre contemporain ET historique avec Monsieur Olivier Guez, écrivain et journaliste français, né à Strasbourg en 1974.

Ce journaliste indépendant a travaillé pour de multiples médias internationaux et a réalisé des reportages en Europe, en Amérique Latine et au Moyen-Orient.

Il revient en 2017, avec un livre qui a fait beaucoup de bruit et a été auréolé du prix Renaudot. Cette effervescence autour de cet ouvrage et son aspect historique m’ont donné envie d’en savoir plus !

Ce roman, c’est avant tout l’histoire d’une traque, le parcours de Joseph Mengele, ancien médecin tortionnaire à Auschwitz. Plus besoin de présenter cet homme, la simple évocation de ce nom glace jusqu’au sang…

Nous suivons sa fuite au Paraguay, au Brésil jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979…

Un roman extrêmement bien documenté, vrai et intéressant pour les adeptes des romans historiques. L’histoire d’un exil et l’impunité scandaleuse de ces anciens nazis, venus se réfugier au Brésil, sont révélés dans cette oeuvre avec brio.

Nous ne pouvons ainsi que saluer la précision avec laquelle, Olivier Guez, est venu retracer le destin de Joseph Mengele.

Néanmoins, j’ai éprouvé des difficultés à me plonger complètement dans ce roman qui au-delà de l’intérêt historique et du devoir de conscience qu’il véhicule ne m’a pas captivé.

Le portrait de cet homme dénué de conscience, sans culpabilité et d’une profonde lâcheté, m’a juste laissé un goût de noirceur et de désillusion sur le monde du XXème siècle.

Je pense que ce roman n’a pas l’ambition de nous transporter mais de retracer avec précision une partie, parfois méconnue, de notre histoire.

Olivier Guez nous offre ainsi une nouvelle approche de la fuite d’un des personnages clés de la seconde guerre mondiale.

Ma note :

Note : 1.5 sur 5.

Citation :

« Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s’étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s’éclipse et des hommes reviennent propager le mal »