Lire dangereusement – Azar Nafisi (2024)

Et si nous faisions de la littérature un engagement ?

Dans cinq lettres destinées à son père, Azar Nafisi convoque les livres pour faire barrage à l’impensable.

Réfugiée aux Etats-Unis, elle a quitté la République islamique d’Iran il y a plusieurs années. Son père, ancien maire de Téhéran a été incarcéré par le régime. Il partageait avec elle la même conception de la liberté.

Dans ces lettres adressées à son père, Azar Nafisi fait un parallèle glaçant entre l’Amérique de Trump et le régime politique d’Iran. Elle s’arme de la littérature pour éclairer sa vision du monde. De James Baldwin à Margaret Atwood en passant par Toni Morrison ou Salman Rushdie, ils se sont tous engagés dans une oeuvre de résistance. Elle puise dans ces écrits pour mieux comprendre les enjeux politiques de son temps.

J’ai beaucoup aimé la puissance des mots de Azar Nafisi et sa force de conviction. Nourri par des écrivains incontournables, ce livre très inspirant nous donne la force de combattre toutes les oppressions.

Ma note

Note : 4 sur 5.

Citation

« Lancez-vous à corps perdu », nous conseille Rushdie le poète, ajoutant : « Tâchez toujours d’en faire trop. Travaillez sans filet. Inspirez profondément avant de parler. Visez les étoiles. Souriez. Soyez intransigeants. Disputez-vous avec la terre entière. Et n’oubliez jamais que c’est en écrivant que nous sommes les plus proches de garder la main sur les mille et une choses – l’enfance, les certitudes, les villes, les doutes, les rêves, les instants, les phrases, les parents, les amours – qui ne cessent de glisser, tel du sable, entre nos doigts ».

Lettres d’amour et de guerre – Pavlo et Viktoriya Matyusha (2024)

Et si nous parlions d’une correspondance amoureuse ?

Dans ce recueil, Doan Bui dévoile la correspondance qui relie Pavlo et Viktoriya Matyusha durant de nombreux mois.

Ce couple séparé par la guerre opposant l’Ukraine et la Russie se livre à une tirade amoureuse entrecoupée de l’horreur du front. S’ils partagent quotidiennement des messages électroniques, ils ont décidé de prendre la plume pour s’envoyer des lettres plus longues, où leurs émotions peuvent davantage s’exprimer.

Ecrivain ukrainien, Pavlo s’est engagé volontairement dès le début du conflit pour défendre son pays. Il a laissé sa femme et ses quatre enfants se réfugier en France. Viktoriya, bouleversée par cette séparation, doit apprendre à s’organiser seule loin de son pays. Elle oscille entre un travail prenant, des déplacements à l’étranger, les contraintes du quotidien et l’éducation de ses enfants. L’absence de Pavlo se fait jour après jour plus insoutenable. Au-delà de son inquiétude grandissante, elle se sent abandonnée. Leur couple pourra-t-il survivre à la guerre ?

Dans cette correspondance intime, Doan Bui révèle le quotidien d’un couple séparé par un conflit insupportable. Au-delà de la force de l’amour qui les relie, j’ai aimé ce nouveau regard porté sur le quotidien insoutenable des ukrainiens. Une plongée dans l’âme ukrainienne qui nous permet de mieux appréhender leurs combats et leurs convictions.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citation :

« Je voudrais te tenir dans mes bras, te serrer, fort, je te tournerai pour pouvoir embrasser ta nuque. Je pouvais faire cela, tous les jours, plusieurs fois par jour et maintenant, je ne peux plus que l’imaginer. Mais la vie, dans notre imagination c’est toujours la vie ».

Que la prudence est une triste chose… – Stendhal (2020)

Et si nous partagions la vision du monde de Stendhal ?

A nouveau les éditions L’Orma nous proposent une nouvelle incursion dans la sphère privée de nos écrivains favoris.

Avec ce recueil, nous découvrons les correspondances de Stendhal. Les courriers adressés à sa soeur, ses amis ou son amante sont un prétexte à discourir sur sa vision du monde et de la littérature.

Dans ses lettres notamment à sa soeur, Stendhal promeut l’indépendance d’esprit. Il lui conseille de penser par elle-même et de ne pas suivre aveuglement l’opinion des autres. Puis, il se lance dans un portrait de Lord Byron. Cette description du célèbre poète anglais est particulièrement subtile. Il partage également avec ses proches son amour de l’Italie et dispense de véritables conseils pour apprécier pleinement la découverte de ce pays.

Ses mots témoignent de son enthousiasme et de sa vision si personnelle de la beauté du monde. J’ai beaucoup apprécié cette approche originale de la pensée de cet écrivain incontournable.

Plus globalement, je ne peux que vous conseiller la collection Les Plis qui offre un nouveau regard sur la sphère intime des écrivains et penseurs célèbres.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citations :

« Une passion est la longue persévérance d’un désir : ce désir est excité par l’idée du bonheur dont on jouirait si l’on possédait la chose désirée (qui est en même temps l’idée du malheur de l’état actuel où l’on n’en jouit pas), et par l’espérance d’attendre ce but ; car, comme Corneille l’a fort bien dit de l’amour :

« Si l’amour vit d’espoir, il s’éteint avec lui »

Tout ce que je vous dois – Virginia Woolf (2020)

Et si nous continuions à partager les écrits de Virginia Woolf ?

Les éditions Lorma nous proposent un recueil composé des lettres de Virginia Woolf à ses amies, ses amantes et à sa soeur.

Véritable éloge de l’amitié, ce livre décrit les relations intenses qu’elle entretenait avec ses proches. Ainsi nous découvrons les lettres adressées à Nelly Cecil, Vita Sackville-West, Ethel Smyth, Violet Dickinson ou encore à sa soeur Vanessa Bell…

Ces femmes avaient en commun l’amour de la littérature mais partageaient également des confidences ou des discussions malicieuses autour de ragots mondains. Dans ces écrits, Virginia dévoile aussi ses doutes et ses questionnements au sujet de son écriture.

L’ampleur de cette correspondance pleine d’esprit révèle une autre facette de la personnalité de Virginia Woolf. Au-delà de l’écrivaine, Virgina devient l’amie bienveillante, sensible et à l’écoute de ses proches. Ce recueil témoigne ainsi de son attachement pour ces figures féminines. Au fil des lettres, nous découvrons à quel point ces relations ont façonné sa vie et influencé sa construction personnelle et littéraire.

J’ai aimé ce doux moment dans le cercle amical et intime de Virginia Woolf.

Ma note :

Note : 3.5 sur 5.

Citation :

« La littérature est, sans l’ombre d’un doute, l’unique profession intellectuelle et humaine qui vaille. Même la peinture tend à la pesanteur, et la musique rend les gens lascifs ; tandis que plus on écrit, meilleur on devient ».

Comment ne pas éduquer les enfants – Franz Kafka (2020)

Et si vous expédiez un livre sous pli pour les fêtes de fin d’année ?

Les Editions L’orma proposent la collection « Les plis », véritable petit bijou littéraire à envoyer à vos proches sans aucune modération.

En quelques lignes, ce recueil de correspondances porte un nouveau regard sur la vie intime des écrivains et penseurs célèbres.

Tout d’abord, dans plusieurs lettres adressées à sa soeur, Franz Kafka expose des préceptes éducatifs bien surprenants. Ainsi, ces écrits s’apparentent plutôt à de véritables recommandations et commandements éducatifs s’agissant de son neveu, Félix. Sa pensée pédagogique est bien curieuse, Franz Kafka estime que les parents n’ont pas pour mission d’éduquer leurs enfants !

Puis, nous découvrons sa correspondance avec Felice Bauer, devenue sa fiancée. Franz Kafka n’a de cesse de lui dépeindre son caractère « taciturne, insociable, renfrogné, égoïste et hypocondriaque » et sa santé fragile pour la convaincre de ne pas se marier avec lui. Allant jusqu’à révéler ses pires défauts à son beau-père pour éviter toute union maritale avec Félice Bauer. Malgré son amour, Franz Kafka n’aura de cesse de fuir. Ces lettres sont à la fois terriblement drôles mais aussi portées par un style brillant.

La dernière lettre écrite en 1919 à destination de son père expose la complexité de leur relation. Avec émotion, nous accédons à l’enfance de Franz Kafka qui nous dresse une véritable analyse du rôle parental dans sa construction personnelle.

A travers les photos de famille, le regard de ses proches et ses correspondances, j’ai aperçu l’intimité et la personnalité forte de Franz Kafka. J’ai aimé ce nouveau regard porté sur cet écrivain qu’on ne présente plus.

Ma note :

Note : 4 sur 5.

Citations :

« On peut être trop jeune pour gagner sa vie, pour le mariage, pour mourir, mais, peut-on être trop jeune pour une éducation douce, sans entraves, propre à déployer en soi le meilleur ? »

« Ecrire, c’est s’ouvrir jusqu’à la démesure ; l’ouverture du coeur et le don de soi les plus extrêmes »